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Une tempête n’attend pas l’autre – Deye mon gen mon

Matthew est passé. La pluie a cessé. Pourtant, la brèche qu’a laissée l’ouragan en Haïti est profonde, et il faudra des mois, voire des années, pour la refermer. Les écoles sont encore fermées, mais les boutiques et l’aéroport sont à nouveau ouverts. À Port-au-Prince, la vie reprend lentement son cours.

La situation est radicalement différente dans les départements du sud, Nippes et Grand’Anse. Les télécommunications y ont finalement été rétablies. Les renseignements qui commencent à affluer confirment nos pires craintes. Bien qu’il n’y ait encore aucun bilan officiel des blessés et des dommages, une première estimation indique qu’au moins 11 000 personnes ont cherché refuge après que la tempête a détruit leur maison, en plus de 5 000 autres dans l’ouest du pays. Parmi celles-ci, un trop grand nombre sont des enfants.

La seule route qui relie la capitale à la partie sud est fermée depuis qu’un pont s’est effondré, mardi. Une première équipe de l’UNICEF a quitté Port-au-Prince ce matin vers le sud, a emprunté un pont temporaire et a réussi à traverser la rivière afin de poursuivre sa route vers Les Cayes, l’une des régions les plus durement touchées. Une deuxième équipe suivra demain. Nous sommes en même temps en communication avec des partenaires des Nations Unies qui cherchent à organiser un transport par hélicoptère à compter de demain, à condition de trouver un endroit sec et sûr où atterrir.

Le 6 octobre 2016 à Port-au-Prince, en Haïti, un camion est chargé dans la cour de l’UNICEF.

Bien que la partie sud et le département de Grand’Anse aient été les plus touchés, l’ouragan Matthew a également laissé sa trace destructrice dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, et dans les départements du nord et du nord-ouest. Des évaluations détaillées doivent encore être effectuées, mais nous savons déjà par l’agence gouvernementale de protection de l’enfance (IBESR) qu’au moins 2 000 enfants vulnérables, qui ont soit été séparés de leur famille pendant la tempête ou qui vivaient dans des orphelinats fragiles avant le passage de Matthew, ont été évacués vers des abris temporaires. L’une des priorités, dans les prochaines heures, consiste à repérer le plus grand nombre d’enfants qui se trouvent dans une situation similaire. Une équipe multisectorielle circule actuellement dans les quartiers les plus pauvres et les plus touchés de Port-au-Prince afin d’évaluer les besoins. Pendant la tempête, 130 enfants ont été évacués de Cité Soleil, l’un des quartiers les plus pauvres, et l’UNICEF travaille maintenant en collaboration avec l’agence IBESR afin de s’assurer de répondre à leurs besoins en matière de nourriture, d’eau, de couvertures et d’hygiène.

L’accès à de l’eau potable et l’assainissement demeurent en tête de liste des priorités, afin d’éviter l’éclosion de maladies d’origine hydrique et l’aggravation des crises persistantes de choléra, lesquelles causaient déjà chaque semaine de 400 à 500 nouveaux cas de la maladie avant le passage de Matthew. Des réservoirs d’eau souples, des comprimés chlorés et des trousses de produits d’hygiène pour 10 000 personnes avaient préalablement été mis en place avant le passage de l’ouragan. Un autre approvisionnement de ces fournitures sera acheminé dès que l’accès sera possible.

Fort heureusement, les régions qui ont connu le plus grand nombre de cas de choléra en 2016, à savoir Artibonite, les départements du nord et du centre, et Port-au-Prince, ne sont pas celles qui ont été les plus durement touchées par l’ouragan.

Par décret gouvernemental, les écoles resteront fermées jusqu’au 10 octobre. Le retour en classe s’avérera cependant difficile. Des milliers d’enfants qui viennent de commencer leur nouvelle année scolaire font maintenant face à une situation où les écoles sont inondées, détruites ou servent d’abri pour les personnes qui ont perdu leur domicile. La mise en place d’écoles temporaires est une autre tâche à ajouter à notre longue liste de priorités.

À travers tout cela, soutenir la population haïtienne dans ses efforts de reconstruction demeure une attitude profondément ancrée en chaque membre du personnel de l’UNICEF. Les familles haïtiennes ont encore et toujours fait preuve de résilience pour rebâtir leur vie, et trouver des façons et des moyens de protéger leurs enfants malgré les difficultés. Ni le tremblement de terre de 2010 ni l’ouragan Matthew n’ont entamé le courage des femmes, des hommes et des enfants ici. Notre tâche consiste maintenant à les aider à progresser.                                                

Le proverbe haïtien Deye mon gen mon se traduit par « derrière les montagnes se cachent d’autres montagnes », ce qui peut être interprété comme une succession de problèmes : une fois qu’un problème est résolu, un autre se présente. Mais cela peut également être perçu comme la vallée qui s’étend derrière chaque obstacle. En prenant cette interprétation en considération, nous ferons de notre mieux pour veiller à ce qu’il y ait une grande vallée verdoyante et à renforcer les capacités de gravir la prochaine montagne.

Merci, mesi anpil.

Cornelia Walther est la chef des communications pour l'UNICEF Haïti.

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