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Le nouveau coût de l’enfance

Par Lisa Wolff

La directrice de la défense des droits et éducation à UNICEF Canada.

La situation d’urgence déclenchée par la crise financière a fait en sorte que certains pays mettent de côté leurs objectifs de développement à long terme et, du même coup, les perspectives d’avenir de leurs enfants. Trente millions d’enfants vivent déjà dans la pauvreté dans les nations riches. On parle ici des pays les plus riches du monde où 15 pour cent des 200 millions d’enfants vivaient en dessous du seuil de la pauvreté avant la crise financière. De nombreux autres sont maintenant menacés et risquent d’être négligés dans le cadre du processus de restructuration des systèmes économiques et financiers.

Les plans de sauvetage de la Grèce, la dette de l’Espagne et la crise de la zone euro signifient bien peu pour un enfant âgé de dix ans, mais la réduction des dépenses publiques et les mesures d’austérité engendrent de réelles difficultés chez les enfants et les familles qui vivent dans la pauvreté. Ce n’est certes pas la même chose qu’être pauvre en Afrique, mais aucun enfant ne mérite de vivre dans un logement insalubre, d’être privé de repas nourrissants et d’être en situation d’échec à l’école en raison de circonstances sur lesquelles il n’a aucun contrôle. Dans les pays les plus riches, cette situation est évitable; elle est donc inacceptable.

Il est difficile de dire à quel point la crise financière actuelle est profonde, combien de temps elle durera et si nous pourrons léguer à la prochaine génération une économie plus saine. Ce qui est très clair cependant, c’est que les enfants qui vivent dans la pauvreté auront vraisemblablement, dans les années à venir, à faire face à des problèmes de santé et à des difficultés d’emploi, et qu’ils grandiront dans des conditions peu propices à leur bon développement.

Le Bilan Innocenti 10 de l’UNICEF intitulé Mesurer la pauvreté des enfants, compare les niveaux de pauvreté des enfants dans les pays riches et leurs performances nationales à cet égard. Cette comparaison internationale démontre que la pauvreté des enfants dans nos pays est évitable, mais qu’elle dépend des politiques des gouvernements et que certains de ces pays font plus que d’autres pour protéger leurs citoyens et citoyennes les plus vulnérables.

Prenons l’exemple du Canada, de l’Allemagne et du Danemark. Ces trois pays affichent un développement économique et un revenu par habitant similaires. Toutefois, le taux de pauvreté des enfants danois s’élève seulement à sept pour cent, c’est-à-dire la moitié de celui du Canada, qui s’établit à 14 pour cent. En Allemagne, ce taux s’élève à neuf pour cent. Le Canada se classe au 24e rang sur les 35 pays riches étudiés.

Ces données de 2009 sont les données comparatives les plus récentes. Elles reflètent les résultats des décisions des gouvernements successifs au cours des années qui ont précédé la crise. Au vu de l’augmentation des taux de pauvreté des enfants dans les pays riches, les trois dernières années de difficultés économiques ne présagent rien de bon pour le présent ou le futur proche.

Parallèlement, nous assistons à d’importantes compressions de dépenses sociales dans l’ensemble de l’Union européenne. Au Canada, les gouvernements provinciaux, territoriaux et fédéral n’ont pas pris les mêmes mesures de réduction des prestations pour les enfants ni des services à l’enfance que celles mises en œuvre dans certaines nations riches, mais la plupart d’entre elles dépensaient déjà davantage à cet égard que le Canada. Aucun gouvernement canadien, à quelque niveau que ce soit, n’a adopté de façon explicite le principe de la protection des enfants lors des dernières compressions budgétaires. Il est évident que le taux de pauvreté des enfants d’un pays dépend de l’importance de son investissement dans la protection de ses enfants. Le Canada, l’un des pays les plus riches parmi les plus riches, qui a surmonté la crise financière mieux que la plupart des autres nations riches, a les moyens de revoir ses priorités afin de préserver et même d’améliorer ses investissements en faveur du bien-être des enfants.

Les nations du monde industrialisé doivent orienter leurs politiques de telle sorte qu’elles fassent des enfants une priorité et contribuent à protéger l’avenir à long terme de leurs enfants et de l’ensemble de la société. Pour ce faire, elles doivent accorder beaucoup plus d’importance à la collecte et à l’utilisation des données sur la pauvreté et le bien-être des enfants, adopter le principe « les enfants d’abord » en matière d’allocation des ressources et définir des objectifs visant à améliorer le bien-être des enfants.

Si les politiciens, les responsables de l’élaboration des politiques ainsi que les électrices et électeurs accordaient de façon plus explicite la priorité aux enfants, il serait beaucoup plus difficile de défendre des politiques à court terme au détriment de ceux et de celles qui n’ont pas leur mot à dire sur leur avenir.

Compte tenu de l’ampleur de la crise financière, il s’avère urgent de prendre des mesures pour éviter que les économies ne sombrent dans la dépression. Toutefois, l’UNICEF pense que cela ne doit pas se faire au détriment des enfants et compromettre leurs perspectives d’avenir. Les gouvernements doivent évaluer l’incidence, sur les enfants et les familles avec enfants, de chacune des mesures qu’ils envisagent de mettre en œuvre.

Pendant des générations, les pays riches ont assumé honorablement leurs responsabilités à l’égard de leurs citoyens et leurs citoyennes les plus vulnérables. Aujourd’hui, nous devons relever un nouveau défi!

L’article de Lisa Wolff s’appuie sur une lettre d’opinion de Gordon Alexander publiée dans le Huffington Post.