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Blogue de David Morley : Retourner en Haïti

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Le 21 octobre 2011 – Pendant le vol vers Haïti

Pour la cinquième fois en deux ans, je me rends en Haïti. Quel sera, cette fois, l’état de la situation?

Lors de ma première visite, avant le tremblement de terre, j’avais été surpris par la légère bouffée d’optimisme et d’espoir qui flottait dans l'air. En dépit des dommages de plus d’un milliard de dollars qu’avait causés l’ouragan en 2008, on sentait que les choses s’amélioraient. Les moments que j’ai alors passés auprès de nos partenaires des milieux communautaires dans les quartiers de la Cité Soleil et de Bel Air, m’ont donné l’impression que peut-être, juste peut-être, le pays le plus démuni de notre moitié du monde commençait à s’engager sur la bonne voie. À peine un an auparavant, certains endroits étaient dominés par des gangs; j’ai participé à une réunion d’enseignants, d’enseignantes et de parents dans une salle aux murs criblés de trous de balle. Comme vous pouvez vous l’imaginer, il restait encore beaucoup à faire : seulement la moitié des enfants allaient à l’école jusqu’en sixième année et le pays présentait les pires statistiques du continent en matière de santé. Malgré cela, on pouvait sentir qu’il était possible d’améliorer la situation.

Puis, le tremblement de terre a frappé le pays; je ne peux toujours pas m’imaginer ce que cela a dû être. Plus de 200 000 personnes ont perdu la vie en 45 secondes! Une ville de la taille de Toronto secouée jusque dans ses fondations, tous ses bâtiments endommagés ou détruits. Des amis, des voisins, des collègues de travail ont été tués en un instant; le ministère de l’Éducation et la Cour suprême ont été détruits, l’École Nationale des Infirmières aussi et presque toutes les étudiantes ont été tuées. Un quartier après un autre, réduit à l’état de décombres. Impossible pour moi d’imaginer le traumatisme que cela a engendré. De nombreux collègues d’ici, qui avaient perdu des membres de leur famille proche et vivaient eux-mêmes dans des tentes, ont alors poursuivi les opérations de secours. Leur courage a été héroïque.

Était-ce suffisant? Malgré toute la bonne volonté et le soutien de la communauté internationale, la reconstruction a été d’une lenteur frustrante. Les problèmes à résoudre demeurent immenses. Encore présents, les décombres suffiraient à remplir plus de 15 fois le stade McMahon à Calgary ou le B.C. Place à Vancouver. Les villages de tentes abritent plus d’un million de personnes. En Haïti, quatre personnes sur cinq doivent vivre avec un revenu de moins de deux dollars par jour. 

Le budget alloué aux secours d’urgence et à la reconstruction est égal à un tiers du budget de fonctionnement annuel de Toronto, alors qu’il s’agit de reconstruire une ville aussi grande que Toronto. Les défis sont immenses. Sont-ils trop grands pour les surmonter?

L’année écoulée n’a donné lieu qu’à bien peu de bonnes nouvelles en provenance d’Haïti, et c’est pourquoi je me demande quelle situation je vais y découvrir.