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Blogue de David Morley : L’ampleur de la catastrophe

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Nous ne pouvons imaginer ce qu’ont pu être la douleur et la souffrance ici. La vie de tout le monde, d’absolument tout le monde à Port-au-Prince a été bouleversée. Sur les dix-huit ministères que compte le gouvernement, dix-sept ont été endommagés, voire détruits. De plus, la journée de travail au gouvernement se termine à 15 h, mais beaucoup des fonctionnaires durs à la tâche et engagés étaient encore à leur bureau et ont été tués lorsque le tremblement de terre s’est produit, à 16 h 52.

Abraham, notre traducteur créole-français-anglais, a vécu sous une tente pendant un mois. D’autres membres de sa famille ont craint pendant huit mois de retourner chez eux. Son oncle a été tué. « Il avait un magasin de photos, et le bâtiment s’est effondré sur lui, explique Abraham. Nous y sommes allés pour récupérer son corps, mais nous n’avons pas pu, car de trop nombreux corps y étaient écrasés et mélangés. »

Quant aux jeunes bénévoles qui s’occupent de l’espace ami des enfants où nous sommes aujourd’hui, ils vivent dans la cité composée de tentes au Club de Pétionville. Jamais vous ne pourriez deviner qu’ils sont sans foyer depuis près de deux ans, en voyant la douceur avec laquelle ils s’occupent des enfants et le sérieux avec lequel ils assument leur rôle.

A view of Petionville.
Pétionville

À l’école publique que nous avons visitée aujourd’hui, nous avons remarqué la présence d’une poule dans l’aire de jeu. Puis Meg a aperçu une dinde et a demandé pourquoi elles étaient là. S’agit-il d’un projet scolaire? « Non, a répondu le directeur de l’école, très élégamment vêtu pour nous rencontrer. J’ai perdu ma maison; je vis donc à l’école, et ces volailles m’appartiennent. »

La moitié des décombres a été dégagée. Aux personnes qui affirment que le nettoyage n’avance pas assez vite, je réponds que, sans toute la technologie et la machinerie dont disposent les pays riches, les décombres sont déblayés au même rythme que l’ont été ceux du World Trade Centre. Il y en a simplement beaucoup plus ici.

Lorsque je suis venu ici quelques semaines après le tremblement de terre, notre directeur de la sécurité a précisé que Port-au-Prince lui rappelait Bagdad, immédiatement après la chute de Saddam Hussein, la ville étant relativement calme avant que la violence ne l’engloutisse. Bien que la prison se soit effondrée et que de nombreuses personnes s’en soient échappées, nous n’avons jamais connu un tel degré de violence. Cependant, j’ai été très attristé de constater que la ville de Belair, dont l’association des parents, enseignantes et enseignants avait reconquis la communauté juste avant le séisme, semblait être redevenue une zone à risque pour les personnes étrangères.

Je peux percevoir un réel changement dans les rues. Je ne prétends pas que Port-au-Prince est aussi ordonnée et propre qu’une ville canadienne. Loin de là. Cependant, dans son chaos, sa poussière et ses rues inondées (il y a eu des pluies torrentielles l’autre nuit), elle redevient ce qu’elle était. Nous devons maintenant aider la population d’Haïti à reconstruire cette ville avec des bases plus solides.