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Blogue de David : Le peuple haïtien aux commandes

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

L’entrepôt est immense, ou du moins il paraît très grand à mes yeux. Il est composé de quinze énormes tentes entourées d’un mur et de quelques petits bâtiments préfabriqués qui servent de centre administratif : c’est notre centre des opérations logistiques en Haïti. 


Stephan, notre spécialiste en logistique, connaît bien son domaine. Il a travaillé dans le monde entier au sein des mêmes organisations que moi, soit Médecins sans frontières, Save the Children et beaucoup d’autres. 

Immédiatement après le tremblement de terre, la situation ici était vraiment difficile. Le port était plein : 89 conteneurs venaient d’arriver, mais on ne savait pas ce qu’ils transportaient. Le séisme avait de plus détruit tous nos dossiers. Nous avions mis au point un système de contrôle ainsi que des moyens pour entreposer le matériel, le trier, composer des trousses scolaires et les distribuer. Nous avons fourni plus de la moitié du matériel dans le cadre de notre campagne Aller à l’école, soit suffisamment de fournitures pour 750 000 élèves partout au pays.


Irene, Meg et Stephan.

Trois panneaux solaires étaient posés par terre près d’une des tentes. Stephan était enthousiaste. « Nous effectuons un essai. Nous utilisons ces panneaux pour faire fonctionner une unité froide afin de préserver la chaîne du froid et éviter que les vaccins soient exposés à la chaleur et perdent leur efficacité. Si cela fonctionne, cette unité froide constituera une amélioration importante pour la santé des enfants. » Une belle perspective d’avenir pour un pays comme Haïti : l’énergie solaire au service de la santé des enfants.

Base logistique

Pas très loin de l’entrepôt, même si cela semble prendre une éternité pour s’y rendre par les rues engorgées de Port-au-Prince, se trouve la base logistique. Il s’agit des installations des Nations unies qui abritent nos bureaux. Ce sont tous de nouveaux bâtiments temporaires, car les anciennes installations des Nations Unies ont été détruites par le tremblement de terre. On dirait un terrain rempli de minuscules écoles mobiles. À l’heure des réunions d’information, nous nous rendons sous une tente pour prendre connaissance des nouvelles concernant la sécurité, les programmes et les différents groupes sectoriels).

Les groupes sectoriels fournissent aux organismes internationaux un cadre qui permet de coordonner leurs activités lors d’une situation d’urgence. L’UNICEF est à la tête de trois groupes sectoriels : celui de la nutrition, de la protection de l’enfant et celui de l’eau, l’assainissement et l’hygiène, qui est aussi connu sous le nom de WASH. L’organisme partage la coordination du groupe Éducation avec Save the Children.

« Au cours de la dernière année, un million de personnes ont quitté les camps pour retourner chez elles, mais 550 000 autres vivent encore sous une tente et nous manquons de place dans la ville », explique Herbert, le coordonnateur du groupe sectoriel WASH. « Il reste encore une centaine de camps et les personnes qui y sont hébergées sont les plus vulnérables, les plus démunies, celles pour lesquelles trouver un nouvel endroit pour vivre s’avère plus difficile, car elles n’ont pas d’argent pour se construire une nouvelle maison et ne peuvent pas non plus se permettre de louer un logement. Elles sont donc obligées de rester dans les camps. On pourrait croire que la vie, ici, commence à reprendre son cours normal, mais tel n’est pas le cas. Nous faisons face à une situation d’urgence prolongée et chronique; nous ne pouvons pas continuer à mener seuls nos opérations de secours. Nous devons nous assurer que les Haïtiens et les Haïtiennes sont aux commandes

Cette semaine, le président a enfin réussi à former un gouvernement, ce qui peut contribuer à améliorer la situation. Lorsque le tremblement de terre a frappé Haïti, le pays n’a cependant pas seulement perdu une grande partie de son capital humain, il a aussi perdu l’équivalent du produit intérieur brut d’une année entière. « En cinq cents ans, aucun pays au monde n’a subi une perte aussi importante », s’exclame Jorge, le coordonnateur du groupe sectoriel Éducation. 

Déjà avant le tremblement de terre, Haïti faisait face à une situation d’urgence chronique. C’était le pays le plus pauvre du continent américain et c’est comme si le tremblement de terre avait révélé au monde entier à quoi ressemblait une société dans laquelle la moitié des enfants ne sont jamais allés à l’école, où un demi-million d’enfants sont contraints de travailler pour survivre, où la couverture médicale est minimale et où les services gouvernementaux essentiels ne fonctionnent tout simplement pas.  

 Je pense que les difficultés vont persister pendant encore deux ans, déclare Herbert. Les ONG réduisent leurs opérations de secours d’urgence et maintenant que le pays s’est doté d’un gouvernement, nous pouvons travailler avec ses représentants et représentantes afin qu’ils prennent davantage de responsabilités.

Les défis sont énormes. Il faut maintenant transformer cette catastrophe en possibilités de développement, réfléchir à la façon dont nous pouvons réduire nos interventions et passer le relais au peuple haïtien, tout ça, alors qu’un demi-million de personnes vivent encore dans des villages de tentes. L’UNICEF peut toutefois jouer un rôle particulier, affirme Herbert. En raison de notre portée, nous pouvons assurer la coordination avec le gouvernement et nos partenaires de la société civile. Nous pouvons aider les Haïtiens et les Haïtiennes à rebâtir sur de nouvelles bases.