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Blogue de David Morley : Aucun enfant n’est jamais trop loin

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Haïti, le 22 octobre 22, 2011

Souvent, les gens s’offusquent de voir le personnel des ONG et des Nations unies au volant de véhicules à quatre roues motrices. Je les comprends, car moi aussi, j’ai déjà été offusqué par cela. C’est comme être complètement isolés du monde qui nous entoure.

Mais aujourd’hui, lorsque nous avons gravi les pentes luxuriantes des montagnes qui surplombent Port-au-Prince, je me suis rappelé pourquoi nous avions besoin de ce type de véhicule. Plus haut sur la montagne, la route goudronnée a pris fin et nous avons emprunté un chemin perché sur la crête, entouré de chaque côté par des ravins escarpés. Après avoir dérapé quelque peu en traversant le lit d’une rivière qui doit devenir une véritable cascade déferlant les pentes des montagnes lorsqu’il pleut, et dépassé quelques petits lopins de terre cultivée, nous sommes enfin arrivés à Kenscoff.

Tout en haut se trouve une minuscule clinique dont nous appuyons le développement en collaboration avec une ONG haïtienne, FONDEFH. Les bénévoles de FONDEFH, guidés par un pédiatre dévoué, le Dr Belonne, prodiguent des soins prénataux et postnataux aux femmes et aux bébés qui vivent ici dans les montagnes. « Ce qui est extraordinaire chez ces personnes, c’est qu’elles le feraient même si nous n’étions pas là. Elles ne pourraient certainement pas faire autant de choses, mais elles sont tellement dévouées qu’elles trouveraient le moyen de rendre service d’une façon ou d’une autre », affirme Irène, qui travaille à notre bureau de Port-au-Prince.

De l’extérieur, il est tellement facile pour nous de voir les faiblesses, de voir la souffrance. Un travail communautaire efficace, comme ici, s’appuie sur les forces existantes et le leadership déjà présent pour aller de l’avant et apporter des changements constructifs; il s’agit d’un des principes fondamentaux de ce travail humanitaire.

Une tente de l’UNICEF est installée à proximité du minuscule bâtiment abritant la clinique. À l’intérieur, un groupe de vingt femmes accompagnées de leur bébé assistent à des cours prénataux. Ces femmes viennent de loin; l’une d’elles est même partie de chez elle à 5 h. Elle est arrivée à 10 h pour faire dresser le bilan de santé de son bébé et se procurer des suppléments nutritionnels. « Oui, c’est loin, explique le Dr Belonne, mais c’est beaucoup plus près que l’hôpital en bas de la route, où ces femmes devraient se rendre si nous n’étions pas là. »

À l’intérieur du bâtiment, les bénévoles de la FONDEFH utilisent les bracelets MUAC pour dépister la malnutrition chez les enfants et distribuent des fournitures de l’UNICEF. Le Dr Belonne prend dans ses mains un sachet de Plumpy’nutMD : « Cette pâte à base d’arachides est miraculeuse. Un enfant qui en mange pendant une semaine sera sur le chemin de la guérison. »

Cette région rurale, qui n’a pas été touchée par le tremblement de terre, témoigne de la précarité des soins de santé en Haïti, même avant la catastrophe. Au ministère de la Santé, seulement une personne travaillait dans le domaine de la nutrition : les conséquences à long terme de la malnutrition chronique et des retards de croissance n’étaient pas prises en compte. En travaillant avec des ONG locales comme la FONDEFH et en apportant notre aide au ministère de la Santé, nous pouvons améliorer la prestation des services de santé de base afin que lorsque la prochaine catastrophe frappera, car il s’agit bien de « lorsque» et non pas de « si », la population sera mieux préparée et l’état de santé de la population ne sera pas aussi précaire.

Youssouf, notre responsable de la nutrition, discute avec le Dr Belonne de la façon dont nous pouvons venir en aide aux enfants qui vivent plus loin dans les montagnes et qui ne peuvent pas se rendre à la clinique. « C’est cela l’équité, déclare-t-il, faire en sorte de venir en aide aux enfants les plus vulnérables. Aucun enfant n’est trop loin pour qu’on lui vienne en aide. »

L’UNICEF ira jusque dans les endroits les plus isolés du monde pour vacciner les enfants, leur fournir des suppléments nutritionnels et des fournitures scolaires, et leur donner accès à une éducation. Voilà pourquoi nous utilisons ces véhicules, pour arriver jusqu’ici et pour aider nos partenaires locaux à se rendre dans ces régions isolées, afin d’offrir à chaque enfant, toutes les possibilités, sans exception.