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Blogue sur le terrain : Les enfants au Niger menacés par l’aggravation de la crise alimentaire

MARADI, Niger, le 11 avril 2012 – En franchissant la porte des soins intensifs, je suis assailli par une surcharge sensorielle : des pleurs d’enfants qui semblent venir de toutes les directions; le bourdonnement du personnel médical qui s’affaire, dans un coin, à insérer une sonde d’alimentation, et dans l’autre, à faire passer un test pour diagnostiquer le paludisme; sans oublier l’écrasante chaleur de 40 degrés Celsius à laquelle il est impossible d’échapper.

L’endroit que je vous décris est le Centre de réhabilitation nutritionnelle intensive (CRNI), situé dans le village de Madarounfa, dans le sud-est du Niger, un hôpital où sont traités des enfants âgés de moins de cinq ans souffrant de malnutrition sévère aiguë et présentant une condition médicale complexe.

Je suis déjà venu ici, mais je ne sais pas pourquoi, on dirait que l’endroit a été transformé. Hormis la structure même du bâtiment et les visages familiers des médecins et du personnel infirmier, c’est un endroit entièrement différent, presque impossible à reconnaître.

En regardant plus attentivement, je comprends ce qui a changé. Lorsque je suis venu, il y a trois mois, six enfants seulement recevaient un traitement pour traiter leur malnutrition sévère aiguë. Aujourd’hui, vingt-huit lits sont occupés.

Le CRNI est un microcosme de la crise qui sévit et s’aggrave dans la région du Sahel, en Afrique, où, en raison de la sécheresse, de mauvaises récoltes et de l’augmentation du prix des aliments, près d’un million d’enfants risquent de mourir de malnutrition.

J’ai rencontré Aboubakar Oumar, âgé de 13 mois, qui est traité pour malnutrition sévère aiguë, diarrhée et lésions buccales. Lorsqu’il a été admis au centre médical le mois dernier, Aboubakar ne pesait que 5,3 kg. Depuis, grâce à un traitement à base de lait thérapeutique fourni par l’UNICEF, il a pris 0,5 kg.

« Aboubakar est malade parce que nous n’avons pas assez de nourriture au village. J’ai dû payer 1 000 francs pour l’amener du Nigeria jusqu’ici en moto », explique sa mère. Aboubakar est le plus jeune de ses quatre enfants, dont deux sont décédés.

Selon les spécialistes des Nations Unies, des périodes successives de sécheresse en 2005, 2010 et cette année, conjuguées à l’insécurité croissante qui prévaut dans la région, ont fait basculer la vie des familles. Quelque 15 millions de personnes sont directement touchées par la crise.

Au Niger, plus de cinq millions de personnes font face à des pénuries alimentaires, soit près de 35 pour cent de la population totale du pays. L’UNICEF et ses partenaires estiment que, cette année, près de 394 000 enfants au Niger auront besoin d’être traités contre la malnutrition sévère aiguë.

L’UNICEF prend des mesures pour renforcer la capacité des centres d’alimentation thérapeutique afin de traiter les cas de malnutrition sévère aiguë.

Le montant de l’appel consolidé lancé par les acteurs de l’aide humanitaire pour répondre aux besoins engendrés par la crise alimentaire au Niger s’élève à 229 millions de dollars US. Afin d’écarter la menace qui pèse sur la vie d’un si grand nombre d’enfants, l’UNICEF et ses partenaires demandent à la communauté internationale de mobiliser tous les moyens nécessaires.

Il n’est pas trop tard, mais nous devons agir dès maintenant.