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L’amour, le deuil, l’apprentissage : Réflexion à voix haute sur la paternité et la lecture

Pour la fête des Pères, cette année, j’aurai une pensée particulière pour mon père et pour ce qu’il m’a apporté. Chirurgien, mon père a légué un héritage professionnel inestimable, mais pour moi, ce sont nos moments d’intimité qui resteront gravés dans ma mémoire. Il m’a légué, entre autres cadeaux précieux, le goût d’apprendre et la passion de la lecture.

Il y a plusieurs années, mon père a reçu un diagnostic de maladie neurodégénérative. À mesure que son état se détériorait, il perdait le contrôle de certaines facultés. Je me souviens comme si c’était hier du jour où il a pris connaissance du résultat de ses tests et qu’il a conclu qu’il perdrait probablement l’usage de la parole avant d’être privé de sa capacité de lire. Même s’il devait faire face à cette dure réalité, il a su en voir les aspects positifs en se disant que s’il avait eu le choix, c’est ce qu’il aurait choisi, tant il aime lire.

Les souvenirs les plus touchants que je garde de lui sont nos moments de lecture. Un des seuls médecins dans sa spécialité en Ontario, il travaillait de longues heures et était fréquemment appelé pour une intervention d’urgence. Souvent, il rentrait à la maison quand je m’apprêtais à me coucher. À peine avait-il franchi le seuil de la maison qu’il montait dans ma chambre pour me faire la lecture. C’étaient des moments magiques. Sa voix me transportait dans un autre monde. Quel que fût le livre, un roman de Robert Louis Stevenson, par exemple, ou the Wind in the Willows ou Wild Animals I Have Known, nous étions envoûtés par les mots et les images.

Faire la lecture à mes fils était un moment tout aussi magique. Les heures que nous avons passées à lire ensemble lorsque nous campions occupent une place toute particulière dans mon cœur. Pas de télévision, pas de jeux vidéo ni autres pièges de la vie citadine pour nous distraire, la lampe de poche à la main, nous nous laissions emportés dans le monde de Stuart Little, de The Borrowers ou de The Hobbit.

En tant que parents, nous voulons tous protéger nos enfants contre le mal, la tristesse et la violence, tout en sachant que nous ne pouvons pas, qu’ils doivent faire leurs propres expériences, même s’ils les payent parfois chèrement. Il est difficile de lâcher prise. Mais dans ces moments-là, être présent, c’est justement ce qui importe. Lorsque mon père me lisait des histoires, lorsque je lisais des histoires à mes fils, nous nous sentions en sécurité et unis par un lien profond.

Si je devais résumer en quelques mots ce que la relation père-fils m’a apporté, je dirais que c’est la profondeur de l’amour que nous pouvons éprouver pour notre famille. Lire ensemble est une façon d’exprimer cet amour et de le garder vivant.

En cette fête des Pères, je penserai aussi à tous ces pères qui, dans d’autres pays du monde, luttent pour que leurs enfants restent en vie, qui ne désirent rien de plus que d’offrir à leurs enfants ce sentiment de sécurité que je ressentais lorsque je lisais avec mon père et avec mes fils.

Un dernier mot pour vous demander d’envisager d’aider un père, dans une autre région du monde, à partager la joie de lire avec son enfant. Vous ne le regretterez pas.