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Blogue de David Morley: Le prix Golden Poo

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

le 15 mars, 2012 - Tanzanie

Bien que la Tanzanie ait augmenté le nombre d'élèves inscrits à l'école primaire, des problèmes existent encore au niveau des écoles secondaires. À l'école Mtopepo, par exemple, le nombre de filles au primaire excède légèrement celui des garçons, mais au secondaire, on trouve deux fois plus de garçons que de filles. Or, les filles qui terminent leur secondaire sont dix fois moins susceptibles de devenir des mères adolescentes. Nous devons porter attention à chaque obstacle qui les empêche d'achever leurs études.

L'un de ces obstacles est l'assainissement. Il n'existe pas suffisamment de latrines dans les écoles, et celles qui existent sont souvent dans de très mauvaises conditions : aucune intimité, les portes ne ferment souvent pas, car elles sont sorties de leurs charnières, sans oublier que lorsque les latrines sont bâties en paille, elles tombent en ruine. Les fosses des latrines sont souvent dans de terribles conditions d'hygiène, ou débordent, carrément. Les jeunes filles disent que ce manque d'intimité et d'hygiène est la principale raison de leur abandon de l'école lorsqu'elles sont plus âgées. Le problème d'infrastructure sanitaire ne se limite pas aux écoles : dans l'ensemble du pays, une personne seulement sur dix dispose d'installations sanitaires adéquates.

J'ai pris connaissance de ces statistiques, et même plus, au bureau de l'UNICEF de Dar Es Salaam, lorsque Omar El Hattab, notre chef de l'assainissement, et Rebecca Budimu, une spécialiste dans ce domaine, m'ont expliqué la situation. « C'est fou, m'a informé Omar. Soixante-dix pour cent du budget de la santé est utilisé pour le traitement des maladies d'origine hydrique et celles liées au manque d'hygiène, comme la diarrhée. De bonnes latrines et un lavage des mains adéquat feraient donc, ici, une énorme différence. »

Les statistiques sur les installations sanitaires dans les écoles révèlent des conditions déplorables. Dans les écoles du pays, 50 enfants en moyenne utilisent la même latrine. La moitié des latrines des filles n'ont pas de porte, et dix pour cent seulement des écoles possèdent des lavabos (c'est le cas de Mtopepo), mais presque aucune école ne dispose de savon (pas même Mtopepo).

« C'est un double problème, a poursuivi Omar. Naturellement, bien des écoles veulent d'abord que l'argent aille au salaire du personnel enseignant et à l'achat de livres avant les installations sanitaires. Personne n'endossait la responsabilité des mauvaises conditions d’assainissement, ce qui n'a fait que les empirer. Toutefois, maintenant que le ministère de l'Éducation a annoncé qu'il s'engagerait à régler le problème, nous travaillons en collaboration avec lui afin d’établir un calendrier des travaux de construction d’installations sanitaires adéquates dans les écoles, partout au pays. »

Nous avons également plaidé la cause auprès du ministère de la Santé, qui a décidé de faire de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène sa seconde priorité dans le cadre de ses plans de développement, juste après la santé de la mère et du nouveau-né.

Nous avons également plaidé la cause auprès du ministère de la Santé, qui a décidé de faire de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène sa seconde priorité dans le cadre de ses plans de développement, juste après la santé de la mère et du nouveau-né.

Aider les personnes à changer leurs habitudes est aussi important. La plupart des foyers disposent de savon, mais les familles l'utilisent pour la lessive, et non pour se laver les mains. Rebecca et notre équipe ont élaboré un programme de formation comprenant la sensibilisation de la communauté et l'éducation à de bonnes pratiques d'hygiène, qui s'étendra aux écoles, avec la participation des travailleurs et travailleuses bénévoles de la santé communautaire. Des marionnettes et des jeux seront utilisés et la Journée mondiale du lavage des mains donnera lieu à des festivals et des parades axés sur cette bonne pratique d’hygiène. Le sujet est sérieux, mais il est présenté sous une forme amusante. « Notre cible, ce sont les enfants, car dans dix ans ce seront eux, les chefs de famille », m'a-t-elle expliqué.

« Et devine quoi!, a ajouté Omar. Rebecca s'est mérité le prix Golden Poo pour son travail. »

Le prix Golden Poo for Hygiene and Sanitation est un prix mondial en reconnaissance d'une contribution exceptionnelle à l'amélioration de l'hygiène et des pratiques sanitaires. Rebecca a reçu ce prix en 2009 pour avoir créé du matériel de formation destiné à sensibiliser les communautés à cet aspect et à renforcer leurs capacités en la matière.

« Ne le dis pas, ce prix me gêne », a avoué Rebecca. Je pensais que c'était à cause du nom Golden Poo, mais visiblement là n'était pas le problème pour une personne qui avait fait de l'hygiène le travail de toute sa vie.

« Je suis gênée parce que nous n'avons obtenu d’assez bons résultats. Vous voyez ces statistiques qu'Omar vous a mentionnées? Elles sont épouvantables. Nous devons faire davantage pour nous assurer que chaque enfant puisse bénéficier de meilleures installations sanitaires, car elles sauvent des vies. Nous devons continuer de travailler pour y arriver. »

Rebecca et Omar poursuivront donc leurs efforts pour sensibiliser les gens à l'importance des latrines et du lavage des mains et, en travaillant pour y arriver, ils transformeront la vie des enfants en Tanzanie.