Skip to main content
UNICEF Canada Close

Abonnez-vous à notre infolettre

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Blogue de David Morley : Une génération à l’abri du sida

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Il y a une dizaine d’années, je travaillais en Amérique centrale avec quelques-unes des jeunes filles les plus marginalisées du monde : des travailleuses du sexe vivant avec le sida. J’étais révolté. Que pouvait-on imaginer de pire qu’une adolescente qui s’expose consciemment au VIH parce qu’elle a faim et que la prostitution s’avère le seul moyen à sa portée pour gagner un peu d’argent? Pourquoi les médicaments antisida étaient-ils coûteux au point de condamner des millions de personnes à mourir? Même si les personnes au pouvoir connaissent cette réalité, me disais-je, fâché, ils restent indifférents, et laissent même mourir des enfants. Comment alerter la communauté mondiale et l’inciter à agir afin de lutter contre ce fléau?

De retour au Canada, j’ai participé à la Campagne pour l’accès aux médicaments essentiels. Après une longue lutte pour la défense des droits des personnes vivant avec le VIH, les prix des antirétroviraux – les médicaments qui freinent l’évolution du VIH vers le sida caractérisé et mortel – sont passés de 20 000 $ par personne par année à seulement une centaine de dollars. Ces médicaments étant devenus abordables, nous pouvions maintenant aider à les distribuer. Quelques années plus tard, j’ai eu la possibilité de collaborer un certain temps avec une équipe de Médecins sans frontières dans le nord de la Zambie, et j’ai constaté qu’il était possible d’acheminer ces médicaments dans les régions les plus éloignées de l’Afrique, et d’ainsi contribuer à renforcer le système de santé local afin que celui-ci puisse intervenir sans un soutien direct venant de l’extérieur.

Puis, il y a trois ou quatre ans, j’ai eu l’occasion de visiter un hôpital public au Kenya qui était doté d’un système efficace de traitement du sida et de services de consultation. J’ai interrogé les jeunes pharmaciennes et pharmaciens au sujet de l’approvisionnement en médicaments et ils m’ont répondu : « Nous en avons toujours suffisamment, ce qui fait que les personnes peuvent continuer à vivre normalement ».

Quels progrès prodigieux! Le VIH, qui était autrefois une condamnation à mort, qui détruisait des familles et menaçait de priver toute une génération de leurs parents, est devenu en quelques années un virus avec lequel il est possible de vivre normalement. La lutte n’est cependant pas terminée. Si la contamination au VIH n’est pas contrôlée, des vies continueront d’être menacées, car le traitement dure toute une vie et il faut constamment mettre au point de nouveaux médicaments en raison de la résistance accrue du virus aux médicaments existants. Le stigmate associé au sida continuera d’alimenter la réticence des personnes à subir des tests de dépistage. Bien que 370 000 enfants naissent en étant contaminés chaque année, il n’existe toujours pas de formule pédiatrique du médicament qui leur sauvera la vie.

Nous devons donc aller de l’avant, et ce qui est encourageant, c’est que nous en sommes capables : l’UNICEF est actuellement en train d’élaborer un plan visant à éliminer les infections infantiles au VIH d’ici 2015. Nous savons ce qu’il faut faire pour éliminer la transmission du VIH de la mère à l’enfant et nous devons maintenant étendre la portée de nos moyens d’action. Nous savons comment réduire les nouvelles infections chez les jeunes adultes, les adolescents et adolescentes : nous devons agir dès maintenant.

Nous sommes près d’atteindre notre objectif : une génération à l’abri du sida mènera éventuellement à un monde entier à l’abri du sida. La souffrance, les familles brisées et les vies détruites qui seront épargnées et, pour les économistes parmi nous, l’allégement du fardeau économique représentent des gains énormes. Et le coût de cet avancement sera relativement faible. En unissant leurs efforts, l’UNICEF, les ONG, les établissements d’enseignement, les chercheurs et chercheuses, les sociétés pharmaceutiques et les gouvernements peuvent faire voir le jour à cette génération. Nous pouvons changer le monde : les futures générations nous en voudraient de ne pas persévérer!

Il y a une décennie, les jeunes filles avec lesquelles je travaillais étaient condamnées à mourir. Aujourd’hui, l’émergence d’une génération à l’abri du sida est à notre portée. Saisissons cette possibilité dès maintenant!