Skip to main content
UNICEF Canada Close

Abonnez-vous à notre infolettre

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Écoles en Tanzanie : restaurer l’éducation

Par David Morley, président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Il y a 15 ans, deux tiers seulement des enfants en Tanzanie fréquentaient l’école primaire. Cependant, en 2001, les frais de scolarité ont été supprimés et, bien sûr, le taux de fréquentation scolaire a grimpé en flèche. En 2007, il atteignait presque 100 pour cent. Puis, il s’est passé quelque chose d’étrange : année après année, de moins en moins d’enfants allaient à l’école : le taux d’inscription est aujourd’hui de 85 pour cent. Seulement la moitié des enfants du pays parviennent à se rendre en septième année.

Les problèmes du système scolaire

L’école primaire de Mshewe illustre parfaitement les problèmes que rencontre le système scolaire en Tanzanie. 

Lorsque les frais de scolarité ont été abolis et que les inscriptions ont alors nettement augmenté, il n’y avait pas assez d’argent pour construire de nouvelles salles de classe. La plupart sont donc devenues surchargées, rendant l’apprentissage plus difficile pour les enfants entassés dans des classes de plus de 50 élèves.

La bâtisse de l’école date de 60 ans et a besoin de réparations. Les latrines de l’école ne sont plus nettoyées et sont en mauvais état : des latrines non adéquates sont d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les filles abandonnent l’école. 

Le village de Mshewe est entouré de plantations de maïs et de tournesols, et les habitants doivent travailler fort sur leur petite parcelle de terre pour parvenir à joindre les deux bouts. Néanmoins, le jour de ma visite, quelque 30 ou 40 parents ne sont pas allés travailler dans leur champ, afin d’assister à une réunion scolaire spéciale organisée pour accueillir notre délégation du Canada.

Les 400 enfants portaient leur uniforme scolaire, soit une chemise blanche et un chandail rouge (oui, des chandails, même si la température atteignait 30 oC), et la réunion avait lieu dans la grande cour de l’école. 

Les clubs d’étudiants aident à sensibiliser aux programmes WASH et au VIH

Nous avons donc mené des actions sur plusieurs fronts :

  • L’UNICEF a fait bâtir une douzaine de latrines pour l’école.
  • Un club WASH (eau, assainissement et hygiène) a été créé, permettant aux étudiants d’apprendre et d’enseigner les bonnes pratiques d’hygiène.
  • Un club de sensibilisation au VIH a parlé des droits en la matière.

Alors que nous prenions place sous une toile bleue destinée à nous protéger du soleil, les étudiants sont arrivés pour danser sur une chanson qui explique ce qui se passe lorsque vous n’avez pas de bonnes pratiques d’hygiène, puis ils nous ont montré comment se laver les mains. Le VIH ne détruit plus les sociétés comme c’était le cas avant la baisse du prix des médicaments ARV, mais la maladie touche de plus en plus les jeunes femmes, qui sont victimes de violences sexuelles ou qui sont infectées par leur partenaire. Les clubs de sensibilisation au VIH parlent donc du droit d’une fille d’avoir le contrôle sur son corps et organisent des séances sur la circoncision chez les hommes, puisque cette pratique réduit aussi le risque de transmission.

Les divers clubs présents et les enfants ont magnifiquement chanté! Ils ont chanté dans une superbe et émouvante harmonie à deux parties. Puis, ils nous ont invités à danser, et bientôt tout le monde a participé : le groupe canadien, les parents, les étudiants, les professeurs et même les dignitaires locaux. Nous étions tous unis lors de cette danse sur la santé, l’hygiène et les droits des femmes!

L’importance d’avoir accès à des latrines propres pour l’éducation des filles

Des discours ont aussi été prononcés, et tandis qu’un coq a traversé la cour, nous avons été félicités de la réussite de notre formation continue auprès du corps enseignant, qui n’est pas seulement offerte aux professeurs d’ici à Mshewe, mais à plus de 2 000 membres du personnel enseignant du district de Mbeya. Un succès qui se traduit par moins d’apprentissage passif et plus de travail en petits groupes. Grâce à son initiative d’amélioration des latrines, l’UNICEF a permis aux filles de se sentir plus en sécurité et d’être scolarisées plus longtemps. Finalement, une meilleure hygiène signifie des élèves en meilleure santé.

Après les discours, nous avons parlé avec les parents de ce qui a changé depuis leur passage à cette école. Leurs réponses m’ont étonné.

Les enfants portent des chaussures, a souligné l’un des parents. « Lorsque nous allions à l’école, nos parents devaient payer des frais de scolarité. Mais depuis que l’école est gratuite, nous avons les moyens d’acheter des chaussures à nos enfants. Cela veut dire qu’ils n’ont plus de coupures aux pieds et qu’il est plus facile de marcher jusqu’à l’école ». Cela veut également dire, a ajouté le commissaire du district, qu’il n’y a plus de cas de bilharziose (qui peut provoquer de l’anémie, un retard de croissance et des capacités réduites d’apprentissage).

Un père a parlé de la technologie. « Les tableaux en classe ont des lignes pour les lettres et des carrés pour les chiffres, peints directement sur la surface. Vous avez appris au personnel enseignant à mettre des affiches éducatives sur les murs. Nous n’avions pas de tableaux autrefois et nos murs étaient nus. Les enfants semblent aimer davantage l’école. »

Rendre l’école gratuite est une première excellente initiative, mais il reste encore beaucoup de travail à faire

Beaucoup d’efforts restent encore à faire. Le commissaire du district explique : « Le gouvernement donne environ dix dollars annuellement par enfant pour couvrir les salaires et les fournitures scolaires. Tout le reste est à la charge de la communauté ». Mais ce n’est pas facile. « L’an dernier, les parents ont apporté beaucoup de maïs pour qu’il soit moulu en farine pour les repas scolaires, mais ils n’avaient pas l’argent pour les moulins. »

L’école de Mshewe illustre les problèmes que la Tanzanie doit surmonter si elle veut retrouver un taux de scolarisation de 100 pour cent. Rendre l’école gratuite est un bon point de départ. En offrant une formation au personnel enseignant, en aidant à améliorer les pratiques d’hygiène et en travaillant en collaboration avec le gouvernement local pour s’assurer que toutes les écoles reçoivent du soutien, nos collègues de l’UNICEF permettent d’avancer dans la bonne direction afin de venir en aide aux enfants en Tanzanie.

Catégories :
Mots-clés populaires :
Région géographique :