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Blogue de terrain de David Morley : le camp de Mentao

Des liens de camaraderie se tissent pendant notre voyage. Nous nous levons à 5 heures – « Bonjour, vous avez bien dormi? » – et prenons un petit déjeuner rapide composé de café, de bananes et de pain baguette (autant que je sache, le pain français est un aliment de base dans toute l’Afrique francophone, même dans les villes de province comme Ouahigouya). Les passagers sont répartis entre les voitures. « Monsieur le Ministre là, son Excellence l’Ambassadeur ici, Vision Mondiale ici, l’UNICEF là » et, sous une pluie battante, nous nous précipitons vers les banquettes qui nous ont été attribuées.

Le convoi se faufile sur un chemin de terre sinueux, évitant les pans de route emportés par la pluie et les nids-de-poule. Nous parcourons ainsi 100 km. Ici et là, nous traversons des villages. Les toits en flèche des mosquées et les dômes d’églises se profilent au-dessus des arbres, et des bovins décharnés paissent en bordure de la route. L’année dernière, les carcasses de bêtes squelettiques jonchaient le sol dans la Corne de l’Afrique; cette année, les bêtes n’ont que la peau et les os, mais elles sont vivantes. Des enfants nous saluent lorsque nous passons. Ils profitent de la pluie pour jouer dans des lagons couverts de magnifiques nénuphars blancs.

Trois heures plus tard, nous apercevons enfin le camp de réfugiés de Mentao entre les arbres. Le camp est étendu, mais les tentes et les abris au toit conique faits de chaume et de feuilles de plastique sont disséminés sur la plaine couvrant le nord du Burkina Faso. Des chèvres broutent. « Ces chèvres sont-elles du Mali ou du Burkina Faso? », ai-je demandé à Fatou. « Je ne sais pas, a-t-elle répondu en souriant. La frontière est très proche, c’est difficile à dire. Ce sont probablement des cousines. »

Cette année, un quart de millions de personnes ont fui les combats au Mali et 100 000 se sont réfugiés au Burkina Faso. Le gouvernement burkinabé fait de son mieux pour les accueillir. Je me demande cependant si nous, au Canada, serions capables d’accueillir 100 000 étrangers destitués (même s’ils étaient presque des cousins) ou disposés à le faire. La générosité du peuple burkinabé est d’autant plus admirable qu’il est visible que ces personnes réfugiées sont, en général, en meilleure santé que la collectivité d’accueil. Je me rappelle ce qu’Abou a dit à son retour à Ouaga : de nombreux réfugiés maliens partagent leurs rations alimentaires avec les villageois burkinabés.

Un grand nombre d’organismes sont à l’œuvre ici. PLAN, le Programme alimentaire mondial, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, OXFAM, Terre des Hommes – les logotypes abondent – et la plupart bénéficient de notre appui. Nous soutenons des écoles dirigées par PLAN et collaborons avec le ministère de l’Éducation burkinabé pour y attirer des enseignants qualifiés. Nous offrons des services de protection aux enfants devenus orphelins et à ceux non accompagnés. Nous distribuons des vaccins pour les programmes de vaccination de MSF et des fournitures pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition. Des campagnes de sensibilisation à l’hygiène et au choléra sont menées par OXFAM. Le proverbe africain bien connu « Il faut tout un village pour élever un enfant » est visible sur la multitude de visages et de logotypes.

L’arrivée du ministre Fantino et d’une délégation canadienne ainsi que la présence du gouverneur local représentent pour le comité de gestion du camp une occasion d’exprimer ses doléances. Nous assistons à trois exposés – présentés par des hommes, des femmes et des enfants – dont les messages sont semblables. « Grâce à l’aide des nombreux partenaires, nous recevons des vivres, mais en quantité insuffisante. Et nous n’avons pas l’habitude de vivre dans des abris, nous n’avons aucune intimité. L’école maternelle et l’école primaire ont ouvert leurs portes hier, car les vacances sont finies, mais il n’y a pas d’école secondaire. Nos enfants ont perdu leur dernière année scolaire parce que nous avons dû fuir et ils ne pourront peut-être pas aller à l’école cette année. Deux ans, c’est long pour un Touareg dont l’espérance de vie n’est que de 40 ans. »

Un garçon du camp de Mentao récite un poème sur la paix.

Animés et enthousiastes, les enfants étaient ravis de présenter leurs exposés. Ils ont chanté, ont joué des jeux et l’un d’eux a récité un poème de sa composition sur la paix : « Nous voulons avant tout la paix dans notre pays afin de pouvoir y retourner. » Assis à mes côtés, arborant dignement et fièrement une tunique et un turban colorés, l’aîné du village a dit d’une voix à peine audible : « Oui. Ça, c’est la vérité ».
 

Il y a un problème. Il n’y a pas de solutions humanitaires aux problèmes comme celui-ci. Nous pouvons et devons aider ces sans-abri par tous les moyens possibles, mais ils veulent retourner dans leur pays. Pour que leur retour puisse avoir lieu, il faut trouver une solution politique au Mali afin de mettre fin à la violence. D’ici là, d’ici à ce que nous sachions quelle sera la situation dans six mois, nous devons persévérer. Parce que les enfants continuent de grandir et qu’ils ne peuvent attendre que les chefs d’État nationaux et internationaux règlent la situation. Ces jeunes Maliens ont besoin d’aide immédiatement. Un an, c’est très long dans la vie d’un enfant. Les espaces et les écoles amis des enfants offrent aux jeunes des lieux où ils peuvent grandir en toute sécurité. Comme c’est souvent le cas lorsque je me retrouve dans un endroit comme celui-ci, je me sens privilégié de travailler auprès d’un organisme qui transforme le monde. Il est de mon devoir, à mon retour au Canada, d’éveiller les Canadiens et Canadiennes à l’urgence d’agir et à la grande importance que représente leur aide pour ces enfants parmi tant d’autres dont la vie a été bouleversée par la guerre.

Jusqu’au 30 septembre, le gouvernement du Canada versera l’équivalent de tous les dons offerts par les Canadiennes et les Canadiens en faveur de la crise alimentaire au Sahel. Faites un don aujourd’hui et doublez la portée de votre contribution.

Pour en savoir plus sur la crise humanitaire au Sahel et passer le mot pour les enfants.

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