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Liberté et protection en ligne : le dilemme fondamental

par Marvin Bernstein, conseiller principal de la promotion et de la défense des droits d’UNICEF Canada

Comment les pays luttent-ils contre les différentes formes d’exploitation sexuelle des enfants en ligne, comme la violation de la vie privée et l’intimidation, et ce, tout en permettant aux jeunes de bénéficier des avantages sociaux et éducatifs qu’offre la navigation en ligne? Et, en sachant que la majeure partie de leurs activités en ligne échappe au contrôle des parents? C’est un défi pour les parents, les fournisseurs de service, les professionnels et professionnelles, les décideurs et les chefs d’entreprises de non seulement combler le fossé générationnel, mais aussi le fossé numérique, afin que les mesures mises en œuvre maintiennent l’équilibre entre ces réalités et soient efficaces.

Pour naviguer dans l’environnement en ligne, un nombre croissant de jeunes choisissent le téléphone intelligent, qui leur offre une plus grande liberté et échappe encore davantage au contrôle parental. Les prédateurs profitent du développement croissant de la téléphonie mobile à large bande et d’autres technologies pour entrer en contact avec des enfants vulnérables, et ainsi produire et diffuser des images de violence mettant en scène des enfants. On estime à 16 700 le nombre de sites Web dans le monde affichant des images de violence infligée aux enfants. Les images de ce type se comptent quant à elles par millions, et mettent en scène des dizaines de milliers d’enfants de plus en plus jeunes; un sur quatre pouvant être âgé de moins de dix ans. Ces nouvelles technologies offrent une nouvelle porte d’entrée aux prédateurs dans les pays à faible et moyen revenu, où Internet représente encore une nouveauté et se développe si rapidement qu’il est difficile pour les législateurs, l’industrie, les parents et les écoles de suivre l’utilisation que les jeunes en font, et encore plus difficile de les protéger contre les risques qu’ils courent. Au Brésil, par exemple, le nombre d’enfants âgés de plus de dix ans qui se sont connectés à Internet a augmenté de 75 pour cent en trois ans, portant ainsi le nombre d’utilisateurs et d’utilisatrices à 56 millions. En Afrique subsaharienne, le taux d’utilisation, même s’il n’est encore que de 11 pour cent, a connu une croissance exponentielle, notamment à cause du développement des cafés Internet et de la téléphonie mobile.

Pour la plupart des enfants, l’intimidation est devenue le problème le plus courant auquel ils doivent faire face sur Internet. Comme la plupart des formes de violence en ligne, l’intimidation est perpétrée par des personnes que les enfants connaissent déjà; ses conséquences sont dévastatrices. Dans la mesure où ce phénomène chevauche le monde en ligne et celui hors ligne des enfants, les adultes peuvent franchir le fossé numérique qui les sépare des enfants et leur venir en aide dans leur vie quotidienne, au sein de leur foyer, de leur école et de leur communauté.

Selon un nouveau document de recherche de l’UNICEF intitulé Child Safety online: Global challenges and strategies (en anglais seulement - La sécurité des enfants en ligne : les stratégies et les enjeux mondiaux), l’environnement en ligne a accru l’ampleur et la portée des risques et de la violence. La plupart des enfants ne subissent pas de préjudice en ligne, mais certains comportements présentent davantage de dangers que d’autres. Ce nouveau rapport du Centre de recherche Innocenti de l’UNICEF examine l’ampleur des risques, la façon dont les enfants utilisent Internet et comment les protéger.

Du Canada au Cameroun, quelles sont les solutions les plus prometteuses?

La première mesure consiste à informer les jeunes afin qu’ils puissent prendre des décisions responsables. La plupart des risques que courent les enfants ou des cas de violence en ligne ne sont pas signalés aux adultes. Lorsqu’ils rencontrent des problèmes, les jeunes ont davantage tendance à se tourner vers leurs pairs, en particulier lorsque prévenir les adultes signifie risquer de limiter leur liberté d’action en ligne.

La deuxième mesure, visant à mettre fin à l’impunité des agresseurs, requiert une coordination internationale en matière de législation et d’application de la loi qui reste encore à mettre en place dans la plupart des pays. « Du point de vue de l’application de la loi, il est essentiel que les gouvernements harmonisent les lois », explique monsieur Peter Davies, le directeur de police adjoint et directeur général du Child Exploitation and Online Protection Centre (CEOP) du Royaume-Uni, un organisme partenaire de recherche de l’UNICEF.

« Toute enquête importante relative à Internet est susceptible de s’étendre au-delà des frontières nationales et, trop souvent, les autorités responsables de l’application de la loi, soucieuses de mettre un terme aux préjudices causés par Internet, voient leurs efforts réduits à néant parce que la loi qui s’applique dans un pays ne s’applique pas nécessairement dans un autre. » Parmi les 196 pays examinés, 45 seulement sont dotés de lois qui permettent de lutter contre les infractions liées à la pornographie juvénile. Chef de file mondial en la matière, le Canada s’est doté d’une législation protectrice et fait partie d’équipes internationales, comme Virtual Global Taskforce. Cependant, tous les décideurs doivent s’assurer que les lois visant à protéger les enfants n’ont pas l’effet contraire sur

certains d’entre eux; pour le savoir, il faut notamment effectuer des études d’impact sur les enfants. Ainsi, certaines lois permettent de porter des accusations pour diffusion de pornographie juvénile contre des jeunes qui transmettent des images d’autres jeunes à caractère sexuel, aussi appelés sextos, ce qui risque de mener à l’application de mesures disproportionnées pour des actes généralement commis par manque d’information et en ignorant les conséquences qui peuvent en découler. 

La troisième mesure consiste à renforcer la mise en œuvre de pratiques responsables au sein du secteur privé; l’industrie peut prendre un certain nombre de mesures à cet égard. Les fournisseurs de services et de contenu Internet peuvent notamment éliminer l’accès à des images de violence mettant en scène des enfants et à d’autres contenus préjudiciables en adoptant des mécanismes de filtrage et de blocage, comme Cleanfeed au Canada. Ils peuvent créer davantage d’espaces adaptés aux enfants en ligne qui sont dotés de meilleurs outils de gestion de la vie privée et qui donnent accès à des lignes directes permettant de signaler des cas de violence et de bénéficier de soutien.

La quatrième mesure visant à offrir un environnement plus sécuritaire consiste à offrir un soutien aux enfants victimes de préjudice, une tâche qui s’avère difficile lorsque la plupart des cas de violence, en ligne et hors ligne, ne sont pas signalés. Les programmes mis en œuvre doivent mettre l’accent sur le fait que la vie en ligne et la vie réelle se rejoignent souvent, et à étendre les services à tous les enfants qui en ont besoin.

Peut-être ne pourra-t-on jamais éliminer tous les dangers qui menacent les enfants en ligne, mais il est essentiel, et possible, de faire plus et mieux afin de permettre les progrès en la matière, notamment en consultant les jeunes. Des mesures efficaces doivent tenir compte des risques encourus et des multiples façons dont les jeunes vivent l’intégration du monde en ligne à celui hors ligne. Nous devons consulter les jeunes!

Pour obtenir de plus amples renseignements sur les sources d’aide et les suggestions de mesures à prendre, visitez le www.unicef.ca/securiteenligne.