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Croissance – Journée internationale des populations autochtones

Par Savanna Boucher

Lorsque j’étais plus jeune, les gens disaient toujours que j’avais du potentiel, que je serais la seule à m’en sortir, comme si nous vivions dans une sorte de système carcéral. Mais comment croire une telle chose alors vous ignorez pourquoi vous vous trouvez théoriquement enfermé? Vous ne savez pas ce que j’ai vécu ni ce que j’ai fait. Pourquoi ou comment devrais-je être la seule à m’en sortir? Je connaissais uniquement la haine des autres, pleine de rage et de tristesse, et je me sentais seule, abandonnée et oubliée. Empreinte de honte, je mettais ma capuche parce que je ne voulais pas que les gens me regardent, voient qui j’étais et constatent que je parlais à peine, assise en retrait, effrayée, peu sûre de moi et passant inaperçue. Je vivais dans une ville où le taux d’homicides chez les personnes des Premières Nations est élevé. Un pont brûlé et jamais réparé sépare la communauté locale des Premières Nations de celle de la ville; une représentation physique de la relation qui existe entre le peuple des Premières Nations et les non-autochtones. Les étrangers se sentaient libres de faire des commentaires à connotation raciste; ils menaçaient les personnes qui me sont chères, et ils me menaçaient.

Comment espérer s’en sortir quand c’est tout ce que vous connaissez de la vie? Et je peux vous assurer que je n’étais pas la seule à éprouver un tel sentiment. Je suis donc devenue une fugitive. J’ai fui les choses qui me blessaient car, honnêtement, qui aurait voulu vivre cette vie?

La seule chose à laquelle je me sois accrochée est l’éducation; je savais que c’était mon unique porte de sortie. Les études m’ont appris que je ne suis pas responsable de la vie qui m’a été donnée et que j’ai le contrôle sur ce qui peut arriver dans le futur. J’ai entrepris un parcours que je n’aurais jamais imaginé suivre dans la vie. Une partie de moi croit encore aujourd’hui, un an plus tard, que ce n’est qu’un rêve que quelqu’un va emporter, que cette situation n’est que temporaire. Je connais cependant les leçons que j’ai apprises, et je sais que je porterai toujours dans mon cœur l’amour et la bonté qui m’ont été donnés.

Ce parcours s’intitule Feathers of Hope (les plumes de l’espoir), et il s’agit d’un mouvement des Premières Nations dirigé par des jeunes comme moi. J’ai été recrutée en tant que motivatrice au bureau de l’intervenant provincial en faveur des enfants et des jeunes, sans m’attendre à tirer quoi que ce soit de cette expérience. Je croyais tout savoir de la famille, des amis et de la communauté, mais rien savoir du plus vaste monde, croyez-le ou non. Ce parcours m’a menée en des lieux que je ne pensais jamais connaître, dont je ne croyais pas être digne. Maintenant, lorsque je me tiens devant une assemblée pour parler des possibilités qu’offre le mouvement Feathers of Hope et de ce que cela signifie pour moi et dans le cœur des gens qu’il a touchés, je sens mes cheveux se dresser lentement sur ma nuque. Le mouvement Feathers of Hope m’a appris ce que sont la famille, les amis et la communauté. Il m’a montré que des gens à l’extérieur se soucient des personnes telles que moi. Il m’a apporté de l’espoir et a surtout montré à d’autres jeunes en difficulté qu’il y a aussi de l’espoir. Je continue de faire ce travail qui consiste à instruire les autres, car je me souviens de l’époque où je me sentais désespérée. Je veux qu’ils sachent que le monde a tellement plus à offrir.

Feathers of Hope (les plumes de l’espoir) est une initiative communautaire qui favorise le changement et qui est dirigée par des jeunes. Issu de conversations entre les jeunes et appuyé par l’intervenant de l’Ontario en faveur des enfants et des jeunes, le rapport intitulé Feathers of Hope: A First Nations Youth Action Plan (Les plumes de l’espoir : un plan d’action pour les jeunes des Premières Nations) aboutit à trois recommandations visant à rendre l’espoir bien vivant. UNICEF Canada appuie le droit des jeunes des Premières Nations d’être entendus et travaille en collaboration avec le bureau de l’intervenant de l’Ontario, en plus d’encourager les processus de collaboration permettant d’améliorer le bien-être de tous les enfants au Canada.

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