Skip to main content
UNICEF Canada Close

Aidez-nous à sauver des vies en vous inscrivant

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Prendre position contre l’intimidation

Par Marv Bernstein
Conseiller principal en matière de politiques, UNICEF Canada

La 10e Semaine annuelle de sensibilisation à l’intimidation a pour thème « S’élever contre l’intimidation ».

La Semaine de sensibilisation à l’intimidation a été établie en 2003, non seulement afin de sensibiliser et d’éduquer les jeunes et les adultes sur ce qu’est l’intimidation, mais aussi pour changer les choses.

Le paysage social a cependant terriblement changé au cours de la dernière décennie. De nos jours, la plupart des enfants canadiens sont actifs en ligne et, bien que le monde numérique en pleine expansion a donné aux enfants plus de possibilités de s’informer et de s’éduquer que jamais auparavant, Internet expose aussi ces derniers à d’innombrables dangers potentiels.

Nous parlons bel et bien ici de cyberintimidation.

Dans son rapport publié en 2011 intitulé La sécurité de l’enfant en ligne : les stratégies et enjeux mondiaux (en anglais seulement), l’UNICEF analyse les preuves et les pratiques mondiales afin de répondre aux questions : « À quels risques les enfants sont-ils exposés en ligne? » et « Quelles mesures sont les plus efficaces pour mieux les protéger? »

Afin d’assurer la sécurité et la protection des enfants au Canada, UNICEF Canada a établi le contexte national dans le cadre du rapport.

Nous avons déterminé que quatre éléments essentiels étaient nécessaires à l’élaboration d’une stratégie d’intervention nationale visant à lutter contre l’exploitation et la violence, tant en ligne que hors ligne :

  • procurer aux enfants et aux jeunes une éducation sur la question adaptée à leur âge, qu’ils soient des victimes, des auteurs ou des spectateurs réels ou potentiels;
  • la participation à vaste échelle des parents, du personnel enseignant, des prestataires de services sociaux, des décideurs et du secteur privé dans un effort collectif visant à contrer la cyberintimidation;
  • l’utilisation d’évaluations des répercussions sur les droits de l’enfant par les législateurs et les décideurs; et
  • la nomination d’un commissaire national aux enfants.

Selon nous, la stratégie doit être fondée sur l’intérêt supérieur de l’enfant, le droit de l’enfant d’être entendu et pris au sérieux, et la reconnaissance des capacités évolutives des enfants et des jeunes.

Établir une stratégie fondée sur les droits

Depuis la publication du rapport, UNICEF Canada occupe une position unique pour promouvoir une approche équilibrée de protection fondée sur les droits, tant dans le contexte juridique que législatif.

En juin dernier, par exemple, nous avons eu l’occasion de préparer un mémoire et de témoigner devant le Comité sénatorial permanent des droits de l’homme afin d’éclairer son étude sur la cyberintimidation.

Nous avons ensuite eu l’occasion d’intervenir dans le cadre d’une décision historique de la Cour suprême du Canada, où la jeune A. B., âgée de 15 ans, affirmait qu’un auteur non identifié avait créé un faux profil Facebook présentant des images d’elle et des commentaires injurieux. A. B. a engagé une poursuite pour diffamation, mais souhaitait garder l’anonymat.

Elle a donc demandé une interdiction de publication partielle qui empêcherait qu’on l’identifie, ainsi qu’une interdiction de publication de nouveau matériel désobligeant sur Facebook. Après que deux tribunaux de la Nouvelle-Écosse eurent refusé d’accorder ces interdictions, et lui eurent ordonné de payer des dépens, A. B. a fait appel à la Cour suprême du Canada.

UNICEF Canada a soutenu que les tribunaux de la Nouvelle-Écosse n’ont pas respecté les droits fondamentaux d’A. B. en vertu de la Convention relative aux droits de l’enfant des Nations Unies, dont :

  • son droit de voir son intérêt supérieur traité comme une considération primordiale;
  • son droit d’être entendue et d’avoir accès au système judiciaire d’une manière adaptée aux enfants; et
  • son droit de demander réparation pour atteinte à sa réputation et son droit à la vie privée.

Après avoir pris connaissance de ces recommandations, la Cour suprême a accueilli l’appel par décision unanime, décrétant qu’A. B. devait être autorisée à garder l’anonymat, mais qu’une interdiction de publication était inutile.

Bien que la Cour suprême ait créé un important précédent en décrétant que les enfants n’ont pas à renoncer à leur anonymat lorsqu’ils utilisent des moyens légaux pour lutter contre la cyberintimidation, UNICEF Canada est toujours d’avis que la meilleure façon de contrer la cyberintimidation consiste à l’arrêter avant qu’elle se produise, en misant entre autres sur de solides programmes éducatifs de prévention et de respect des droits.

Par conséquent, nous espérons que cette approche fondée sur les droits sera utilisée tant par les parents que par le personnel enseignant dans les programmes scolaires, afin d’illustrer l’importance d’une citoyenneté numérique responsable et d’éviter le préjudice permanent, bien que souvent involontaire, pouvant être infligé à d’autres.

Région géographique :