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Le blogue de David : Mahmoud vit avec dignité dans le camp de réfugiés de Domiz

« En Syrie, nous vivions comme des rois et des reines », raconte Mahmoud, ses yeux se remplissant de larmes.

Puis, il a sombré dans un profond silence.

Mahmoud travaillait en tant que conducteur à Damascus. « Je peux conduire n’importe quoi : des camions, des autobus, des taxis » a-t-il expliqué. Un jour, il est revenu chez lui après sa journée de travail et a trouvé sa rue encombrée de corps.

« On aurait dit une rivière de corps. »

C’est alors que Mahmoud et sa famille se sont réfugiés au camp de Domiz.

Nous sommes assis dans la tente de la famille; la tente de deux familles, en fait. Neuf personnes vivent ici. Ils possèdent un minuscule magasin à l’extérieur, c’est d’ailleurs pourquoi nous sommes venus ici. Je cherchais quelque chose à manger, et avant même que je m’en rendre compte, nous étions passés du magasin à l’intérieur de la tente, où ils nous ont invités à venir prendre une tasse de thé sucré très chaud.

Petit à petit, la famille s’est rassemblée. L’aînée de leurs enfants, leur fille Falak, revenait de l’école que soutient l’UNICEF et commençait à faire ses devoirs. La femme de Mahmoud, Rosala, accompagnée de leur plus jeune fille, revenait de faire des courses. Le système de coupons alimentaires leur permet d’obtenir des coupons pour se procurer de la nourriture au marché local, au lieu de recevoir des sacs d’aliments. Cette façon de fonctionner coûte moins cher et accorde aux personnes réfugiées une plus grande liberté.

« Les enfants avaient si peur lorsque nous étions à Damascus. S’ils entendaient un avion, ils couraient vers nous. Ils ne dormaient plus la nuit. Ils sont plus calmes maintenant, nous sommes davantage en sécurité ici. »

La situation comporte tout de même son lot de difficultés. « Il n’y a pas assez d’eau potable. Tout devient si sale ici. En plus, il y a de l’eau contaminée à trop d’endroits; cela peut rendre les enfants malades. »

Nous fournissons de l’eau potable dans le camp, mais il est difficile de combler les besoins. Le nombre de personnes réfugiées syriennes en Iraq a triplé au cours des six derniers mois, et nous prévoyons qu’il doublera encore d’ici la fin de l’année. Le camp de Domiz a été bâti avec une capacité d’accueil de 22 000 personnes et, à l’heure actuelle, c’est deux fois ce nombre de personnes qui vivent dans le camp. Nous procurons de l’eau potable et des installations sanitaires à près de 30 000 personnes, ce qui équivaut à bâtir et opérer un réseau d’alimentation en eau pour la population de Charlottetown et de l’Île-du-Prince-Édouard en seulement 12 mois, mais cela ne suffit pas. La situation donne l’impression que la communauté mondiale a oublié toutes ces personnes, ce qui se traduit par un manque de fonds pour venir en aide à tous ceux et celles souffrant de cette crise.

Les personnes réfugiées à Domiz ne font pas qu’attendre qu’on leur donne ce dont ils ont besoin. Mahmoud et Rosala veulent de l’eau potable, oui, mais, comme l’explique Mahmoud lui-même : « Je veux surtout trouver du travail. Je dois faire quelque chose pour subvenir aux besoins de ma famille. »

Trop souvent, les camps de réfugiés sont perçus comme des endroits où ceux et celles qui s’y trouvent ne font qu’attendre qu’on leur donne ce dont ils ont besoin. Ici, ce n’est pas le cas. Oui, les personnes réfugiées sont traumatisées; ils ont dû fuir la plus violente guerre qui sévit actuellement. Oui, ils ont besoin d’aide, mais ils sont aussi en train de reprendre le contrôle de leur vie; on peut le voir dans ces petits magasins plantés devant les tentes, dans ces abris qui étaient autrefois des tentes et qui sont maintenant faits de blocs de ciment, dans le kiosque servant du donerkébab où nous avons mangé des falafels pour dîner. Ces personnes veulent se bâtir une vie meilleure.

« Nous voulons retourner chez nous », admet tout de même Mahmoud, son beau visage laissant paraître sa fatigue. « Nous avons peur de retourner chez nous, et nous ne savons pas ce que sera la suite des choses, mais en attendant, mes enfants doivent aller à l’école. Je veux que mes filles sachent lire, et je veux que la paix revienne pour que nous puissions retourner chez nous. »

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