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Blogue de David Morley : Futbol Para La Vida (Soccer pour la vie)

Ils étaient seize amis, des adolescents et adolescentes qui vivaient dans un bidonville en bordure de Tegucigalpa, la capitale du Honduras. La vie y était difficile; le pays ne s’était pas complètement remis de la destruction engendrée par l’ouragan Mitch, le taux de chômage était élevé, et la situation s’est aggravée en raison de la venue de bandes et des trafiquants de drogue. Les adolescents se sont peu à peu joints à une bande et, dix ans plus tard, quatorze d’entre eux avaient perdu la vie, victimes de la violence qui sévissait dans cette ville. L’un des deux survivants est en prison. Cet après-midi, j’ai rencontré l’autre qui a survécu, le seul du groupe encore en vie et libre, un jeune homme prénommé Alan.

David Morley, le président et chef de la direction d’UNICEF Canada, et Meg French, la directrice des programmes internationaux à UNICEF Canada, prennent la pose en compagnie d’enfants, au Honduras.

Alan a terminé ses études universitaires et il a un emploi. Je lui ai demandé comment il a réussi à survivre et sortir vivant de son passé violent. Il m’a donné deux raisons : « Ma famille. J’avais mes deux parents, qui se sont assurés que j’étudiais. L’autre raison, c’est un programme. J’adorais jouer au soccer, et les règles étaient simples : si je n’allais pas à l’école, il m’était interdit d’y jouer » a-t-il ajouté en indiquant de la main le terrain de soccer poussiéreux et rocailleux où jouaient des enfants, à côté de nous.

Des enfants inscrits au programme Futbol para la vida (Soccer pour la vie), au Honduras.

Il s’agit du programme Soccer for life (Soccer pour la vie). Il a été mis sur pied il y a plus d’une décennie par Hector Zelaya, l’un des meilleurs joueurs de soccer du pays, célèbre pour avoir été le premier Hondurien à marquer un but dans l’histoire de la Coupe du monde. Hector est un homme à la voix douce, souriant et heureux de jouer avec les enfants, bien que sept opérations au genou aient écourté sa carrière professionnelle. Consterné par le degré de violence à Tegucigalpa et dans les environs (où le nombre d’adolescents assassinés équivaut à tuer chaque année trois jeunes dans chaque école secondaire de Toronto), Hector a créé le programme Soccer for life.

Grâce à l’aide du gouvernement local et de l’UNICEF, le programme a été élargi à toute la ville, et les centaines de bénévoles communautaires sont à l’origine de son succès. Ils arbitrent les parties, organisent les entraînements et invitent d’autres bénévoles ainsi que des organisateurs et organisatrices communautaires à parler aux enfants et aux jeunes inscrits au programme de sujets variés comme le VIH et du sida et les droits de l’enfant. Aller à l’école constitue l’unique critère pour être admissible à ce programme.

Un enfant inscrit au programme fait un tir de pénalité devant une foule de spectateurs.

Correa, un autre ancien joueur de soccer, donne un coup de sifflet et garde les enfants actifs. « Un ballon de soccer est le miel qui attire les enfants, explique-t-il. Nous leur inculquons ensuite des compétences fondamentales qu’ils continueront d’utiliser longtemps après avoir cessé de jouer au soccer. » Une mère entourée de trois jeunes enfants tient des propos encore plus directs : « J’aime ce programme. Mes enfants viennent ici, parce que je ne veux pas qu’ils se fassent tuer dans la rue. »

Lors d’un déjeuner rencontre avec des représentants et des représentantes de l’ACDI, nous avons discuté des problèmes auxquels fait face le Honduras. Le pays souffre encore des séquelles de l’ouragan Mitch, lequel remonte à plus de dix ans, et de sanctions économiques de 2009. Ici, le gouffre budgétaire est énorme; plus de la moitié des fonctionnaires n’ont pas été payés depuis le mois de novembre. Le système de l’éducation est si désorganisé qu’au cours des dix dernières années l’équivalent de trois ans d’enseignement a été perdu en raison de grèves. Le pays se trouve sur la route du trafic de drogue entre l’Amérique du Sud et les États-Unis. Trois enfants sur dix souffrent de retard de croissance, sans doute parce qu’un enfant sur quatre vit avec moins de 1,25 $ par jour. Discuter de ces problèmes est bouleversant; par où commencer pour tenter d’améliorer les choses?

Je suppose qu’un ballon de soccer, un terrain rocailleux et poussiéreux, un joueur vedette de soccer déterminé, et un groupe de jeunes constituent un point de départ aussi valable qu’un autre, et il semble bien porter ses fruits.