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Blogue de David Morley: la santé d'Haïti

J’ai eu l’occasion de visiter des centres de nutrition partout dans le monde, mais je n’en ai jamais vu un aussi lumineux et bien organisé que celui de l’hôpital St-Damien, que j’ai visité ce matin. La salle n’était pas surpeuplée, il y avait suffisamment de personnel infirmier et chaque lit n’était occupé que par un seul enfant. Le personnel de l’hôpital St-Damien a traité plus de 1000 enfants dénutris l’année dernière, dont 400 qui souffraient de complications, et qui ont été hospitalisés.

Il est facile de voir de l’espoir dans ce bel établissement, mais il m’arrive parfois de me demander si je ne suis pas trop à la recherche de ces signes d’espoir, parce que le désespoir dont je suis souvent témoin est insoutenable. Justin est âgé de quatre mois et il est minuscule. Il ouvre les yeux, mais il ne voit pas. Sa mère est assise à côté de lui, éteinte, accablée et le cœur brisé parce que, avouons-le, ce petit garçon ne survivra probablement pas. Trop d’enfants dans cette unité de soins, bien qu’elle soit lumineuse et bien gérée, mourront prématurément. Ces enfants ont manqué de nourriture. Ils mourront d’un manque de nutriments, de la tuberculose ou de la diarrhée. Quelles que soient la qualité de cette unité et l’excellence des soins qui y sont dispensés, un trop grand nombre de ces enfants mourront parce qu’ils sont nés dans le mauvais pays : un pays où trop de bébés meurent.

Nous devons continuer notre travail. Nous ne pouvons pas nous laisser décourager. Lors de la visite d’un autre hôpital, nous avons assisté à une campagne de vaccination. L’UNICEF est le plus grand fournisseur de vaccins au monde et soutient le programme national de vaccination mis sur pied par le ministère de la Santé, dont l’objectif cette semaine est de vacciner 2,5 millions d’enfants contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. « La logistique est incroyable, explique Mariana. La sensibilisation par des campagnes de communication de masse; la mobilisation des organismes communautaires; l’expédition des fournitures dans les postes de santé; la mise en place de la chaîne du froid pour les produits périssables et la distribution de vaccins au personnel du ministère, afin qu’il les administre aux enfants. C’est impressionnant! »

Alors que nous assistons à la vaccination des enfants, nous sommes une fois de plus confrontés à la terrible réalité de ce pays lorsqu’une femme, son bébé dans les bras, se précipite vers notre petit groupe et nous demande si nous voulons bien le prendre. À quel point faut-il être désespéré pour être prêt à abandonner son enfant? Ou est-ce une ruse quelconque, un piège pour extorquer de l’argent aux étrangers? Quoi qu’il en soit, cette scène est un rappel brutal de la situation désespérée dans laquelle se trouvent certaines personnes, et nous rappelle aussi pourquoi notre travail en matière de protection de l’enfant, ainsi que nos efforts pour assurer la sécurité, l’intégrité et la transparence des adoptions internationales sont si importants.

En réfléchissant à cette visite en Haïti, je me dis que les critiques des sceptiques NE devraient PAS être dirigées vers ce qui a été accompli depuis le tremblement de terre, car les efforts collectifs déployés par la communauté internationale et le peuple haïtien, au cours des 27 derniers mois, ont porté fruit. Ensemble, nous avons permis à 1,5 million de personnes sans abri de rester en vie et avons même amélioré leur état de santé. Aujourd’hui, un million d’entre elles ont trouvé un meilleur endroit pour vivre. Des écoles ont été reconstruites, et, grâce au leadership du gouvernement haïtien, un plus grand nombre d’enfants sont scolarisés aujourd’hui que lorsque le tremblement a frappé le pays. 

Indiscutablement, le travail que nous avons accompli depuis le tremblement de terre a été efficace. Les sceptiques devraient plutôt s’interroger sur les raisons pour lesquelles ce pays est aujourd’hui dans cette situation. La liste des coupables est longue : le gouvernement français, qui, pendant plus d’un siècle a exigé et perçu des réparations après l’indépendance d’Haïti; les Américains, qui ont occupé le pays au début du vingtième siècle; tous les pays de l’ouest, qui ont soutenu les dictatures successives et ladite « république des ONG » qui n’est pas parvenu à améliorer les normes nationales pendant ces quarante dernières années qui ont été secouées par des troubles politiques. Les résultats sont clairs : le plus haut taux de mortalité infantile et le plus faible taux de scolarisation des pays de notre hémisphère, et plus d’un quart de million d’enfants en situation de servitude domestique. Malgré tous les efforts que nous avons déployés au cours des quarante dernières années, nous n’avons pas réussi à réduire ces statistiques.

C’est cette pente que nous avons remontée. Vingt-sept mois de travail acharné accompli par des centaines de milliers de personnes, pour la plupart des Haïtiennes et des Haïtiennes, ont permis de remettre la ville de Port-au-Prince dans l’état où elle était avant le tremblement de terre. Considérant que tout ce travail a été effectué dans une ville de la taille de Toronto, avec un budget équivalant à cinq mois du budget opérationnel de Toronto, le résultat tient du miracle. Maintenant, nous devons profiter de l’élan donné par cet effort massif, soutenir le nouveau gouvernement, aider les groupes communautaires à faire entendre leur voix et à faire part de leurs expériences, et venir en aide à tous ceux et celles en Haïti, et ils sont nombreux, qui veulent transformer leur pays.

Donc je me retrouve encore une fois à éprouver de l’optimisme, car les statistiques indiquent que nous prenons la bonne direction et c’est encourageant. Cependant, je crains que ce sera trop peu, trop tard, pour Justin, étendu immobile sur son lit dans la salle où l’on traite la malnutrition.