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Typhon Hagupit : les familles à Tacloban l’ont échappé belle

Par Andy Brown, le spécialiste des communications régionales de l’UNICEF pour l’Asie de l’Est et le Pacifique

Je suis arrivé hier à Manille, aux Philippines, un jour ou deux avant l’arrivée du typhon Hagupit (connu localement sous le nom de Ruby). Au large, il n’y avait encore aucun signe du typhon. Une étroite bande ensoleillée brillait même à l’horizon. Malgré cela, tout le monde savait que la tempête approchait.

Carmela, âgée de 8 ans, tient dans ses bras son frère Joshua alors qu’ils attendent le passage du typhon Hagupit. © UNICEF/UNI175840/Samson

Je suis arrivé hier à Manille, aux Philippines, un jour ou deux avant l’arrivée du typhon Hagupit (connu localement sous le nom de Ruby). Au large, il n’y avait encore aucun signe du typhon. Une étroite bande ensoleillée brillait même à l’horizon. Malgré cela, tout le monde savait que la tempête approchait.

Le typhon a touché terre la nuit dernière à Dolores, au Samar oriental, du côté est des Philippines. Bien qu’il ait perdu en force et soit passé d’un typhon de catégorie cinq à un typhon de catégorie trois, il pourrait encore causer des dommages importants, en particulier en frappant des régions qui se relèvent encore du passage d’Haiyan l’an dernier, ou encore s’il déferle sur Manille, la capitale densément peuplée (ce qui paraît maintenant peu probable).

La tempête se déplace actuellement très lentement, à seulement quinze kilomètres par heure, mais la vélocité du vent dans la spirale du typhon est beaucoup plus intense et atteint près de 205 kilomètres par heure. Ce n’est pas une bonne nouvelle; plus la tempête se déplace lentement, plus elle a le temps de détruire des bâtiments et d’inonder les rues. Il y a également un risque d’onde de tempête tandis que le typhon rend la mer plus houleuse, avec des vagues pouvant s’élever jusqu’à quatre mètres. Près de 40 millions de personnes se trouvent toujours dans la trajectoire de la tempête.

Notre plus grande inquiétude à l’UNICEF était que le typhon Hagupit passe sur Tacloban, la ville la plus durement touchée par Haiyan l’année dernière. Ses habitantes et habitants s’emploient encore à rebâtir leur vie et à reconstruire les maisons; certains d’entre eux vivent toujours dans des tentes et des baraquements fragiles. Fort heureusement pour les résidentes et les résidents de Tacloban, l’œil de la tempête est passé au nord, mais la ville a tout de même été secouée par les vents violents et la pluie, qui ont causé une panne de courant, mais aucune blessure n’a été signalée.

Le dimanche matin, des hommes récupèrent des tôles tombées afin d’entreprendre la reconstruction des maisons. © UNICEF Philippines/2014/MWarfa

J’ai parlé au téléphone avec Marianna Zaichykova, la spécialiste des communications en situation d’urgence de l’UNICEF à Tacloban : « Il pleut abondamment depuis la nuit dernière et il y a des vents violents. Impossible d’aller où que ce soit. Nous n’avons pas d’électricité, et tous les magasins sont fermés. Dans toute la ville, un seul hôtel a de l’électricité; tous les organismes travaillent donc à partir de cet endroit », m’a-t-elle dit.

Ce matin, Marianna s’est aventurée à sortir pour visiter deux centres établis à proximité pour les personnes évacuées. « Les gens commencent à aller et venir avec beaucoup de précautions, mais la pluie et le vent font toujours rage. Dans les centres que nous avons visités, la plupart des hommes étaient sortis pour chercher de quoi manger ou pour protéger leur maison contre le pillage, mais les femmes et les enfants étaient toujours là. »

« Les bébés se sont rapidement endormis, mais les enfants âgés de trois à six ans avaient du mal à dormir et à rester calmes en raison du traumatisme qu’ils ont subi l’an dernier lors du passage d’Haiyan. Leurs parents les réconfortaient. Les enfants plus grands, âgés d’une dizaine d’années, souriaient et couraient un peu partout. “ La pluie s’est arrêtée, nous voulons rentrer à la maison”, disaient-ils, alors que les mères étaient plus prudentes. “ Nous ne retournerons à la maison que lorsque nous verrons le soleil”, m’a déclaré l’une d’elles », a poursuivi Marianna.

 

Près de 1 000 personnes se sont réfugiées dans l’école primaire Kapangian, à Tacloban.
© UNICEF/UNI175845/Bacareza

Marianna m’a expliqué que la situation était nettement meilleure que l’an dernier. « Des leçons ont sans aucun doute été tirées du passage d’Haiyan. Trois jours avant l’arrivée du typhon, les gens dans les régions côtières se dirigeaient déjà vers les centres d’évacuation et faisaient des réserves de nourriture. Le gouvernement local a fait fermer toutes les entreprises et a interdit le stationnement dans le centre-ville, et ce, parce que la tempête a soulevé et fait s’envoler des voitures l’an dernier, causant ainsi des dommages. »

Il y a eu quelques dégâts, ce qui était inévitable. « Certains bâtiments qui avaient survécu à Haiyan ont été très endommagés cette fois. Je crois que c’est à cause de la direction différente du vent. Jusqu’à présent, aucune blessure n’a toutefois été signalée à Tacloban; nous avons donc eu beaucoup de chance. »

L’UNICEF compte maintenant concentrer ses efforts sur les villes de Dolores et d’Oras, au nord de Tacloban. « Nous déchargeons nos fournitures de secours pour que le gouvernement puisse les acheminer à Dolores. Nous ne savons pas encore quelle est la situation, là-bas. La liaison par téléphone mobile est rompue, et nous ne parvenons pas à joindre qui que ce soit. Une seule route de 170 kilomètres de long avec plusieurs ponts mène jusque là. Si un pont est détruit, nous risquons de ne pas y arriver », m’a expliqué Marianna.

Il est clair, au moins, que la population de Tacloban a évité le pire. Dans quelques jours, toutes et tous pourront rentrer chez eux et reprendre leur travail interrompu visant à reconstruire ce qui a été détruit par le typhon Haiyan. Dans la majeure partie des Philippines, toutefois, la population continue de se préparer à faire face à la tempête qui se déplace lentement, mais inexorablement, vers l’ouest.

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