Skip to main content
UNICEF Canada Close

Aidez-nous à sauver des vies en vous inscrivant

L’abonnement à notre infolettre signifie bien plus qu’une simple inscription à une autre liste d’envois de courriels. En vous y abonnant, vous contribuez à la lutte pour la survie de l’enfant. Vous ferez partie d’un effort mondial visant à protéger les enfants, en toutes circonstances.

Close

Recherche

J’aimerais faire un don :

Observations sur le terrain : Épidémie de choléra

2010-10-27

Saint-Marc, Haïti – Le 22 octobre 2010

Clarena, âgée de 22 mois, est nichée dans les bras de son oncle. Il y a trois jours, sa mère, Rosedani, l’a amenée à l’hôpital Saint-Nicolas, confiant ses sept autres enfants à des parents.

« Je suis très inquiète, admet Rosedani. Très inquiète. »

 

 

Twenty-month-old Clarena has been affected by cholera
© UNICEF Haïti/2010/Marco Dormino
Clarena, dans les bras de son oncle, est traitée pour le choléra à l’hôpital Saint-Nicolas, en Haïti.

Clarena compte parmi les centaines de personnes atteintes de choléra qui sont entassées dans cet hôpital local aux ressources déjà réduites, situé à 70 kilomètres au nord de la capitale haïtienne, Port-au-Prince. Jeunes et moins jeunes sont couchés, hagards et éperdus, sur des lits improvisés et alignés dans la cour de l’hôpital. Ils reposent immobiles, liés à une solution saline administrée par voie intraveineuse afin de traiter la déshydratation. Des parents fatigués tiennent les solutés en l’air. Des hommes, des femmes et des enfants sont étendus, immobiles, et portent des couches afin de contenir l’écoulement constant de leurs fluides corporels.

 

Les personnes qui ne sont pas touchées par la maladie, principalement des membres de la famille et des bénévoles locaux et internationaux, vont et viennent dans la cour encombrée de l’hôpital, les narines pleines de ouate, espérant que cela suffira à les protéger de l’infection. Les portes de l’hôpital s’ouvrent régulièrement pour admettre d’autres personnes infectées, certaines arrivant à l’arrière de camionnettes et d’autres à moto, coincées entre leur père et leur mère.

Il s’agit là du cœur de la première ligne d’intervention dans le cadre de cette épidémie de choléra.

« Nous assistons ici au début d’une épidémie potentiellement plus importante, explique monsieur Jean-Claude Mubalama, chef de la section Santé d’UNICEF Haïti. Une préparation adéquate et la coordination maintenant établie entre les agences humanitaires, ainsi que les représentantes et représentants locaux de la santé, détermineront l’étendue de cette maladie et comment elle affectera les personnes les plus vulnérables, à savoir les enfants, les femmes enceintes et les personnes plus âgées. »

Ce qui a débuté comme une épidémie de diarrhée aiguë vient tout juste d’être confirmée comme étant ce que beaucoup craignaient : le choléra, une maladie bactérienne intestinale provoquant une diarrhée aqueuse et des vomissements. Elle est transmise par l’ingestion d’eau insalubre et d’aliments contaminés. Le traitement adéquat consiste en une réhydratation et en l’administration d’antibiotiques. S’il n’est pas traité adéquatement, le choléra peut rapidement se propager dans tout le territoire.

 

Les représentants et les représentantes du ministère de la Santé estiment à 115 le nombre de personnes décédées depuis lundi et à 1 040, celui des personnes qui ont été hospitalisées en Haïti. Au moins la moitié de ces personnes, venues de communautés éloignées jusqu’à ce petit centre urbain, ont été admises au cours des 24 dernières heures.

Cette nouvelle situation d’urgence survient à peine plus de dix mois après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier qui a enlevé la vie à quelque 300 000 personnes et a laissé 1,3 million de personnes sans-abri dans cette petite nation des Caraïbes. Elle suit également les récentes inondations dans la région de l’Artibonite, au nord de Port-au-Prince, ce qui pourrait rendre encore plus difficiles de contenir l’épidémie.

Les zones directement touchées sont les juridictions de Grande-Saline et de L'Estère, ainsi que la communauté de Saint-Marc elle-même. Bien que l’hôpital Saint-Nicolas soit débordé, les représentants et représentantes de la santé ont déclaré disposer de fournitures en quantité suffisante pour traiter la maladie pendant encore trois jours, si le nombre de personnes infectées admises à l’hôpital n’augmente pas.

Le fait que la plupart des personnes atteintes de diarrhée aiguë soient venues de communautés éloignées indique à quel point la maladie est répandue. Selon les représentantes et représentants du ministère de la Santé, les cas de maladie sont concentrés le long de la rivière Artibonite, s’étendant du sud-est au nord-ouest de Saint-Marc.

Sur le terrain, l’UNICEF et ses partenaires distribuent des antibiotiques, des solutions salines, des comprimés chlorés, des tentes, des couvertures, des trousses de produits d’hygiène et des comprimés de purification de l’eau, en plus d’apporter leur aide à la coordination des opérations.

« Nous ne pouvons surestimer l’importance d’une intervention rapide et immédiate afin de réduire les retombées ultérieures sur les enfants », ajoute monsieur Mubalama.

 

 

Emmanuela waits quietly for additional medication, having already received antibiotics and some sterilized water from a hospital worker. Like so many here at Saint Nicholas Hospital, she and her mother came from outside the city seeking medical care.
© UNICEF Haïti/2010/Marco Dormino
Emmanuela attend sagement un autre médicament en compagnie de sa mère, à l’hôpital Saint-Nicolas, en Haïti.

« Les enfants sont les plus vulnérables lors d’une épidémie comme celle-ci. Nous travaillerons en collaboration avec nos partenaires, dont le ministère de la Santé, afin de mobiliser les interventions communautaires. De simples gestes, comme se laver les mains au savon avant de toucher à de la nourriture et après avoir utilisé les latrines, et ne boire que de l’eau traitée ou bouillie, constituent des moyens simples, mais efficaces de prévenir la propagation de cette maladie. »

 

Cette information aurait pu éviter à Emmanuela, âgée de six ans, assise immobile sur les genoux de sa mère, de contracter la maladie. Emmanuela attend sagement un autre médicament; un travailleur de l’hôpital lui a déjà donné des antibiotiques et de l’eau stérilisée. Comme beaucoup de gens ici, à l’hôpital Saint-Nicolas, sa mère et elle sont venues de l’extérieur de la ville pour recevoir des soins médicaux.

 

Renseignements:

Stefanie Carmichael, Spécialiste des communications, (416) 482-6552 poste 8866, scarmichael@unicef.ca