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L’Afrique affiche des progrès dans l’éradication du paludisme, mais des efforts considérables demeurent nécessaires

2010-04-21

New York, le 19 avril 2010 – L’échéance du projet « Dix ans pour faire reculer le paludisme » approchant à grands pas, 2010 devrait représenter une année importante dans la lutte contre cette maladie. Il reste un peu plus de 257 jours pour atteindre l’objectif fixé par le secrétaire général des Nations Unies, soit de mettre en place une couverture universelle de lutte contre le paludisme. La mise à jour des progrès du paludisme en Afrique rapporte que certains pays ont presque réussi à l’éradiquer, tandis que d’autres continuent de fournir des efforts concertés pour réaliser les objectifs de couverture pour 2010 et pour réduire de moitié les décès attribuables au paludisme.

Le lancement du rapport sur la situation en Afrique publié dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme 2010, a lieu aujourd'hui à New York, avec la participation de l'UNICEF et du Partenariat Roll Back Malaria (RBM – Faire reculer le paludisme). Deuxième rapport de la collection Progrès et impact publié par RBM, ce document fait ressortir la hausse et l’accélération des progrès que connaît actuellement l’Afrique. Ainsi, entre 2004 et 2009, le financement externe de la lutte contre le paludisme a décuplé, pour atteindre presque 1,8 milliard de dollars en 2009. La production mondiale de moustiquaires pour le lit a quant à elle été multipliée par cinq, pour atteindre 150 millions, alors que la distribution actuelle de 160 000 de thérapies combinées à base d'artémisinine (ACT), représente un taux 30 fois supérieur aux chiffres initiaux.
Il apparait de plus en plus évident que cette couverture accrue réduit considérablement le fardeau que représente le paludisme dans divers pays de l’Afrique.

« L’investissement consacré à la lutte contre le paludisme permet de sauver des vies et présente des avantages multiples pour les pays touchés. Cependant, sans un soutien soutenu et stable, la contribution considérable attribuée à la lutte contre le paludisme au sein des objectifs du Millénaire pour le développement risque de diminuer », prévient la professeur Coll-Seck, directrice générale du partenariat RBM. « À l’heure actuelle, environ un tiers du financement mondial nécessaire permet aux programmes nationaux de sauver un enfant toutes les trois minutes. Certes, ce résultat est très encourageant, mais nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts » a-t-elle ajouté.

Les données présentées dans le rapport confirment que sur les quelque 350 millions de moustiquaires imprégnées nécessaires à la couverture universelle, les pays de l’Afrique en ont reçu près de 200 millions de 2007 à 2009. En outre, certains pays ont opté pour des traitements plus efficaces, mais aussi plus coûteux. Cependant, la proportion d’enfants en Afrique ayant accès aux ACT demeure très faible, et l’on possède peu de données concernant l’utilisation des méthodes de diagnostic.

« Ces collaborations renforcées nous ont permis d’accomplir des progrès significatifs dans la lutte contre le paludisme, explique madame Ann M. Veneman, directrice générale de l’UNICEF. Cependant, nous devons poursuivre nos efforts car en Afrique, cette maladie continue de tuer des enfants et des femmes enceintes, alors qu’il est tout à fait possible de prévenir et traiter la maladie. »

Les deux tiers des fonds versés à la lutte contre le paludisme proviennent du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. S’y ajoutent les fonds externes fournis par l’Initiative du Président des États-Unis contre le paludisme (PMI), la Banque mondiale ainsi que d’autres bailleurs de fonds bilatéraux. La plupart de ces fonds seront versés à l'Afrique, où l’on constate 90 pour cent des décès dans le monde attribuables au paludisme. Le rapport cite que malgré les quelque deux milliards de dollars de fonds recueillis dans le monde en 2009, ceux consacrés à la lutte contre le paludisme restent en deçà du six milliards de dollars par an nécessaires au Plan mondial de lutte contre le paludisme (GMAP) pour assurer une couverture universelle des interventions antipaludiques.

De nombreux pays mettent en œuvre des efforts à grande échelle afin d’augmenter davantage l’accessibilité des interventions de lutte contre le paludisme d’ici la fin de l’année. Ainsi, le Nigeria compte distribuer 60 millions de moustiquaires d’ici la fin de 2010, et la Tanzanie teste actuellement une initiative innovante à la fois publique et privée afin de remédier aux ruptures de stocks des fournitures antipaludiques. Les progrès de la prévention et de la lutte contre le paludisme restent fragiles; il revient aux bailleurs de fonds de décider si les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans le domaine de la santé peuvent être atteints d'ici le Sommet consacré aux OMD qui se tiendra à New-York en septembre 2010.

À PROPOS DE RBM –Le Partenariat Roll Back Malaria (RBM) est une structure mondiale visant à mettre en œuvre une action coordonnée contre le paludisme. De par son caractère neutre, ce partenariat fournit une plateforme idéale pour obtenir un consensus et élaborer des solutions quant aux difficultés de mise en place des interventions et des stratégies de lutte contre le paludisme. Le Partenariat RBM, qui allie les secteurs public et privé, permet également de concevoir des idées nouvelles, puisqu’il soutient les approches innovantes.

En plus d’encourager les hauts responsables politiques à s’engager dans la lutte contre le paludisme, le Partenariat veille à ce que cette question demeure prioritaire au sein des programmes mondiaux. Pour ce faire, RBM concrétise et adapte les initiatives de sensibilisation proposées par ses partenaires. Fondé par l’UNICEF, l’OMS, la Banque mondiale et le PNUD, le Partenariat bénéficie de l’expertise, des ressources et de l’engagement de plus de 500 organisations, qui lui permettent d’adresser des conseils concernant les politiques à adopter et d’apporter un soutien financier et technique aux efforts de lutte contre le paludisme dans les différents pays. Par ailleurs, le Partenariat surveille les progrès réalisés afin d’assurer une couverture universelle.

Renseignements:

Karine Morin, Spécialiste des communications, (514) 288-5134 poste 8425, kmorin@unicef.ca