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Blogue de voyage de David Morley : Retour au Kenya

Par David Morley

Le 11 octobre 2011 – Après un voyage de vingt heures, qui a suivi le repas familial de l’Action de grâces, il fait bon d’être de retour au Kenya. Dans la voiture, en quittant l’aéroport, je me remémore ma dernière visite qui remonte à quatre ans. Une sécheresse sévissait, cette année-là aussi, et je m’étais rendu dans le district d’Isiolo, au Kenya, pour observer les interventions de secours.

La ville d’Isiolo est poussiéreuse et le terrain est plat. Hormis deux bâtiments en hauteur, une cathédrale et une mosquée, on dirait une ville tout droit sortie du Far West. Située entre les pentes verdoyantes du mont Kenya et les plaines desséchées du désert, Isiolo est, à bien des égards, une place frontière. Nous avons roulé sur une route criblée de nids-de-poule dans un paysage semi-aride, passant sous de magnifiques acacias à la cime tronquée. Le long de la route bordée de buissons aux très longues épines, des chameliers gardaient leurs troupeaux. L’herbe était rabougrie et le sol paraissait stérile.

« Est-ce comme ça partout? Jusqu’en Somalie? », ai-je demandé.

Mon collègue kényan avait émis un petit rire rempli de tristesse avant de répondre : « Non, c’est pire. La plupart des cours d’eau se jettent dans un lac ou l’océan, n’est-ce pas? Cette rivière disparaît dans le désert », avait-il expliqué en montrant les eaux brunes en bordure de la route.

L’année précédente, il n’y avait pas eu de précipitations, ni de récoltes d’ailleurs. « Le changement a été lent à survenir. Les premières pluies, comme les dernières, ne sont jamais tombées. Nos équipes mobiles se déplaçant dans les environs d’Isiolo avaient commencé à apercevoir des bêtes mortes dans les villages où ils se rendaient. Au début, c’était des chèvres et des moutons, mais graduellement, même les chameaux ont commencé à périr. Quand le bétail commence à mourir ainsi, on sait que le même sort attend les enfants et les adultes » m’avait expliqué mon collègue.

Notre équipe avait effectué une enquête en matière de santé et avait sonné l’alarme. La communauté internationale savait qu’une sécheresse sévissait dans les régions situées plus au nord et avait commencé à intervenir, mais elle n'était pas au courant de la gravité de la situation à Isiolo. L’enquête de l’UNICEF avait révélé que plus du quart des enfants souffraient de malnutrition aiguë.

Grâce aux fonds versés par des particuliers et des gouvernements du monde entier, nous avons formé une équipe qui s’est mise à l’œuvre. Le district d’Isiolo occupe une superficie représentant environ le double de celle de l’île du Cap-Breton et 150 000 personnes y habitent. Nous avons pu distribuer des aliments à plus de 30 000 personnes, traiter les enfants sous-alimentés, acheminer de l’eau potable par camion aux écoles, en plus d’installer des réservoirs d’eau potable et des systèmes de captage des eaux pluviales dans plus de la moitié des écoles du district. Nos équipes avaient également réparé les systèmes d’approvisionnement en eau communautaires, distribué des trousses contenant du matériel scolaire aux enfants et contribué à l’achat de bétail pour les familles les plus durement touchées par la sécheresse. La situation s’était alors améliorée.

De retour au Kenya, je réalise qu’il n’y a pas eu de précipitations cette année non plus, et la situation en Somalie aggrave le sort des familles d’Isiolo. Il s’agit toujours du pire endroit où vivre pour un enfant. Encore une fois, la communauté internationale s'est mobilisée pour secourir la population en détresse et, encore une fois, nous avons entrepris une course contre la montre pour sauver des vies.

Demain, nous irons à Dadaab.