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Que signifie la hausse du prix des aliments pour les personnes les plus vulnérables du monde?

par David Morley,
président et chef de la direction d’UNICEF Canada

Vendredi le 7 octobre 2011 – Bien que distraits par la crise économique, nous faisons tout de même face à une crise plus redoutable qui menace encore plus de personnes : la crise alimentaire engendrée par la hausse du prix des aliments. Au cours des trois dernières années d’incertitude économique, qui ont été marquées successivement par la chute, la reprise et un nouveau plongeon des marchés, nous avons assisté au phénomène inverse dans le domaine du prix des aliments, soit une hausse suivie d’une baisse et d’une nouvelle hausse. À la fin de 2010, le prix des aliments de base dépassait de 60 pour cent leur niveau de 2007, provoquant ainsi une situation de vie ou de mort pour les moins nantis du monde.

Il ne s’agit pas dans l’immédiat d’une pénurie alimentaire mondiale, car les producteurs parviennent à répondre à la demande mondiale. Deux cents ans après les sombres prédictions de Malthus quant à l’imminence d’une famine en Angleterre et malgré une population mondiale largement supérieure à ce que le digne révérend aurait pu imaginer, nous parvenons encore à produire suffisamment d’aliments pour nourrir tous les êtres humains à l’échelle mondiale.

Dans le domaine de l’alimentation, nous ne récoltons cependant pas tout ce que nous semons. En raison des infrastructures déficientes, l’état lamentable des routes rurales et les installations d’entreposage inadéquates des pays en développement, 40 pour cent des récoltes sont, dans de nombreux cas, perdues en cours d’entreposage et de transport. Les pertes sont élevées au Canada aussi, mais elles sont attribuables au gaspillage plutôt qu’à l’entreposage et au transport.

On détourne des cultures vivrières de la production d’aliments au profit de la fabrication de biocarburants. Bien que l’espoir d’arriver à créer des biocarburants fabriqués à partir de matières non alimentaires ou de résidus d’aliments soit bien vivant, pour l’instant, cette activité contribue à la hausse du prix des aliments.

La spéculation sur les marchés alimentaires aggrave également le changement des prix. À l’industrialisation du secteur agroalimentaire s’ajoute le fait que le financement des denrées et de l’agriculture donne lieu à des excès comparables à ceux qu’on a observés pendant la crise financière, ainsi qu’à l’achat et à la vente de contrats à terme sur marchandises.

Bien sûr, les changements climatiques n’améliorent pas non plus la situation : les sécheresses, les inondations et les tempêtes sont plus dévastatrices que jamais. Ces conditions extrêmes ne facilitent pas la tâche aux producteurs alimentaires. Il est cependant étrange que les Canadiens et les Canadiennes ressentent et déplorent davantage les retombées de la hausse des prix pétroliers que celles de la hausse du prix des aliments. Cette situation est attribuable au fait que nous vivons dans l’un des quatre pays où les familles consacrent moins de dix pour cent de leur revenu à l’alimentation.

Ailleurs dans le monde, les familles sont moins privilégiées. Au Kenya, par exemple, les familles consacrent la moitié de leur revenu à l’alimentation. En Somalie, cette proportion s’avère encore plus élevée. Lorsque des consommateurs et des consommatrices qui consacrent déjà plus de la moitié de leur revenu à l’alimentation et ont un apport calorique inférieur au nôtre font face à une hausse du prix des aliments, la situation devient critique.

Quand on est peu nantis, comment réagit-on à la hausse du prix des aliments? Dans le jargon du développement, on parle de « mécanismes d’adaptation », une expression aseptisée qui masque les choix horribles auxquels sont contraintes les personnes les plus vulnérables du monde.

Quand on doit se serrer la ceinture, que fait-on? On mange moins, on réduit ses frais médicaux, on cesse d’envoyer les enfants à l’école pour qu’ils puissent travailler et rapporter un peu – de moins en moins – d’argent, sans compter que le travail est souvent dangereux.

En d’autres mots, afin que notre estomac comprenne bien :
Si on a l’habitude de prendre trois repas par jour, on devra peut-être se contenter de deux.
Si on a l’habitude de prendre deux repas par jour, on devra peut-être se limiter à un seul.
Si on a l’habitude de prendre un repas… faites le calcul.

Actuellement, aucune crise à l’échelle mondiale n’est aussi grave que celle qui existe dans la Corne de l’Afrique, dont la population est en proie à la famine.

Cette semaine, je serai au Kenya. Je partagerai avec vous des histoires de familles et d’enfants qui luttent pour leur survie. J’espère que, vous aussi, vous les partagerez avec d’autres personnes pour qu’on ne les oublie pas.