Le rapport de l’UNICEF, Protecting Children from Violence in Sport (en anglais seulement – Protéger les enfants contre la violence dans les sports) révèle que la violence subie par les enfants dans la pratique de certains sports est considérée comme faisant « partie du jeu » et que les préjudices durables qui en découlent viennent estomper les nombreux effets bénéfiques du sport sur le développement. Des recherches menées au Canada et ailleurs dans le monde laissent entendre qu’un engagement plus ferme en matière de prévention de la violence s’avère nécessaire pour réduire l’exploitation, les blessures et la violence subies par les enfants et attribuables à des adultes ou des pairs.

Le sport et le jeu sont très bénéfiques pour les enfants. La santé, le rendement scolaire et les bienfaits sociaux ne représentent que quelques-uns des nombreux résultats associés aux programmes d’activité physique organisés. En conformité avec la Convention relative aux droits de l’enfant, - (en anglais seulement) l’UNICEF défend sans relâche les droits de l’enfant aux loisirs et au jeu ainsi que le droit de faire entendre son opinion dans la planification et la prestation d’activités sportives.

Il est toutefois de plus en plus évident que le sport n’offre pas toujours un environnement sécuritaire et bénéfique aux enfants. La violence, illégale dans tout autre contexte, est souvent considérée comme acceptable dans les sports. Les enfants font régulièrement face à la violence verbale, physique et sexuelle exercée par des adultes ou des pairs. Le rapport Protecting Children from Violence in Sport s’appuie sur des recherches et des pratiques mondiales en vue de définir les différentes formes de violence qui touchent les enfants, de fournir des exemples de pratiques recommandables et répréhensibles, et de présenter des suggestions aux organisations sportives et autres intervenants et intervenantes afin de les appuyer dans leurs efforts de prévention de la violence.

Les conclusions du rapport sont les suivantes :

  • La prévention de la violence et des blessures n’est pas intégrée systématiquement aux différentes structures de prestations sportives.
  • Les connaissances sur la violence envers les enfants dans le sport présentent de graves lacunes, fournissent peu de données empiriques et manquent d’analyses sur les moyens les plus efficaces de la prévenir.
  • Il faut intervenir sur plusieurs fronts afin de protéger les enfants contre la violence dans le sport, notamment en :
  • élaborant des politiques plus rigoureuses au sein des organisations gouvernementales et sportives fondées sur les droits de l’enfant à la protection contre la maltraitance, l’exploitation et d’autres formes de violence;
  • recueillant davantage de données et en approfondissant les connaissances concernant les déclencheurs de violence et les interventions les plus efficaces;
  • assurant une éducation accrue et plus soutenue, une sensibilisation et une formation visant à créer une culture du respect chez tous les prestataires d’activités sportives, les participants et les spectateurs;
  • élaborant et en mettant en œuvre un code d’éthique et des codes de conduite.

Au Canada, le sport est réglementé par un éventail de politiques fédérales, provinciales et territoriales, et d’arrangements institutionnels qui est assuré par différentes organisations au sein de l’industrie du sport et des communautés sportives. Ces organisations adoptent des stratégies visant à régler le problème du déclin de la participation sportive, à écarter les obstacles à l’accessibilité, à améliorer la place du sport à l’école, à adopter un modèle de développement continu de l’athlète, à améliorer la formation du personnel entraîneur, à encourager le succès aux compétitions internationales ainsi qu’à accorder la priorité à l’éthique et à la sécurité. Plusieurs études récentes ont souligné le taux élevé de blessures subies par les enfants dans la pratique sportive, particulièrement au hockey. Ces blessures sont susceptibles d’entraîner des troubles d’apprentissage permanents ainsi que d’autres séquelles neurologiques et problèmes psychosociaux. Les médias ont rendu publics des cas d’agression sexuelle sur de jeunes joueurs perpétrée dans un climat de contrôle et de pouvoir par des adultes en situation d’autorité. Manifestement, le problème existe et manifestement, le Canada doit faire davantage pour mettre les enfants à l’abri des blessures, des agressions et de l’exploitation dans le sport :

  • Au pays, il n’existe pas de stratégie nationale globale pour les enfants ni de stratégie spécifiquement axée sur les enfants dans le domaine du sport. Le Canada doit adopter une stratégie ou un plan d’action national concernant les enfants sous la gouverne du gouvernement fédéral, incluant un cadre cohérent en matière de protection de l’enfant afin de mettre les jeunes à l’abri de toute forme de violence, d’agression et d’exploitation.
  • De plus en plus d’organismes de recherche s’intéressent à l’exposition des enfants aux blessures dans le sport, mais moins nombreux sont ceux qui mènent des recherches empiriques sur l’éventail complet de violence, d’agression, d’exploitation et de préjudice aux termes de l’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant, (en anglais seulement), y compris la violence et l’exploitation physique, psychologique, émotionnelle et sexuelle, et ce, en vue de guider l’élaboration des politiques et la mise en œuvre d’interventions appropriées au Canada. Dans le cadre de son Initiative de recherche < http://www.pch.gc.ca/pgm/sc/rsrch/index-fra.cfm > Sport Canada doit entreprendre immédiatement une étude approfondie afin de permettre la mise en œuvre d’une politique adéquate et d’un programme approprié.
  • Sport Canada doit lancer une campagne d’éducation et de sensibilisation fondée sur les bonnes pratiques à l’intention des jeunes sportifs, des familles, du personnel entraîneur, des directrices et directeurs sportifs, des équipes de médecine sportive et des organismes ministériels œuvrant dans le sport afin d’y promouvoir une culture du respect.
  • La mise en œuvre de politiques et de pratiques efficaces n’est pas systématique et ne fait pas appel à des mécanismes de responsabilité appropriés. Les ministères gouvernementaux de régie des sports, au fédéral comme au provincial, doivent fixer des normes pour une politique et une pratique éclairée de protection de l’enfant fondées sur une évaluation empirique en plus d’encourager leur adoption et leur application par l’industrie et les organismes communautaires de sport.

AVIS

Le gouvernement fédéral a annoncé l’octroi de financement pour soutenir la mise en œuvre de mesures de prévention des blessures dans les sports et les activités récréatives chez les enfants et les jeunes. Pour en savoir plus!