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Aller à l’école devient un cauchemar pour les enfants d’Alep

Alep, Syrie, le 13 octobre 2016 – À 8 h 30 du matin, je commençais ma journée au bureau en me connectant à mon ordinateur quand la triste nouvelle est tombée : un tir de mortier avait frappé des enfants en route vers l’école primaire Hatem Al Ta’i.

Mes collègues de l’UNICEF et moi nous sommes précipités vers l’hôpital. Une foule de gens s’y massait et les larmes coulaient sans retenue. À l’entrée, on nous a dirigés vers le bloc opératoire, où des interventions chirurgicales étaient pratiquées sur deux enfants grièvement blessés.

Ensuite, on nous a menés jusqu’à la morgue. J’y ai vu deux magnifiques petites filles, Hanadi, 9 ans, et Lamar, 11 ans, étendues là comme si elles dormaient paisiblement. Lamar tenait toujours l’emballage de la tablette de chocolat qu’elle était en train de manger sur le chemin de l’école.

En observant Hanadi, toute couverte de sang séché, j’ai remarqué ses boucles d’oreilles qui luisaient.

Je ne pouvais pas en croire mes yeux. Comment imaginer qu’à peine deux heures plus tôt, ces petites filles marchaient gaîment vers cette école récemment rouverte grâce à l’appui de l’UNICEF?

Nous savons tous qu’Alep est loin d’être sûre pour les enfants. Une question me taraudait pourtant : pourquoi les enfants continuent-ils de payer le plus lourd tribut, souvent de leur vie? Pourquoi des enfants sont-ils tués sur le chemin de l’école?

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Nous avons ensuite visité l’école touchée. Elle était pleine de journalistes qui interviewaient les témoins et se faisaient montrer les affaires d’Hanadi et de Lamar. J’ai parlé aux élèves, qui m’ont surpris en me disant qu’ils voulaient retourner à l’école dès le lendemain. Ce qui montre à quel point les enfants sont résolus. Comme leur volonté est forte et grand leur amour de la vie. Alep est connue pour sa résilience : dans cette ville, même les enfants insistent pour reprendre le cours de leur vie et triompher de la violence brutale qui les entoure.

De retour au bureau, nous nous sommes mis au travail pour aider les familles affectées et les enfants touchés. L’UNICEF a tout de suite pu fournir du matériel médical et un appui psychosocial aux élèves, aux enseignants et aux familles affectées.

En début de soirée, tandis que cette sombre journée s’achevait enfin, pensais-je, une autre mauvaise surprise nous attendait. L’hôpital m’a appelé pour me dire que deux autres enfants, Ismail, 5 ans, petit frère d’Hanadi, et Zaina, 9 ans, petite sœur de Lamar, avaient succombé à leurs blessures. Plus tard, nous apprenions qu’un autre tir de mortier avait atteint l’école, heureusement sans faire de victimes cette fois.

Au terme de cette journée, je me demandais quand cette guerre cauchemardesque allait prendre fin.

Radoslaw Rzehak est le chef du bureau local de l’UNICEF à Alep

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