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Blogue de David Morley: Progrès en Haïti

Par David Morley
président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Des conteneurs convertis en bureaux mobiles ont remplacé le bâtiment détruit par le tremblement de terre qui, en s’effondrant il y a 27 mois, a tué tous les membres de la direction des Nations Unies en Haïti. 

C’est à cet endroit que j’ai été accueilli par le sourire chaleureux de mon ami Stefano, notre nouveau représentant adjoint du pays. Stefano et moi avons déjà travaillé ensemble il y a quelques années lorsqu’il était responsable de Médecins sans frontières Italie (MSF) alors que je travaillais pour MSF Canada.

Stefano est ici depuis le mois de janvier. « Les donateurs importants réduisent leurs contributions, nous explique-t-il, mais nous sommes actuellement dans la phase de rétablissement, qui vient après l'urgence, et nous avons encore besoin de soutien pour poursuivre notre travail. Une diminution des ressources dans les prochains mois mettrait un frein aux progrès réalisés dans le domaine de l’éducation, de la santé et de la protection de l’enfant. »

« Nous agissons ici sur deux plans. D’une part, nous nous employons à améliorer les services aux enfants et l’accès à ceux-ci, et d'autre part, nous travaillons auprès du gouvernement afin qu’il prenne les commandes et fasse preuve de leadership, qu’il s’engage à assurer la prestation de ces services et qu’il adopte des lois qui seront applicables et viendront en aide aux enfants. »

Stefano s’arrête un instant et ajoute avec un sourire un peu triste : « Pensez au temps que cela prend pour modifier les lois dans nos propres pays. » J’ai pensé que c’était en effet très long, mais que cela constituait l’une des bases de l’édification d’une société meilleure pour les enfants. Dans cette situation qui revêt pour nous une importance particulière, nous devons travailler auprès du gouvernement pour que la signature de la Convention de La Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale se traduise par l’adoption d’une loi locale exécutoire, soit une étape importante dans les efforts que nous déployons pour mettre un terme au trafic d’enfants.

À la sortie de la base logistique, les rues de Port-au-Prince sont toujours aussi chaotiques, mais de plus en plus de décombres ont été enlevés et les signes de redressement sont nombreux. La reconstruction est lente, laborieuse, mais elle s’effectue.

Moins de 500 000 personnes vivent encore dans des villages de tentes. Ce nombre est encore beaucoup trop élevé, mais il est bien inférieur au million et demi de personnes qui y étaient hébergées dans les mois suivant le tremblement de terre. La diminution des fonds oblige les ONG internationales à réduire leur aide, ce qui met en péril la poursuite de nos efforts, qui sont particulièrement importants dans le domaine de l’éducation : nous avons distribué 1,5 million de trousses de matériel scolaire l’automne dernier et prévoyons en distribuer autant cette année. C’est une vaste campagne qui contient des activités de communication et de sensibilisation, des efforts de coordination avec le gouvernement, ainsi que d’importantes opérations logistiques pour expédier les trousses (similaires aux Trousses d’alphabétisation de nos Cadeaux de survie) et les distribuer partout dans ce pays.

Lors de la visite d’une école de quartier, nous avons été accueillis par des enfants propres et vifs d’esprit qui nous ont fait part de leurs espoirs et de leurs rêves pour l’avenir, mais qui nous ont aussi interpellés. « Pourquoi êtes-vous venu ici seulement après le tremblement de terre? », m’a demandé une petite fille devant toute la classe. J’ai expliqué que l’UNICEF était sur le terrain depuis de nombreuses années pour aider les écoles, mais que les personnes de l’extérieur étaient plus nombreuses ces derniers temps parce que le tremblement de terre qui a frappé leur pays était la pire catastrophe au monde. Nous avons aidé à reconstruire l’école de ces enfants qui a été détruite par le séisme : elle est l’une des 200 écoles conformes aux normes antisismiques que nous avons reconstruites dans la capitale.

Je le constate : la transition de l’aide humanitaire d’urgence vers le développement à long terme est en cours. Les efforts mis en œuvre pour améliorer les systèmes d’assainissement municipaux en témoignent; malheureusement la visite de la seule station d’épuration des eaux d’égout du pays que nous avions prévu de faire cet après-midi a été entravée par une série de barrages routiers et de barricades de pneus en feu en raison d’une grève de 30 heures des policiers qui protestent contre le camouflage du meurtre de l’un de leurs collègues. Nous avons été forcés de rebrousser chemin deux fois et de rentrer à notre hôtel par la montagne. Nous espérons que nous aurons demain une autre occasion de constater les progrès réalisés par la population d’Haïti pour reconstruire leur pays.