Skip to main content
UNICEF Canada Close

Aidez-nous à sauver des vies en vous inscrivant

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Pour mettre fin à la cyberintimidation, la prévention est privilégiée aux sanctions plus sévères.

Nous pouvons observer un nombre grandissant de tragédies liées à la cyberintimidation, comme le décès dramatique récent de Rehtaeh Parsons en Nouvelle-Écosse, et celui d’Amanda Todd en Colombie-Britannique.

Il est naturel de chercher une solution efficace à cent pour cent pour mettre un terme à la victimisation engendrée par la cyberintimidation et à la perte de précieuses vies. Actuellement, le gouvernement fédéral examine la possibilité de combler cette lacune juridique en imposant des sanctions plus sévères aux auteurs de cyberintimidation.

Mais qui sont les cyberintimidateurs?

Tout jeune qui lance une remarque diffamatoire ou publie une photo embarrassante? Dans le cas d’Amanda Todd et de Rehtaeh Parsons, il semblerait que des douzaines de jeunes aient participé à leur impitoyable harcèlement. Est-il souhaitable d’avoir recours aux tribunaux et à la prison pour punir tous ces jeunes?

Quelles sont les lacunes juridiques?

Contrairement à ce que plusieurs personnes croient, le Canada possède une justice pénale et un droit civil très adéquat en matière de cyberintimidation, y compris des lois contre la pornographie juvénile, l’exploitation sexuelle des enfants, le harcèlement criminel, les menaces et l’intimidation. Des recours civils existent également dans les cas de diffamation, d’atteinte à la vie privée et d’infliction intentionnelle de souffrances psychologiques. Malheureusement, ces lois ne sont pas toujours appliquées. 

En septembre dernier, la Cour suprême du Canada, reconnaissant les vulnérabilités et les droits qui sont particuliers aux enfants, a déclaré que les enfants et les jeunes vivant de la cyberintimidation pouvaient désormais s’adresser aux tribunaux de façon anonyme.

Il faut toutefois plus que des lois pour sauver la vie de jeunes gens.

Dans une récente étude sur la cyberintimidation, le Sénat a consulté des douzaines de jeunes Canadiennes et Canadiens de tous les âges, sans arriver à la conclusion que des sanctions plus sévères mettraient un terme à la cyberintimidation ou la préviendraient.

Étant donné que la plupart des intimidateurs et des intimidés sont des enfants et des jeunes, nous les sanctionnerions sans avoir l’assurance de dissuader d’autres jeunes d’adopter un comportement similaire.

Les jeunes sont plus impulsifs en raison de leur niveau développemental, et parce qu’ils pensent moins à l’avenir. À l’adolescence, les intérêts à court terme et la satisfaction de braver les interdits l’emporteront vraisemblablement sur les conséquences juridiques, perçues par la plupart des jeunes comme de vagues éventualités.

Comme le Canada peut compter sur suffisamment de lois criminelles et de recours civils pour s’attaquer à la cyberintimidation, nous devons maintenant mettre l’accent sur leur application et plus important encore, sur la prévention, afin de contrer la cyberintimidation avant qu’elle ne se produise. Pour ce faire, il faut améliorer l’éducation et la coordination avec des ressources pertinentes.

Alors, quelles solutions, après essais et erreurs, se sont révélées efficaces pour prévenir la cyberintimidation?

La sensibilisation est cruciale.

Les enfants et les jeunes possèdent la capacité et la résilience de se protéger eux-mêmes et de protéger les autres, et également de modifier leur propre comportement une fois qu’ils sont vraiment informés des risques.

Pour ce faire, il faut apprendre aux jeunes à un âge précoce à devenir de bons cybercitoyens et à faire des choix éclairés et responsables lorsqu’ils utilisent les médias sociaux.

Le Senate committee on cyber-bullying (Comité sénatorial sur la cyberintimidation) a demandé au gouvernement fédéral de coordonner l’adoption d’une stratégie nationale contre la cyberintimidation avec ses homologues dans les provinces et territoires, afin de promouvoir des programmes de justice réparatrice (incluant la médiation entre la victime et l’intimidateur) et de collaborer avec l’industrie pour rendre Internet plus sécuritaire pour les enfants.

Selon un récent Bilan Innocenti portant sur le bien-être des enfants de l’UNICEF, les enfants canadiens se classent 21e sur 29 nations en ce a trait au taux d’intimidation. Le Canada se doit d’examiner les mesures prises par les autres pays dont les taux relatifs à la cyberintimidation sont inférieurs, comme l’Italie, la Suède et l’Espagne, afin de prévenir d’autres souffrances et d’autres pertes, ainsi que des décès insensés.

Il n’existe pas de solution miracle à la cyberintimidation et aux traumatismes qu’elle inflige aux jeunes. Les parents, le personnel enseignant, les travailleurs sociaux, les professionnels et professionnelles de la santé, la police, les responsables des politiques et le secteur privé ont toutefois tous un rôle à jouer dans la mise en œuvre d’une stratégie de prévention efficace.

Si nous assumions tous une plus grande responsabilité collective pour contrer la cyberintimidation, de telles tragédies cesseraient de perturber la vie de nombreuses jeunes victimes innocentes.

Région géographique :