100 millions de vaccins administrés aux enfants dans le cadre de la plus grande campagne de rattrapage vaccinal
- Lancée à l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination 2023, l’initiative « The Big Catch-Up » a permis de distribuer plus de 100 millions de doses de vaccins à environ 18,3 millions d’enfants dans 36 pays.
- Environ 12,3 millions d’entre eux étaient des « enfants zéro dose », c’est-à-dire qui n’avaient jamais été vaccinés auparavant, et 15 millions d’entre eux n’avaient jamais reçu de vaccin contre la rougeole.
- Cette initiative s’est achevée en mars 2026 et est en bonne voie pour atteindre son objectif : vacciner 21 millions d’enfants. Cependant, les organismes impliqués soulignent que, chaque année, de nombreux nourrissons ne bénéficient toujours pas des vaccins vitaux prévus par le calendrier de vaccination de routine.
Genève/ New York/ Paris, le 24 avril 2026 – L’initiative « Big Catch-Up » (BCU), un effort historique mené sur plusieurs années et dans plusieurs pays pour remédier au recul de la couverture vaccinale – principalement dû à la pandémie de COVID-19 – a permis de vacciner environ 18,3 millions d’enfants, âgés de 1 à 5 ans, dans 36 pays. Avec plus de 100 millions de doses de vaccins vitaux administrées, cette initiative a ainsi contribué à réduire les lacunes critiques en matière d’immunité, ont déclaré Gavi, l’Alliance du Vaccin, l’OMS et l’UNICEF à l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination.
Sur les 18,3 millions d’enfants bénéficiaires du programme entre 2023 et 2025, environ 12,3 millions étaient des « enfants zéro dose » qui n’avaient encore reçu aucun vaccin et 15 millions d’entre eux n’avaient jamais reçu de vaccin contre la rougeole. BCU a également permis de fournir 23 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) aux enfants non vaccinés ou sous-vaccinés, une intervention essentielle pour parvenir à l’éradication de la poliomyélite. La mise en œuvre du programme s’est achevée le 31 mars 2026. Bien que les données définitives soient encore en cours de compilation, l’initiative mondiale devrait parvenir à atteindre son objectif de vacciner au moins 21 millions d’enfants non vaccinés ou sous-vaccinés.
Toutefois, les agences soulignent que, si la vaccination de rattrapage constitue une stratégie importante pour combler les lacunes en matière d’immunisation, l’élargissement de la portée des programmes de vaccination de routine reste le moyen le plus efficace et le plus durable pour protéger les enfants et prévenir les épidémies de maladies évitables par la vaccination.
Combler le fossé de l’inégalité vaccinale
Au-delà de la relance post-pandémique, l’initiative BCU s’est attachée à combler les inégalités en matière de vaccination. Chaque année, des millions d’enfants ne reçoivent pas les vaccins essentiels auxquels ils ont droit avant l’âge d’un an. La plupart d’entre eux vivent dans des communautés fragiles, touchées par des conflits ou mal desservies, et ne parviennent jamais à rattraper leur retard vaccinal en grandissant.
Les 36 pays participants au BCU, répartis en Afrique et en Asie, représentent actuellement 60 % de l’ensemble des « enfants zéro dose » dans le monde. Les perturbations des programmes de vaccination liées à la pandémie ont exacerbé ce problème et, dans ces pays, ont ajouté des millions d’enfants « zéro dose » supplémentaires à ceux qui étaient déjà systématiquement laissés pour compte. Pour remédier à ce problème, l’initiative BCU a dépassé le cadre de la vaccination des nourrissons, en exploitant pour la première fois de manière systématique les systèmes de vaccination de routine afin de réaliser des avancées significatives auprès de la cohorte mondiale d’enfants plus âgés, de 1 à 5 ans — dits « plus âgés » car ils auraient dû recevoir les vaccins essentiels du calendrier de vaccination de routine avant l’âge de 1 an — et qui restent vulnérables en raison de vaccinations manquées.
L’initiative BCU a mis en place de systèmes durables permettant d’identifier, de dépister, de vacciner et de suivre les taux de couverture chez ces enfants plus âgés, y compris par la mise à jour des politiques relatives aux critères d’éligibilité en fonction de l’âge. Les pays ont également formé et sensibilisé les agents de santé afin d’identifier, de dépister et de vacciner les enfants non ou insuffisamment vaccinés dans le cadre des soins de routine, tout en mobilisant les communautés et la société civile pour soutenir les efforts de rattrapage. En élargissant la portée de la vaccination à des millions d’enfants auparavant non atteints et à leurs communautés, et en investissant dans le renforcement des systèmes, l’initiative BCU a permis aux pays de mieux garantir que ces populations, ainsi que d’autres groupes similaires, puissent continuer à bénéficier de services essentiels de santé et de vaccination à l’avenir.
Parmi les pays participants, 12 pays (Burkina Faso, République populaire démocratique de Corée, Éthiopie, Kenya, Madagascar, Mauritanie, Niger, Pakistan, Somalie, Togo, République Unie de Tanzanie et Zambie) ont déclaré avoir atteint plus de 60 % de l’ensemble des enfants « zéro dose » de moins de 5 ans qui n’avaient pas reçu auparavant la première dose du vaccin DTP1. En Éthiopie, plus de 2,5 millions d’enfants précédemment « zéro dose » ont reçu le DTP1. Le pays a également administré près de 5 millions de doses de vaccin antipoliomyélitique inactivé (VPI) et plus de 4 millions de doses de vaccin contre la rougeole, entre autres vaccins essentiels, à des enfants non ou insuffisamment vaccinés. Des pays en dehors de ce groupe ont également atteint un grand nombre d’enfants. Au Nigéria, par exemple, 2 millions d’enfants précédemment « zéro dose » ont reçu le DTP1, et 3,4 millions de doses de VPI ont été administrées, en parallèle de millions de doses d’autres vaccins.
Si ces 36 pays ont bénéficié d’un financement de Gavi et d’un appui technique de l’OMS et de l’UNICEF dans le cadre du BCU, de nombreux autres pays ont eux aussi mené des activités au cours de cette période pour accélérer le rattrapage vaccinal et rétablir les services affectés par la pandémie.
« En tant que plus grande initiative internationale jamais lancée pour vacciner les enfants non vaccinés avec des vaccins vitaux, le Big Catch-Up montre ce qu’il est possible d’accomplir lorsque les gouvernements, les partenaires et les communautés unissent leurs efforts pour protéger les plus vulnérables », a déclaré la Dre Sania Nishtar, directrice générale de Gavi, l’Alliance du Vaccin. « Grâce à cette réussite, non seulement des millions d’enfants sont désormais protégés contre des maladies évitables, mais leurs communautés le sont également, pour les générations à venir. »
« En protégeant les enfants qui n’avaient pas pu être vaccinés en raison des perturbations des services de santé causées par la COVID-19, le Big Catch-Up a contribué à effacer l’une des principales conséquences négatives de la pandémie », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé. « Le succès de cette campagne de rattrapage témoigne de l’engagement des agents de santé et des programmes nationaux de vaccination, désormais mieux armés pour repérer et vacciner les enfants exclus des services de routine. »
« La vaccination sauve des vies », a déclaré Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF. « Cette initiative montre ce qu’il est possible de réaliser lorsque les pays disposent des ressources, des outils et de la volonté politique nécessaires pour fournir aux enfants des vaccins essentiels. Nous avons pu rattraper une partie des enfants privés de vaccination de routine pendant la pandémie, mais beaucoup restent encore hors de portée. Les progrès accomplis grâce au Big Catch-Up doivent désormais être consolidés par des investissements durables dans des systèmes de vaccination solides et fiables, en particulier à l’heure où la rougeole connaît une recrudescence.»
Les défis à venir
Grâce au Big Catch-Up, les pays et leurs partenaires sont parvenus, pour la première fois, à atteindre 12,3 millions d’enfants âgés de 1 à 5 ans n’ayant reçu aucune dose. Mais en 2024, on estime encore à 14,3 millions le nombre de nourrissons de moins d’un an qui, dans le monde, n’ont reçu aucun vaccin dans le cadre des programmes de vaccination systématique.
Si le Big Catch-Up a montré que des progrès sont possibles grâce à un leadership fort, à des investissements ciblés et à un appui coordonné, la réduction durable du nombre d’enfants privés de vaccination nécessitera des systèmes capables d’atteindre, de manière continue, les communautés les plus difficiles d’accès. Cet effort devra se poursuivre dans un contexte marqué par l’augmentation des cohortes de naissance, les conflits et les déplacements de population, les contraintes budgétaires et la pression croissante sur les systèmes de santé.
Les conséquences des insuffisances persistantes de la vaccination systématique sont déjà visibles. Les flambées de rougeole, par exemple, progressent dans toutes les régions du monde : environ 11 millions de cas ont été recensés en 2024, tandis que le nombre de pays confrontés à des épidémies majeures a presque triplé depuis 2021. Cette hausse reflète des lacunes durables dans la couverture vaccinale contre la rougeole, aggravées dans certaines communautés par un recul de la confiance dans les vaccins, y compris là où la couverture était auparavant élevée.
Les campagnes de rattrapage à grande échelle mobilisent des ressources considérables et doivent rester un complément à la vaccination systématique, non s’y substituer. Réalisée au bon moment, conformément aux calendriers nationaux, la vaccination offre la meilleure protection possible et demeure le moyen le plus efficace et le plus durable de protéger les enfants et les communautés.
Pour chaque génération, les vaccins sont efficaces
À l’occasion de la Semaine mondiale de la vaccination du 24 au 30 avril 2026, l’OMS, l’UNICEF et Gavi, en lien avec les pays et les communautés, lancent une campagne conjointe intitulée « Pour chaque génération, les vaccins sont efficaces », appelant les États à maintenir et à élargir la couverture vaccinale à tous les âges.
À mi-parcours de l’Agenda de vaccination 2030 (IA2030) et au cœur de la stratégie Gavi 6.0 pour la période 2026-2030, la priorité demeure inchangée : atteindre les enfants n’ayant reçu aucune dose et faire progresser l’équité vaccinale dans les communautés les plus difficiles d’accès, en particulier dans les pays touchés par les conflits, l’instabilité ou la fragilité des systèmes de santé. Pour maintenir cette dynamique, il sera indispensable de renforcer les investissements nationaux de long terme dans les programmes de vaccination et de garantir des engagements fiables de la part des partenaires et des bailleurs.
À propos de l’UNICEF
L’UNICEF est le plus important organisme humanitaire dans le monde axé sur les enfants. Nous travaillons dans les endroits les plus durs du monde pour offrir une protection, des soins de santé, des vaccins, une éducation, des aliments nutritifs, de l’eau potable et des systèmes d’assainissement de l’eau. En tant que membre des Nations Unies, nous sommes présents dans plus de 190 pays et territoires, un rayonnement unique qui nous permet d’être sur le terrain pour aider les enfants les plus défavorisés. Bien que l’UNICEF fasse partie du système des Nations Unies, son travail, qui consiste à sauver des vies, dépend entièrement de contributions volontaires. Visitez unicef.ca et suivez-nous sur Twitter, Instagram et Facebook.