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Blogue de David Morley : Les responsables de la protection de l’enfance en Chine

Longchuan, Chine : Sincèrement, il ne peut y avoir de plus grand honneur que d’être accueilli dans cette humble demeure. Alors que le soleil se couche sur les rizières et sur les champs de canne à sucre, nous entrons dans la cour de cette maison, où on nous apporte des tabourets sur lesquels nous asseoir. Nous avons été conduits jusqu’ici par madame Ban Xiao Lian afin d’en apprendre plus sur son travail : elle est l’une des travailleuses sociales communautaires à qui nous apportons notre soutien. Bien que le gouvernement chinois ait adopté plusieurs excellentes lois en matière de protection sociale, beaucoup de gens n’en savent rien. Madame Ban Xiao Lian s’assure donc que les personnes les plus vulnérables, soit les minorités ethniques les plus pauvres vivant ici, dans le sud-ouest de la Chine, à quelques kilomètres de la frontière birmane, reçoivent ce à quoi elles ont droit.

Un vieil homme nous souhaite la bienvenue et nous offre du riz gluant que les membres de la communauté ont préparé pour l’occasion. Il prend soin de ses deux petits-enfants depuis que leur mère a quitté le village après la mort de leur père. Sa petite-fille, qui est âgée de 11 ans, travaillait auparavant à couper du bambou; elle gagnait 5 yuans pour 100 kilos de bambou, et le plus qu’elle n’ait jamais fait en une journée est 20 yuans, soit environ trois dollars. Mais la responsable de la protection de l’enfance, comme les travailleuses et les travailleurs sociaux communautaires tels que madame Ban Xiao Lian sont désignés, s’est rendu compte qu’ils avaient droit à l’allocation familiale accordée par le gouvernement chinois. Elle a donc veillé à ce qu’ils la reçoivent et, maintenant, la petite-fille va à l’école puisqu’elle n’a plus à travailler. « Notre vie a changé grâce à l’aide de madame Ban Xiao Lian, explique le grand-père. La situation est encore difficile, mais nous arrivons à la gérer. Ma petite-fille réussit très bien à l’école. »

Bien que le travail que fait l’UNICEF pour les enfants dans cette région pauvre de l’ouest de la Chine puisse sembler différent de celui que nous faisons en Afrique, le principe de base est le même. Nous soutenons les enfants en aidant les autorités locales à s’acquitter de leurs responsabilités envers les enfants les plus vulnérables et isolés. Nous apportons notre aide aux responsables de la protection de l’enfance dans le cadre d’un projet pilote. Nous mesurons les répercussions que ce projet a sur l’accès des enfants aux services, puis, en supposant qu’il y aura effectivement des répercussions positives, nous conseillerons au gouvernement d’étendre cette pratique à plus vaste échelle. Jusqu’à présent cela semble positif; les responsables de la protection de l’enfance sont comparables aux travailleuses et aux travailleurs de la santé communautaire (il n’est d’ailleurs pas inhabituel de constater qu’ils font un peu des deux métiers), dont l’aide permet aux enfants d’avoir accès à des services qui transforment leur vie.

« Dans la culture chinoise, explique madame Ban Xiao Lian, vous avez accès à tout si votre famille a du pouvoir. Les orphelins et les orphelines, en revanche, n’ont personne; j’essaie donc d’être ce qui ressemblerait le plus à un membre de leur famille capable d’établir les bons liens pour eux. »

Mais, parfois, cela ne suffit pas. Dans la cour d’une autre maison, nous avons fait la connaissance d’un autre responsable de la protection de l’enfance, un jeune homme au début de la vingtaine qui travaille aussi à la ferme familiale. Il nous a présenté une jeune femme âgée de 17 ans, qui a perdu ses parents de causes liées au sida et qui vit elle-même avec le VIH. Bien qu’elle ait réussi les examens nécessaires, le règlement chinois lui interdit d’être infirmière car elle vit avec le VIH : c’était pourtant son rêve. Elle souffre de dépression et n’a plus l’énergie de décider quel autre chemin emprunter en ce qui a trait à son avenir.

Craig McClure, le spécialiste canadien en matière de VIH pour l’UNICEF se penche vers elle.

« Prenez-vous vos médicaments? »

Elle fait signe que oui.

« Vous devez continuer de les prendre, chaque jour. Vous allez bien et vous pourrez vivre longtemps et en bonne santé si vous continuez de prendre vos médicaments. »

Mais elle s’inquiète de ne jamais pouvoir obtenir un emploi et, chaque jour, elle s’interroge : « Pourquoi dois-je vivre avec le VIH? Pourquoi moi? »

Craig continue de l’encourager gentiment et on peut la voir puiser de la force et de l’espoir dans ce qu’il lui dit. Il n’existe aucune réponse à ses questions, pas plus qu’il n’y a de garantie concernant son avenir. Mais il ne fait aucun doute que, sans l’aide des responsables de la protection de l’enfance – quel magnifique nom officiel pour ces travailleuses et travailleurs communautaires à temps partiel dont le travail consiste à venir en aide aux personnes les plus démunies de leur village –, cette jeune femme et les nombreux autres enfants et familles que nous avons rencontrés aujourd’hui n’iraient pas à l’école, ne prendraient pas leurs médicaments, et n’auraient aucune possibilité dans la vie. Cela peut paraître peu, mais en réalité, c’est beaucoup. En ayant accès aux services offerts par le gouvernement chinois, ces enfants, les plus pauvres de la Chine, ont enfin la possibilité de vivre. Et, tandis que nous sortions de la maison de la jeune fille dont nous avons fait la connaissance aujourd’hui, le responsable local qui voyage avec nous et qui a suivi la conversation qu’elle a eue avec Craig s’est tourné vers le responsable de la protection de l’enfance et lui a dit : « Envoyez-moi ses coordonnées. Je vais voir ce que nous pouvons faire pour elle. »

Comme l’a souligné madame Ban Xiao Lian, les orphelines et les orphelins n’ont peut-être pas une grande famille pour les aider comme la plupart des gens en Chine, mais je crois que le travail combiné de l’UNICEF et de ces villageoises et villageois responsables de la protection de l’enfance pourrait bien être la meilleure chose qui leur soit arrivée.

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