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Blogue de David Morley: Exposé sur la Somalie

Par David Morley
Président et chef de la direction d’UNICEF Canada

La sécurité est renforcée dans l’enceinte des Nations Unies de l’Afrique orientale. Tout le monde se souvient du bombardement qui a eu lieu au Nigeria il y a à peine quelques semaines. Les jardins sont magnifiques, les bureaux de l’UNICEF sont fonctionnels, propres et lumineux tandis que nous nous apprêtons à rencontrer Hannan et Shantha qui nous feront leur exposé sur la Somalie.

« Vous avez eu de la chance de pouvoir vous rendre à Dadaab cette semaine, nous dit Hannan. Nous ne pouvons plus aller nulle part en raison des mesures de sécurité. Mais, aujourd’hui, il est possible de se rendre à Mogadiscio. Les normes de sécurité sont difficiles à suivre, elles changent constamment. »

Malgré tous les conflits qui ont sévi et qui s’éternisent en Somalie, l’UNICEF et ses partenaires y travaillent depuis des années.

« Nous avons travaillé partout, explique Hannan. L’UNICEF est le principal fournisseur d’eau potable au pays. Nous avons procuré la quasi-totalité du matériel pour les écoles et les hôpitaux et nous travaillons avec ces importants services pour les communautés . Malgré tout, ce n’est pas facile. Nous devons constamment négocier avec tous les différents intervenants et intervenantes. Nous ne verserons jamais le moindre pot-de-vin et ils savent que, s’ils veulent que leur communauté obtienne ces fournitures, ils devront tôt ou tard nous laisser passer. »

Il est difficile de travailler sans gouvernement qui fonctionne, mais l’UNICEF en Somalie a conçu un plan ingénieux pour que les communautés puissent avoir de l’eau potable en permanence. Des partenariats ont été négociés entre les conseils municipaux et les entreprises locales afin d’assurer un approvisionnement local permanent en eau potable grâce à la vente d’actions. Misant sur le sens des affaires somalien, ces partenariats entre les secteurs privé et public font des bénéfices dès qu’ils relient une maison au réseau d’alimentation en eau; le conseil municipal s’assure toutefois que les personnes déplacées et que les mères monoparentales n’ont pas à payer pour l’eau. Dans un pays comme la Somalie, il faut faire preuve de créativité; cet exemple l’illustre bien.

Malgré ce qu’il nous est possible de faire en Somalie, et malgré les 800 centres d’alimentation thérapeutique et les innombrables écoles que nous soutenons, sans parler du fait que nous avons fourni la quasi-totalité de l’eau potable disponible, Hannan reste passionnée et bouleversée par ce que nous n’avons pas encore pu faire. « Chaque jour, nous sentons que les enfants sont victimes de la politique. Cette famine touche les enfants; ce sont eux qui meurent et qui souffrent en raison du prix élevé des aliments, de la sécheresse, et de la politique. »

La politique est très compliquée. Dans certaines régions du pays, des enseignantes et des enseignants ont été menacés lorsqu’ils ont tenté d’empêcher les parties impliquées dans le conflit de recruter des enfants, garçons et filles, pour le combat. Certains avaient à peine 7 ou 8 ans. C’est horrible.

La logistique pour faire entrer des aliments thérapeutiques et des fournitures médicales dans le pays est impressionnante. « Nous essayons de faire atterrir deux à cinq avions par jour à Mogadiscio, puis d’acheminer les cargaisons par camions de l’autre côté de la frontière, ce qui dépend toujours de la situation en matière de sécurité. Nous utilisons aussi des bateaux; des fournitures viennent de nos entrepôts établis en Inde, en Afrique du Sud, en Belgique et à Dubaï. Nous avons 800 conteneurs d’aliments thérapeutiques! »

Cet effort logistique est ce qui permet à notre programme de bons d’achat, quoiqu’encore modeste, de continuer de croître. Des aliments sont toujours offerts sur le marché, même en situation de famine, mais les prix sont beaucoup trop élevés pour les familles démunies. Les bons d’achat permettent donc à certaines personnes d’acheter de la nourriture, et ils stimulent l’économie locale. Nous savons que nous devons rester parfaitement neutres dans ce conflit si nous voulons être en mesure de venir en aide aux enfants; notre refus d’imprimer des logos sur les bons alimentaires reflète cette neutralité. Nos bons d’achat sont totalement dépourvus de logo.

Mais voici le hic. Nous avons grandement intensifié nos opérations au cours des derniers mois. Lorsque la famine a été déclarée, les gens ont fait preuve d’une remarquable générosité, et l’UNICEF et tous ses partenaires ont pu intervenir et sauver des milliers de vies. Mais qu’arrivera-t-il à ces enfants lorsque cette crise ne fera plus la une dans les médias? Comment poursuivre ces interventions de secours? Il ne faut pas se leurrer, le personnel infirmier dans les centres d’alimentation, le personnel enseignant, les conductrices et les conducteurs qui négocient le passage de fournitures aux points de contrôle, les mécaniciennes et les mécaniciens qui réparent les pompes à eau sont des héros. Comment pouvons-nous les aider à continuer de sauver des vies? À l’heure actuelle, nous avons assez d’argent pour encore quelques mois, mais la crise va durer encore plus longtemps et c’est le défi qui nous attend. Je pose encore une fois la question : comment pouvons-nous les aider à continuer de sauver des vies?