Skip to main content
UNICEF Canada Close

Abonnez-vous à notre infolettre

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Blogue de David Morley : les camps de réfugiés de Dadaab

Par David Morley
président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Dadaab, qui constitue le plus vaste camp de réfugiés du monde, comprend en fait cinq camps. Quelque 450 000 personnes, presque toutes venues de la Somalie, se sont réfugiées dans les environs de Dadaab, ville carrefour du Kenya. Les femmes et les enfants forment près de 80 pour cent de cette population, car beaucoup d’hommes se trouvent toujours en Somalie afin de s’occuper du peu de bétail qui reste, ou sont prisonniers des combats.

UNICEF is helping Narifa and her baby, Hawa, in the Dadaab refugee camp.
 

Il y a plusieurs personnes comme Narifa dans le camp. Sa fille Hawa et elle-même ont été admises hier dans un centre d’alimentation situé à Hagabera. Elles ont fui la Somalie à pied, ont été pillées par des bandits et sont retournées chez elles pour prendre un peu plus de provisions. À leur deuxième tentative, elles ont enfin trouvé refuge, ici, au Kenya. Il leur aura fallu marcher deux semaines pour y arriver : le bébé de Narifa était extrêmement faible et minuscule à leur arrivée. Je me suis alors rendu compte qu’elle n’était plus un bébé, mais plutôt une jeune enfant. Cette petite fille fatiguée, au corps émacié, était âgée de deux ans. Elle pesait six livres à sa naissance, mais, aujourd’hui, elle en pèse à peine treize. Quelles sont les possibilités de survie de cette petite?

Dans l’immédiat, elle a fort heureusement de très bonnes possibilités. Ce centre, dirigé par le Comité international de secours, dispose de perfusions de sérum physiologique, d’antibiotiques, et d’aliments thérapeutiques, tous fournis par l’UNICEF. Nous l’avons bien équipé, tout comme l’hôpital de Médecins Sans Frontières ( MSF) qui est situé à proximité de la frontière. Le personnel kenyan qualifié sait exactement ce qu’il faut faire pour remettre sur pied un enfant dénutri, comme Hawa.

Mais qu’arrivera-t-il, ensuite? Une fois remise, elle aura sans doute la possibilité d’aller dans un espace ami des enfants, comme celui que j’ai visité, qui est soutenu par l’UNICEF et dirigé par notre partenaire, Aide à l’enfance. Ici, les enfants fréquentent une école préscolaire, acquièrent quelques connaissances de base, et peuvent simplement être des enfants. Notre conseillère aide les enfants au moyen de la thérapie par le jeu. Plusieurs de ces tout-petits ont vu leurs parents se faire tuer et un grand nombre disent avoir été attaqués par des serpents la nuit, lorsqu’ils dormaient dans la brousse. Tous et toutes ont une histoire déchirante.


L’UNICEF procure une alimentation thérapeutique à ce centre de Dadaab.

Au centre de réception du camp IFO 2, les nouveaux arrivants et arrivantes apprennent les rudiments de la nutrition et reçoivent des bons alimentaires en quantité suffisante pour un mois. La tête couverte d’étoffe aux couleurs vives, les mères attendent tranquillement en ligne, puis quittent avec leurs bons.

Comme dans toute communauté de cette taille, le commerce est en plein essor; le centre du camp IFO comporte un magasin de matelas, un supermarché (du moins, selon ce qui est écrit sur le panneau), ainsi que l’hôtel et la boucherie Mwingi Serena, en plus de nombreux petits kiosques où les gens se servent de leur téléphone cellulaire pour accéder à leur compte bancaire et obtenir de l’argent.

Commerce in the Dadaab refugee camps. Human ingenuity, hope and entrepreneurship can be found everywhere.
L’ingéniosité humaine, l’espoir et l’esprit d’entreprise sont présents partout.

Pourtant, 20 ans après le début de la crise en Somalie, nous sommes toujours en mode secours d’urgence. Nous avons bien sûr intensifié nos activités en raison de la famine et, grâce à nos interventions accrues et au travail de nos partenaires en Somalie, le nombre d’enfants dénutris est en baisse. Cet effort humanitaire doit toutefois passer à l’étape suivante.

Comment? Nous avons besoin de fonds afin que les agences d’aide humanitaire aient plus de ressources maintenant – nous sauvons tous des vies –, mais il s’agit là d’une proposition dispendieuse. Pendant combien de temps la communauté internationale continuera-t-elle de verser des fonds?

Une personne qui naît dans l’un des camps de réfugiés de Dadaab, ou en sol kényan n’est pas citoyenne du Kenya, et je ne crois pas non plus qu’elle soit Somalienne; elle est apatride. Le gouvernement du Kenya a déjà suffisamment à faire, alors, comment pourrait-il, en plus, assumer la responsabilité d’un autre demi-million de personnes? Les soins de santé ne sont pas ceux du gouvernement kényan, car la protection de l’enfant est prise en charge par des organisations non gouvernementales (ONG) et seulement le quart des enfants sont scolarisés dans le cadre de programmes d’ONG. Lors d’une situation d’urgence, l’éducation ne constitue pas une priorité absolue, mais, après 20 ans, comment peut-on encore parler de situation d’urgence?

Nous devons réfléchir à de nouvelles façons de travailler ici, à créer de nouveaux programmes visant à renforcer et stimuler l’économie locale, et à mettre en place des services sociaux qui ne dépendront pas de l’aide étrangère. Il faut renforcer les efforts de développement communautaire pour que la population puisse prendre sa vie en main. Cependant, le gouvernement kényan se montre méfiant, car de meilleurs services attireront encore plus de réfugiés, et il y a plus que suffisamment de travail à faire pour faire face à la sécheresse.

J’allais voir sur place tout le travail qu’il restait encore à faire quand j’ai quitté les camps pour me rendre au village kényan de Labisigale.