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Le quotidien au camp de réfugiés de Zaatari

Par Hala Abu Khatwa
Spécialiste des communications de l’UNICEF

Camp de Zaatari, en Jordanie, août 2012 : Umm Ghassan est âgée de 60 ans, mais les épreuves que vivent sa famille et elle-même se lisent sur son visage, et la vieillissent énormément. Lorsque je l’ai rencontrée, au camp de Zaatari, elle était assise dans sa tente et tenait dans ses bras son petit-fils âgé de deux ans. Elle attendait le retour de la mère et des frères et sœurs du petit garçon, qui étaient partis chercher de l’eau, dont la famille a besoin pour la consommation et l’hygiène.

©UNICEF/2012/Abu Khatwa

Umm Ghassan, originaire de Deraa en Syrie, prend soin de son plus jeune petit-fils pendant que la mère, les frères et les sœurs de ce dernier sont partis chercher de l’eau.

Umm Ghassan m’a surprise en me posant la question suivante : « Quand pourrons-nous retourner dans notre pays? » Puis, elle a ajouté : « Je veux retourner à Tafas. Ma vie n’a de sens que là-bas ». Cette sexagénaire a neuf fils et des dizaines de petits-enfants qui, pour la plupart, l’ont accompagnée lorsqu’elle a quitté la ville de Tafas, dans le gouvernorat de Deraa.

Les tomates, qui font la réputation des terres de Tafas, lui manquent. « Je veux manger les tomates de Tafas, les légumes de Tafas, explique Umm Ghassan. Ici, la poussière est insupportable. Nous nous lavons constamment. Nous avons de l’eau, Dieu soit loué, mais nos conditions de vie sont difficiles. La chaleur et la poussière rendent nos enfants malades. »

© UNICEF/2012/Abu Khatwa

Les fréquentes tempêtes de sable empoisonnent l’existence des Syriens et Syriennes qui vivent au camp de réfugiés de Zaatari. La chaleur et le manque d’ombre naturelle causent également des problèmes.

Les bombardements et la peur ont poussé Umm Ghassan et des milliers de familles syriennes à déserter leur foyer pour trouver refuge dans les pays voisins. Plus de 40 000 personnes syriennes déplacées ont été enregistrées rien qu’en Jordanie. De ce nombre, plus de 6 000 personnes vivent au camp de Zaatari, aménagé pour accueillir plus de 100 000 réfugiés.

L’UNICEF, en collaboration avec d’autres agences et partenaires de l’ONU, procure une aide humanitaire à ces personnes réfugiées, afin de répondre à leurs besoins de base. L’UNICEF dirige les efforts destinés à fournir de l’eau potable et à soutenir l’infrastructure d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, notamment en installant des latrines permanentes, ainsi que des endroits et des unités mobiles pour se laver et pour faire la lessive. L’UNICEF s’efforce d’assurer un approvisionnement quotidien en eau potable d’au moins 50 litres par personne.

Les conditions désertiques sont inhospitalières. Il y a parfois des bourrasques de vent chaud et poussiéreux. L’UNICEF et ses partenaires ne ménagent pas leurs efforts pour relever ces défis et tenter d’en atténuer leurs conséquences. Quatre cents ziirs (de grands récipients d’argile traditionnellement utilisés pour garder l’eau au frais) ont été distribués et d’autres devraient être livrés, et les points d’eau ont été protégés du soleil et clôturés. Comme la Jordanie fait déjà face à des pénuries d’eau, l’UNICEF et ses partenaires, de concert avec le ministère jordanien de l’Eau et de l’Irrigation, évaluent actuellement la possibilité de creuser un puits spécial pour le camp de Zaatari, afin de pourvoir aux besoins en eau potable des personnes réfugiées, qui sont de plus en plus nombreuses.
 

©UNICEF/2012/Abu Khatwa

Maha, originaire de Homs, est arrivée au camp de Zaatari avec ses parents et sa petite soeur. Ils ont marché pendant presque deux jours. Maha a reçu un masque à l’école amie des enfants du camp, afin de se protéger contre les fréquentes tempêtes de sable.

Le jour même de son arrivée au camp, la jeune fille âgée de onze ans a accompagné sa sœur âgée de trois ans à l’une des latrines mobiles installées par l’UNICEF. Après deux jours de route, et de longues heures de marche avec ses parents et ses oncles ayant quitté Homs, Maha avait l’air fatigué. Au bord des larmes, elle m’a dit : « J’ai peur de tout. J’ai peur des bombardements, j’ai peur des tireurs embusqués ».

Il y a plus d’une semaine aujourd’hui que Maha est au camp de Zaatari. Les traits de son visage sont plus détendus en dépit de l’inconfort provoqué par la poussière. Chaque jour, elle se rend aux dix tentes que l’UNICEF, en partenariat avec Save the Children International, a désignées en tant qu’espaces adaptés aux enfants où un soutien psychosocial, des activités récréatives et des services éducatifs informels sont offerts.

© UNICEF/2012/Abu Khatwa

Malek, âgé de 12 ans, originaire de Deraa, porte un masque pour se protéger des fréquentes tempêtes de sable.

Malek conduit lui aussi ses frères et sœurs aux espaces adaptés aux enfants qu’il appelle « l’école ». Les autres enfants syriens et lui-même qui vivent dans des centres pour réfugiés en Jordanie iront dans de vraies écoles à la rentrée scolaire, en septembre. Le ministère de l’Éducation les acceptera dans les écoles situées près du camp, et l’UNICEF et ses partenaires assumeront tous les frais et veilleront à ce que tous les enfants du camp de Zaatari aient accès à une éducation.

Malek admet que ses amis et ses camarades de classe de Deraa lui manqueront. Il a cependant hâte de commencer sa 6e année, et envisage l’avenir avec optimisme pour lui-même et ses neuf frères et sœurs.

Des fonds sont nécessaires d’urgence pour répondre aux besoins des réfugiés syriens qui ont fui la crise. Vous pouvez aider.