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Le Blogue de David : le Soudan du Sud, Jour 3

La ville de Bor donne davantage espoir que celle de Malakal. Située à environ 130 kilomètres au nord de Juba, elle compte maintenant quelque 40 000 habitants et habitantes revenus chez eux, ainsi que 4 000 personnes sous la protection de l’ONU, qui bénéficient d’un bon système de drainage.

Tout cela reste, bien sûr, relatif. Autrefois, la population était d’environ 200 000 habitants. Après l’éruption de violence qui est survenue en décembre dernier, la ville était aussi déserte que Malakal l’est aujourd’hui. Le marché local a été incendié, les maisons ont été pillées, et les patients qui ont été incapables de fuir l’hôpital ont été tués dans leur lit.  

Notre bureau a lui aussi été pillé et Jacob, le spécialiste des communications pour le développement, qui a grandi à Bor, se tenait devant le bâtiment en ruine et, le visage angoissé, m’a désigné l’endroit où se trouvait auparavant son bureau. Pour fuir, les habitants ont traversé le Nil afin d’atteindre le village de Minkeman, et même aller plus loin encore, jusqu’en Ouganda ou au Kenya. 

« Les affrontements nous ont ramenés des décennies en arrière, mais nous essayons de faire en sorte que les choses retournent à la normale. Chaque jour, environ 500 personnes reviennent à Bor. L’hôpital est ouvert et nous l’approvisionnons suffisamment pour que les médecins de Médecins Sans Frontières puissent y faire leur travail. Quatre écoles ont également rouvert leurs portes et nous avons assez de matériel pour en ouvrir dix de plus. Ce n’est toutefois pas aussi calme qu’on pourrait le croire. Si quelqu’un d’une tribu adverse apparaissait ici, ce serait de nouveau l’enfer et la violence », raconte Tom White, qui coordonne nos secours d’urgence. J’étais d’ailleurs heureux de revoir Tom; notre première rencontre remontait à 13 ou 14 ans, à la fin de la guerre en Sierra Leone, alors que nous travaillions tous les deux pour Médecins Sans Frontières.

Les élèves ont quand même recommencé à aller à l’école. Grace est une adolescente qui fréquente l’école Bor A. Lorsque les affrontements ont commencé, elle a fui avec sa mère, d’abord dans la campagne, puis vers des îles situées au milieu du Nil, avant de traverser le fleuve pour atteindre Minkeman. Autrefois un petit village, Minkeman est devenu une ville de plus de 100 00 personnes réfugiées en provenance de Bor, qui ont été forcées de fuir quand la violence a éclaté.

La grand-mère de Grace se souvient bien de la dernière fois où elle a dû fuir en Ouganda. Dès que la situation a commencé à s’améliorer à Bor, elle est revenue chez elle et lorsque les écoles ont rouvert leurs portes, Grace a retraversé le fleuve pour venir vivre avec elle et terminer sa huitième année.

« Je voulais vraiment aller à l’école. Je ne mange pas toujours assez, mais je peux étudier. Je veux devenir enseignante, parce que les conditions de vie sont meilleures quand vous avez une éducation. Trop de pères disent à leurs filles qu’il vaut mieux qu’elles se marient plutôt que d’aller à l’école. Moi je ne crois pas cela. Je pense que l’éducation apporte la paix, et c’est ce que je veux faire. »

Le faible niveau d’éducation ici n’a en effet pas permis d’apporter la paix, et cela est particulièrement évident à Bor. Même si la ville commence à revivre, 4 000 personnes réfugiées vivent encore dans la base de l’ONU, à la périphérie de la ville. Une base entourée de barbelés d’où personne ne sort, non pas parce que les gens sont prisonniers, mais parce que quitter l’enceinte, c’est courir le risque de se faire tuer.

Ce camp offre de bien meilleures conditions que celui de Malakal. Nous avons été accueillis par le chant des enfants, puis avons effectué une visite en compagnie du comité organisateur de la communauté. Nos équipes ont construit un nouveau système de traitement de l’eau, un espace adapté aux enfants, un système de drainage et une école. Nous avons discuté tout au long de la visite. Un Sud-soudanais vêtu d’une tunique jaune nous a interpellés : « Bienvenue, je m’appelle William et je suis un citoyen canadien. »

Je lui ai répondu que moi aussi et nous avons commencé à discuter. Il était arrivé au Canada comme réfugié pendant la guerre contre le Soudan pour l’indépendance. Il est le père de quatre filles adultes, et sa femme détient un diplôme en administration publique. « Nous avons vécu à Toronto et à Windsor avant d’aller à Edmonton, où j’ai travaillé dans un bureau de Remax. » Évoquer un bureau d’agence immobilière en Alberta alors que nous nous trouvions au milieu d’un camp entouré de barbelés et gardé par des Casques bleus de l’ONU avait quelque chose d’irréel. Puis, du même souffle, William a pointé la main en direction d’une des tours de guet. « C’est par là qu’il y a quelques mois à peine un groupe venu de Bor s’est introduit ici en coupant des barbelés et a tué presque cinquante personnes avant d’être arrêté ». Cette histoire, elle, n’était pas irréelle. Il s’agit d’une vraie histoire racontant la tragédie qui se déroule au Soudan du Sud.

Après les affrontements ayant mené à l’indépendance, il y a seulement trois ans, la plus jeune nation du monde a de nouveau sombré dans la guerre. Dans la brousse, au nord de Bor, les forces gouvernementales et celles de l’opposition se déplacent sans personne pour les surveiller. À Bor, malgré tous les obstacles, l’UNICEF poursuit ses efforts pour tenter de panser ces blessures et fait tout son possible pour assurer la survie des enfants. Je me sens privilégié d’être ici avec eux.

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