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En République démocratique du Congo, l'UNICEF et ses partenaires aident les enfants déplacés en raison de conflits, à recevoir une éducation

2011-01-03

Par Vivian Siu

WALIKALE, République démocratique du Congo, le 20 décembre 2010 - Ujumbe Kiwabantu et sa famille ont été déplacées, il y a deux ans, en raison du conflit qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). Ils ont alors fui leur foyer et sont allés vivre avec des parents éloignés à Walikale, un territoire isolé se trouvant dans une forêt pluviale.

VIDÉO : Visionnez une courte vidéo filmée par Vivian Siu, une correspondante de l’UNICEF, portant sur une initiative visant à éduquer les enfants déplacés en raison des conflits en RDC.  
 

« Nous sommes venus ici parce que les soldats venaient toujours dans notre village pour piller », a expliqué Ujumbe, âgée de 12 ans.

« Nous nous sommes enfuis parce que c’était la guerre, tout le temps », a ajouté sa mère, Bawli Apoline.

L’incertitude règne

 

 

UNICEF Image  
© UNICEF  
Ujumbe Kiwabantu, âgée de 12 ans, tient un cahier, car elle a repris ses études à Walikale, en RDC. Il y a deux ans, sa famille a dû fuir en raison de la violence.  

La RDC, un vaste pays de la taille de l'Europe de l'Ouest, est enlisée dans la guerre et les conflits politiques depuis des décennies. Depuis 1999, les Nations Unies y tiennent leur plus importante mission de maintien de la paix. Le pays est également le deuxième pays le plus pauvre du monde; 59 pour cent de la population vivant sous le seuil international de la pauvreté de 1,24 dollar par jour.

 

Les familles congolaises vivent dans un contexte imprévisible et dans une situation de continuelle incertitude. À tout instant, leur vie peut être bouleversée. Par conséquent, offrir une éducation de qualité aux enfants devient très difficile.

« Il est très difficile d'enseigner dans une situation instable comme celle qui sévit à Walikale », a expliqué l'un des professeurs d'Ujumbe, monsieur Bernard Zirhumana Muzirhu. « Un groupe armé peut surgir à tout moment et vous devez alors prendre la fuite avec les élèves et arrêter les cours ».


Un environnement protecteur

 

 

  UNICEF Image
  © UNICEF
  L'ONG italienne AVSI, partenaire de l'UNICEF, offre une formation psychosociale au personnel enseignant de Walikale en RDC, afin de leur fournir des moyens afin de travailler adéquatement auprès des élèves déplacés en raison du conflit.

En RDC, le taux brut de scolarisation dans les écoles primaires, c'est-à-dire la proportion d'enfants de tout âge inscrits à l'école primaire, est passé de presque 100 pour cent il y a 30 ans, à 64 pour cent en 2005. Le taux brut de scolarisation pour les filles est aujourd'hui de 58 pour cent et le taux net de scolarisation, qui mesure la proportion d'enfants en âge d'aller à l'école primaire inscrits dans les classes d’enseignement primaire, est encore plus faible. De plus, davantage de garçons que de filles sont inscrits à l'école.

 

Avec l'appui du gouvernement des Pays-Bas, l'UNICEF et l'ONG italienne AVSI collaborent à la réalisation d’un programme visant à assurer une éducation en situation d'urgence afin de permettre aux enfants vivant en RDC de
poursuivre leurs études et d’ainsi d’avoir une certaine stabilité dans leur vie pendant cette période difficile. 

Ce programme fait partie d'une initiative visant à assurer une éducation dans les pays en situation d'urgence et en transition suite à une crise, afin de dispenser une éducation de base de qualité à tous les enfants.

« L'école est un milieu protégé », a affirmé Elena Locatelli, responsable de l’éducation à l'UNICEF. Elle souligne que quelques heures passées en classe chaque jour gardent également les enfants « occupés et leur permet de participer à des activités qui leur font oublier les situations difficiles qu’ils ont vécues ».

Changement dans la philosophie de l'enseignement

 

 

UNICEF Image  
© UNICEF video  
À Walikale, en RDC, Ujumbe Kiwabantu, qui se trouve au centre de la photo, est assise avec sa famille à l'extérieur de leur habitation temporaire.  

En participant à des activités de groupe, les enfants peuvent s'exprimer et canaliser leurs traumatismes grâce à la chanson, la poésie et la danse. AVSI forme ainsi des enseignantes et des enseignants à devenir complices de l’épanouissement des enfants déplacés et vulnérables. À Walikale, la formation a engendré d'importants changements dans la philosophie et la pratique de l'enseignement.

 

« Avant, nous aurions fouetté les enfants », a expliqué Bernard Zirhumana Muzirhu. « Grâce à la formation psychosociale, les enseignantes, les enseignants et les élèves sont maintenant des amis et nous n'utilisons plus le fouet ».

Le programme d'éducation dans les situations d'urgence remet les écoles en état et fournit du matériel scolaire ainsi que des trousses de jeux afin que les élèves participent régulièrement aux activités qui sont indispensables à leur développement physique, mental, psychologique et social. De plus, ces dernières années, le programme a fourni des trousses pédagogiques à plus de 130 000 enfants dans la province du Nord-Kivu, qui est ravagée par les conflits.

À la recherche de stabilité

Néanmoins, Ujumbe s'inquiète pour son avenir. Elle craint que sa famille soit de nouveau déracinée en raison de la violence. « J'aime aller à l'école et j'espère terminer mes études, mais j'ai peur qu'une nouvelle guerre ne m'oblige à fuir de nouveau », a-t-elle avoué.

« Je ne sais pas si mes enfants finiront un jour leurs études, et c’est ma plus grande crainte », a admis sa mère.

Ujumbe et sa famille espèrent qu’ils pourront retourner dans leur village, retrouver leur foyer et avoir un avenir prometteur. « Je voudrais que mon pays soit un pays en paix», a ajouté Ujumbe, « pour que chacun puisse rentrer chez soi et être heureux ».

Renseignements:

Stefanie Carmichael, Spécialiste des communications, (416) 482-6552 poste 8866, scarmichael@unicef.ca