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Blogue de David Morley : École Mtopepo

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

le 13 mars, 2012 - Tanzania

L'économie du pays est en pleine expansion, avec une prévision de croissance de 6,5 % cette année. Les investissements étrangers affluent, notamment du Canada, de la Chine et des États-Unis. La population délaisse les zones rurales pour migrer dans les zones urbaines. Dar Es Salaam est d’ailleurs l'une des dix zones urbaines dont la population croît le plus rapidement. La population de la ville de Stonetown, à Zanzibar, bien que plus petite, croît elle aussi à un rythme non négligeable. Il y a une vingtaine d'années, l'école primaire Mtopepo avait été créée pour pouvoir accueillir 600 étudiants. Cependant, comme de plus en plus de personnes quittent la campagne pour la ville, dans l’espoir de gagner un peu d’argent, le nombre d'élèves a sensiblement augmenté. Dix ans auparavant, lorsque la Tanzanie a aboli les droits de scolarité à l'école primaire, elle a également ajouté une deuxième classe à l’école. Il y a trois ans, une école secondaire a vu le jour et aujourd'hui, plus de 7 000 jeunes fréquentent l'école. 

Mteopopo School in Tanzania

L'éducation est très valorisée ici. Ce n'est pas comme dans d'autres endroits où j'ai travaillé; dans certaines régions, nos intervenants et intervenantes communautaires devaient convaincre les parents des élèves, qui étaient les premiers de leur famille à aller à l’école, que de savoir lire et compter sont des compétences utiles. Il est toutefois difficile d'imaginer comment les élèves de cette école réussissent à apprendre. Le nombre moyen d’élèves par classe est de 80. L'école primaire ne possède aucun pupitre et, de toute façon, il serait bien difficile de trouver la place pour les installer. Les enfants s'assoient sur des nattes, et il n'y a pratiquement aucun espace pour bouger. Tous les bureaux sont réservés aux étudiants et aux étudiantes du secondaire.  Le personnel enseignant fait de son mieux; l'administration est bien assurée et il existe une association des parents et des enseignants active, ainsi que des clubs sur l'environnement et le VIH. De plus, tout comme on trouve chez nous des dépanneurs et des magasins de bonbons près des écoles, à l'extérieur des grilles de la cour d’école se trouvent des vendeurs ambulants de gomme à mâcher Chiclets et de fruit frais. Ils se rassemblent à 13 h au moment du roulement de classe.

Nous voulons aider cette école, mais des écoles comme celle-ci, il en existe partout au pays. La manière d'intervenir doit respecter l’équilibre auquel nous sommes tenus. Nous pourrions axer toutes nos ressources sur cette école en particulier, pour la reconstruire et la rendre aussi belle que lorsqu'elle a ouvert ses portes en 1991. Mais alors, qu'en est-il des autres quartiers de Stonetown, de Dar, et des autres régions du pays où le besoin est tout aussi criant? C'est pourquoi nous œuvrons à l'échelle nationale, en amont, au niveau des instituts de formation des maîtres, par des cours de formation pédagogique des enseignants et enseignantes, et dans les conseils d'école, afin d'aider à améliorer la gestion de ces établissements.  

Ici, la croissance économique se poursuivra. Cette croissance n'entraînera toutefois pas un développement social. Nous devons donc exploiter cette croissance pour aider à assurer des services sociaux locaux. Bien gérée, cette économie en forte progression entraînera plus de recettes fiscales, permettant ainsi au gouvernement de subventionner le système scolaire et les soins de santé, ce qui, en retour, rendra l'économie locale encore plus forte.

Voilà sur quoi portent tous nos efforts : créer une spirale vertueuse de développement social durable qui profitera à tous et toutes. C'est pourquoi nous devons axer nos initiatives dans les domaines de la santé et de l'éducation, mettre en œuvre des campagnes de vaccination, effectuer l'enregistrement des naissances et concrétiser la protection de l'enfant, et ce, tant au niveau communautaire que national. Nous devons également soutenir les efforts du gouvernement pour renforcer ces actions.

En Tanzanie, un dirigeant local m'a dit ce matin : « Ce qui est bien avec l'UNICEF, c'est que vous travaillez dans les plus petites communautés et que vous vous assurez que les services offerts par les infirmières, les infirmiers, les médecins et la police s'améliorent, eux aussi ». À l'école Mtopepo, c’est exactement ce que nous ferons. Nous disposons de certains fonds pour la remise en état individuelle d'une école, et nous travaillerons en collaboration avec l'administration pour améliorer ce bâtiment scolaire. Nous ne pouvons tout simplement pas passer du temps ici auprès de ce personnel enseignant dévoué et de ces élèves enthousiastes, et faire autrement.