Skip to main content
UNICEF Canada Close

Abonnez-vous à notre infolettre

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Blogue de David Morley: Le temps est venu de changer les choses

Les orages, qui ont transformé de nombreuses rues de la ville en véritables lagunes, conjugués aux manifestations des policiers, ont rendu inaccessibles les endroits que nous avions prévu de visiter. J’espérais pouvoir aller à Bel Air, un quartier difficile situé près du centre-ville, où j’avais rencontré, avant le tremblement de terre, un groupe responsable de l’éducation, mais ce n’était plus possible. Mariana a donc appelé plusieurs collègues et partenaires locaux pour voir s’il existait un espace adapté aux enfants où nous pourrions nous rendre à partir de là où nous nous trouvions. Finalement, après un trajet en voiture mouvementé dans un labyrinthe de petites routes de gravier inondées et parsemées de nids-de-poule, à ma grande surprise et à mon grand plaisir, j’ai pu revoir Gilet Maxcene. 

Gilet et ses amis représentent le type de jeunes leaders ayant grandi en Haïti, et surtout, le genre de leader dont le pays a besoin. Le groupe local a été formé par environ une vingtaine de jeunes qui gèrent maintenant trois espaces adaptés aux enfants, soit un programme d’activités parascolaires et un club pour filles et garçons, dans lesquels, sous une tente de l’UNICEF installée sur un terrain vague, les enfants peuvent jouer, apprendre et, en dépit de la dure réalité de leur vie, être tout simplement des enfants. L’équipe de Gilet a rassemblé un groupe de bénévoles du quartier pour les aider. Ils ont réuni des adolescents et adolescentes ayant du temps de libre et les ont formés à gérer diverses activités. Par exemple, l’un des responsables de camps, situé dans un village de tentes situé à proximité, fait de la musique avec les enfants, et quelques parents vendent de l’artisanat (à des étrangers comme nous, dans la mesure du possible) afin de recueillir des fonds pour acheter des fournitures.

J’ai rencontré Gilet pour la première fois l’automne dernier dans un des centres animés par le groupe : le travail bénévole qu’il y accomplissait avec ses amis m’a rempli d’espoir pour l’avenir d’Haïti. « Organiser ces activités au sein de la communauté, m’a-t-il déclaré, est un devoir envers notre pays. »

Haïti regorge de jeunes leaders communautaires comme Gilet. Cela signifie que, pour nous, des personnes venant de l’extérieur du pays, le moment est venu de cesser d’être la pierre angulaire du changement. Notre rôle est désormais de soutenir les efforts déployés par la population d’Haïti pour transformer eux-mêmes leur pays. Notre soutien ne doit cependant pas seulement se limiter à l’échelle communautaire. Nous devons aussi apporter notre aide au gouvernement et renforcer les services publics sociaux. Le président a l’objectif ambitieux de scolariser chaque enfant en Haïti, le ministère de la Santé veut assurer une couverture vaccinale complète, la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement a, pour la première fois, doté Port-au-Prince, cette ville de 3 millions d’habitants, d’une station de traitement des eaux d’égout. Nous soutenons le travail du gouvernement dans chacun de ces domaines en procurant des fournitures, une assistance technique et en dispensant une formation qui permettra aux à la population d’Haïti de mener à bien ces projets une fois que la communauté internationale aura quitté le pays.

Les personnes venant de l’extérieur du pays ne peuvent pas rester sans rien faire et se plaindre du gouvernement, c’est la solution facile. Nous devons réfléchir à la façon dont nous pouvons contribuer à améliorer les choses. C’est quelque chose que l’UNICEF peut faire, et ici, en Haïti, nous le faisons bien. Ce n’est pas parfait et c’est une approche beaucoup plus difficile que l’opération humanitaire massive qui a sauvé des vies et soulagé la souffrance de plus d’un million de personnes au cours des deux dernières années, après le tremblement de terre. L’étape suivante est plus ardue, elle ne sera pas aussi médiatisée et sera parsemée de faux départs et d’impasses, mais si nous n’essayons pas, si nous n’aidons pas la population d’Haïti qui veut reconstruire son pays sur de nouvelles bases, des ministères aux groupes communautaires comme celui de Gilet et de ses amis, nous n’aurons pas mené notre travail à terme. Haïti approche d’un point crucial de son histoire. Un avenir prometteur est possible. Les choses commencent à revenir à la normale : le gros du travail s’amorce. Nous ne devons pas nous arrêter.