Budget fédéral 2026 : UNICEF Canada appelle le Canada à se mobiliser pour les enfants, où qu’ils soient
L’engagement du Canada envers les enfants ne peut s’arrêter à nos frontières
TORONTO, le 5 novembre 2026 – En cette période d’incertitude économique et d’instabilité mondiale, investir dans les enfants est un impératif national. Donner aux enfants le meilleur départ possible contribue à bâtir un Canada plus fort. Et investir dans les enfants partout dans le monde contribue à bâtir un monde plus stable, plus prospère et plus sûr.
UNICEF Canada accueille favorablement certains éléments du budget fédéral de 2026, notamment les investissements visant à assurer la sécurité des enfants en ligne et le financement accru destiné aux enfants autochtones. Les investissements plus généraux visant à lutter contre l’itinérance, à améliorer la santé mentale et à réduire l’insécurité alimentaire pourraient également contribuer à améliorer la vie des enfants et des jeunes partout au Canada. Mais des lacunes subsistent. Plus que jamais, le Canada a besoin d’une vision globale, ciblée et à long terme pour améliorer le bien-être des enfants.
Lorsqu’il s’agit de soutenir les enfants à l’étranger, les ambitions du budget semblent toutefois s’arrêter à nos frontières. Selon un récent sondage d’UNICEF Canada et d’Environics (en anglais seulement), 82 % des Canadiennes et Canadiens souhaitent que le Canada en fasse autant, sinon plus, que les autres pays pour aider les enfants des pays les plus pauvres du monde. Pourtant, le budget de 2026 reste largement silencieux sur les mesures que prendra le Canada.
Investir dans les enfants renforce le Canada
Le budget de 2026 prévoit certaines mesures prometteuses pour les enfants qui contribueront à leur donner le meilleur départ possible dans la vie, notamment :
Protéger les droits des enfants en ligne
UNICEF Canada salue le financement prévu dans le budget de 2026 pour appuyer la création d’une Commission canadienne de la sécurité numérique et de la protection des données afin d’assurer la sécurité des enfants en ligne, ainsi que les investissements dans les organismes qui œuvrent à leur protection dans l’environnement numérique. Il s’agit de mesures importantes pour créer un monde numérique plus sûr pour les enfants. Alors qu’une part croissante de l’enfance se vit en ligne, le Canada a besoin d’une approche qui protège les enfants contre les préjudices tout en respectant leurs droits à la participation, à la vie privée et à l’information.
Réduire la pauvreté infantile
UNICEF Canada accueille favorablement les mesures du budget de 2026 visant à lutter contre l’itinérance grâce à un accès accru au logement abordable ainsi qu’à des services intégrés de santé et de soutien social. Ces mesures pourraient améliorer la situation des enfants et des familles en situation d’itinérance. UNICEF Canada exhorte toutefois le gouvernement à aller plus loin pour réduire la pauvreté infantile, notamment en bonifiant les mesures ciblées de soutien au revenu destinées aux familles qui en ont le plus besoin. Le Bilan Innocenti 20 de l’UNICEF révèle qu’un enfant sur cinq au Canada vit dans la pauvreté, ce qui souligne la nécessité d’investissements plus importants et de mesures répondant spécifiquement aux besoins des enfants et des familles.
Éliminer les obstacles auxquels font face les enfants autochtones
UNICEF Canada accueille favorablement les investissements destinés à soutenir les enfants et les familles autochtones, notamment le financement supplémentaire consacré au principe de Jordan et à l’Initiative : Les enfants inuits d’abord. Le gouvernement fédéral doit continuer de travailler avec ses partenaires des Premières Nations, inuits et métis afin de s’attaquer aux obstacles systémiques persistants et de veiller à ce que les enfants reçoivent sans délai les services de santé, les services sociaux et les services éducatifs dont ils ont besoin.
« Le budget de 2026 s’appuie sur des programmes éprouvés qui aident les familles à joindre les deux bouts, à assurer aux enfants une alimentation nutritive et à leur offrir un soutien en santé mentale en temps opportun. Mais les progrès ne sont pas assez rapides. Dans le Bilan Innocenti 20 de l’UNICEF, le Canada se classait au 22e rang sur 37 pays riches en matière de bien-être des enfants. Une stratégie intégrée qui rassemble ces éléments contribuerait à favoriser des enfances plus saines et à bâtir un pays plus fort et plus résilient », a déclaré Sevaun Palvetzian, présidente et cheffe de la direction d’UNICEF Canada.
Une occasion manquée : faire de l’aide internationale un levier de stabilité mondiale
UNICEF Canada déplore que le budget de 2026 demeure largement silencieux quant à la manière dont le Canada soutiendra les enfants dans les pays à faible revenu et les États fragiles. Nous attendons avec intérêt la publication d’une politique étrangère canadienne actualisée, assortie de priorités claires et d’engagements financiers transparents qui permettront de soutenir des programmes essentiels de développement et d’aide humanitaire.
La résilience du Canada passe aussi par un engagement soutenu dans le monde. L’aide internationale permet aux enfants de survivre et de s’épanouir tout en renforçant les systèmes de santé, d’éducation et de protection sur lesquels reposent des sociétés pacifiques et stables.
Le Canada doit préserver des investissements prévisibles et à long terme dans le développement et l’aide humanitaire, notamment dans les programmes de santé, d’alimentation et de vaccination des enfants. Les investissements mondiaux ont contribué à réduire de moitié le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans depuis 2000.
Ces progrès sont trop importants pour être perdus.
La population canadienne appuie le leadership du Canada
Alors que le Canada définit son rôle en tant que puissance moyenne, l’aide internationale constitue un levier essentiel d’une politique étrangère stratégique. Selon un récent sondage de la Fondation Rockefeller (en anglais seulement) mené dans 34 pays, 60 % des répondantes et répondants se disent confiants et à l’aise à l’idée que le Canada joue un rôle de premier plan dans les affaires mondiales. Le Canada arrive ainsi en tête du classement, devant les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.
Les Canadiennes et Canadiens appuient également un rôle de leadership pour leur pays. Le sondage d’UNICEF Canada et d’Environics (en anglais seulement) montre que 63 % d’entre eux estiment que fournir de l’aide internationale pour réduire la faim et les maladies chez les enfants contribue à rendre le monde plus sûr pour tout le monde, y compris pour la population canadienne. De plus, 65 % des Canadiennes et Canadiens disent ressentir de la fierté lorsque le Canada vient en aide aux enfants des pays les plus pauvres du monde.
« Investir dans les enfants est à la fois une question de principe et une décision pragmatique. La sécurité et la prospérité ne se bâtissent pas seulement grâce à la défense et au commerce, mais aussi dans les salles de classe, les centres de santé et les systèmes publics qui donnent aux enfants et aux communautés les assises nécessaires à la paix. Historiquement, le développement international a fait partie de la stratégie du Canada à l’étranger et a contribué à renforcer notre influence dans le monde », a déclaré Mme Palvetzian.
Maîtres de notre destin : placer les droits des enfants au cœur de l’avenir du Canada
Au-delà des différentes mesures budgétaires, UNICEF Canada appelle le gouvernement fédéral à évaluer les répercussions des politiques proposées et des décisions de dépenses sur les droits des enfants. Le budget de 2026 pourrait être renforcé par une approche plus coordonnée faisant du bien-être des enfants un moteur de la résilience nationale. C’est pourquoi le Canada a besoin d’une stratégie nationale pour les enfants et les jeunes, qui fixe des objectifs clairs, coordonne l’action et mesure les progrès. Les enfants et les jeunes doivent contribuer à façonner ce travail. Bien que le projet de loi S-212 n’ait pas progressé, la nécessité d’agir demeure urgente. Les enfants ne peuvent se permettre que cet élan se perde.
Plus largement, être maîtres de notre destin ne peut vouloir dire nous replier sur nous-mêmes. La sécurité, la prospérité et l’influence du Canada dépendent également d’un leadership mondial soutenu, notamment d’investissements dans les enfants et les communautés dont l’avenir contribuera à façonner notre monde commun.
« Un budget ne devrait pas être jugé uniquement en fonction de ce qu’il permet de bâtir aujourd’hui, mais aussi en fonction de l’avenir qu’il rend possible. Les enfants vivront plus longtemps que quiconque avec les conséquences des décisions que nous prenons aujourd’hui. Leur bien-être doit donc faire partie de la façon dont le Canada mesure sa résilience et sa prospérité », a déclaré Mme Palvetzian.
UNICEF Canada continuera de travailler avec le gouvernement fédéral et ses partenaires afin de placer les droits et le bien-être des enfants au cœur des décisions qui façonneront l’avenir du Canada.
Relations avec les médias
Isabelle Bourgeault-Tassé
Responsable principale, relations avec les médias
UNICEF Canada
ibourgeault-tasse@unicef.ca