Alors que l’épidémie d’Ebola franchit le cap des 1 000 cas, près de 3 millions d’enfants et d’adolescents font face à des risques croissants dans l’est de la République démocratique du Congo, alerte l’UNICEF
NEW YORK/KAMPALANEW YORK/KAMPALA/KINSHASA, le 22 juin 2026 – Alors que plus de 1 000 cas d’Ebola ont été confirmés à l’échelle mondiale, environ 2,95 millions d’enfants et d’adolescents âgés de moins de 18 ans – soit 54 % de la population des 31 zones sanitaires touchées – sont exposés à des risques liés à la fois à l’épidémie elle-même et à la perturbation des services essentiels dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a averti aujourd’hui l’UNICEF.
« En Ituri, nos équipes ont rencontré des enfants qui ont perdu leur mère ou leurs deux parents à cause du virus Ebola », a déclaré Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF. « Les enfants tentent de comprendre cette menace alors qu’ils sont confrontés à la propagation de rumeurs et de fausses informations en ligne. »
Alors même que la situation continue d’évoluer, les enfants et les adolescents représentaient, au 19 juin, environ 15 % des cas confirmés d’Ebola et plus de 25 % des décès confirmés dans l’est de la RDC. Or, les enfants et les adolescents atteints par le virus ont près de deux fois plus de risque de mourir que les adultes, un constat qui met en lumière l’impact disproportionné de l’épidémie sur les plus jeunes.
Par ailleurs, bien que les capacités de dépistage se soient récemment améliorées, la recherche et le suivi des contacts restent limités, notamment en raison de l'insécurité qui règne dans la région et des restrictions d’accès. Les estimations actuelles comportent donc encore une marge d’incertitude.
La province de l’Ituri, en particulier les zones sanitaires de Mongbwalu, de Rwampara et de Bunia, demeure le principal foyer de l’épidémie. Des cas ont également été signalés dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. En Ituri, 135 enfants devenus orphelins à la suite de l’épidémie bénéficient à l’heure actuelle d’un accompagnement, notamment d’un soutien psychosocial, d’une orientation vers les services sociaux essentiels et de solutions de protection de remplacement.
La première crèche a récemment ouvert ses portes avec le soutien de l’UNICEF. Cet espace sûr offre des soins et une protection aux nourrissons et aux jeunes enfants séparés de leurs parents et des personnes qui en ont la charge pendant que ceux-ci suivent un traitement dans un centre de prise en charge d’Ebola. Deux crèches supplémentaires devraient ouvrir prochainement.
Bien avant cette flambée épidémique, les enfants de cette province de la RDC étaient déjà particulièrement vulnérables : plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans qu’elle abrite souffrent de malnutrition chronique, la couverture vaccinale y demeure particulièrement faible et plus d’un enfant sur cinq n’a jamais reçu la première dose du vaccin contre la diphtérie, le tétanos et la coqueluche. Dans ce contexte, le virus Ebola représente une menace d’autant plus préoccupante que ses premiers symptômes peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies, notamment ceux du paludisme, retardant ainsi le dépistage. Par ailleurs, la malnutrition chronique augmente le risque de formes graves de la maladie chez les enfants infectés.
Au-delà du risque d’infection et de la perte de leurs parents ou de leurs proches, les enfants sont également confrontés à la stigmatisation et à une détresse psychosociale. Les épidémies de maladies infectieuses accroissent par ailleurs l’exposition des femmes et des filles à différentes formes de violence, notamment aux violences sexuelles. Enfin, les enfants risquent d’être privés des services essentiels dont ils dépendent pour leur survie et leur bien-être, notamment dans les domaines de la santé, de la nutrition, de la vaccination, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement, ainsi que de la protection de l’enfance et des services sociaux.
Or, dans l’est de la RDC, ces risques sont aggravés par le conflit en cours et les déplacements massifs de population, qui exposent les enfants depuis des années à la violence, à l’exploitation et à d’autres menaces pour leur sécurité.
En Ouganda, 20 cas d’Ebola et deux décès ont été confirmés chez des personnes venues de RDC pour se faire dépister et soigner. Les enfants ne sont pas non plus épargnés : un enfant a été testé positif et 19 autres font actuellement l’objet d’une mise en quarantaine.
Dans le cadre des efforts visant à maîtriser l’épidémie en RDC et en Ouganda, l’UNICEF soutient les gouvernements et ses partenaires, notamment l’OMS et les Centres africains de prévention et de contrôle des maladies (CDC-Afrique), en menant des activités de prévention et de contrôle des infections, de recherche des contacts, d’appui à l’organisation d’inhumations sûres et dignes, ainsi qu’en mobilisant les communautés, en particulier les jeunes et les responsables locaux. Parallèlement, l’UNICEF s’efforce de maintenir la continuité des services essentiels, tels que les soins de santé, la nutrition, la vaccination, l’éducation, l’approvisionnement en eau et l’assainissement, la protection de l’enfance et les services sociaux.
Ainsi, pour financer ses interventions au cours des six prochains mois menées dans le cadre du Plan commun de préparation et de riposte pour le continent africain visant à endiguer la propagation de la maladie, l’UNICEF estime ses besoins initiaux à 70,7 millions de dollars É.-U., dont 20 millions restent à mobiliser. L’organisation appelle également à un accès humanitaire immédiat, sûr et durable aux populations touchées.
« Les enfants sont particulièrement vulnérables, car ils dépendent des personnes qui s’occupent d’eux et ne peuvent pas s’éloigner d’un parent, d’un frère ou d’une sœur malade aussi facilement qu’un adulte. Pour mieux les protéger, nous avons besoin d’un accès durable et des ressources nécessaires pour atteindre toutes les communautés concernées par cette épidémie », a ajouté Catherine Russell.
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Note aux rédactions :
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Les données relatives aux cas confirmés d’Ebola et aux décès chez les enfants et les adolescents en RDC proviennent de la plateforme DHIS2.
Les données relatives aux enfants orphelins ont été compilées par la Division des affaires sociales dans le cadre du sous-pilier « Santé mentale et soutien psychosocial »./KINSHASA, 22 June 2026 – As global confirmed Ebola cases reach 1,000, an estimated 2.95 million children and adolescents aged 18 and under – representing 54 per cent of the population in 31 affected health zones – are at risk from Ebola itself and the breakdown of essential services in eastern Democratic Republic of the Congo (DRC), UNICEF warned today.
“Our teams in Ituri have met children who have lost their mothers, and in some cases both parents, to Ebola," said UNICEF Executive Director Catherine Russell. "Children are trying to make sense of the threat while surrounded by rumors and online misinformation.”
Although the situation remains fluid, children and adolescents account for approximately 15 per cent of confirmed Ebola cases and over 25 per cent of confirmed deaths in eastern DRC as of 19 June. Children and adolescents with confirmed Ebola are almost twice as likely to die as adults, highlighting the disproportionate impact of the outbreak on younger populations.
While testing capacity has recently improved, surveillance and contact tracing remain constrained, including by insecurity and restricted access, leaving current estimates with a degree of uncertainty.
Ituri Province, particularly the Mongbwalu, Rwampara, and Bunia health zones, remains the epicentre, with cases also reported in North Kivu and South Kivu. In Ituri, 135 children who have been orphaned by the outbreak are receiving support, including with psychosocial care, referral to essential social services, and alternative care arrangements.
The first nursery has recently opened with UNICEF support – a safe space providing care and protection for infants and young children who are separated from their parents and caregivers while they receive treatment at an Ebola treatment centre. Two additional nurseries are expected to open soon.
Children in Ituri were already vulnerable before the outbreak. More than half of children under five are chronically malnourished, and immunization rates are low with more than one in five never having received a first dose of the diphtheria, tetanus, and pertussis vaccine. These conditions make Ebola especially risky, as early symptoms can mimic other illnesses such as malaria, delaying detection, while malnutrition heightens vulnerability.
Beyond infection and loss of parents and caregivers, children face stigma, and psychosocial distress. Infectious disease outbreaks also increase the risk of violence, including sexual violence, against women and girls. Children may also lose access to the services they depend on – health care, nutrition, immunisation, education, water and sanitation, child protection, and social services. In eastern DRC, these risks are compounded by years of conflict and mass displacement, which have long exposed children to violence, exploitation, and other protection risks.
In Uganda, 20 Ebola cases and two deaths have been confirmed among individuals who travelled from the DRC to seek testing and treatment. Children have also been affected: one child has tested positive, and 19 are under quarantine monitoring.
In DRC and Uganda, UNICEF is supporting the government and partners, including WHO and Africa CDC, to contain the outbreak through infection prevention and control, contact tracing, safe and dignified burials, and community engagement, including with young people and community leaders. At the same time, UNICEF is working to sustain essential services, including health care, nutrition, immunisation, education, water and sanitation, and child protection and social services.
UNICEF is initially seeking US$70.7 million for its six‑month response, with US$20 million still unfunded, as part of the multi-partner Ebola Preparedness and Response Continental Plan to contain the spread of disease. UNICEF is also calling for immediate, safe, and sustained humanitarian access to affected communities.
“Children are especially vulnerable because they depend on caregivers and cannot distance themselves from a sick parent or sibling in the same way that an adult can. To better protect children, we need sustained access, and the resources needed to reach every affected community," added Russell.
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Notes to editors: Download multimedia content here.
Data on confirmed Ebola cases and deaths among children and adolescents in DRC derived from DHIS2 updates.
Data on orphaned children compiled by the Division of Social Affairs under the Mental Health and Psychosocial Support sub-pillar.
À propos de l’UNICEF
L’UNICEF est le plus important organisme humanitaire dans le monde axé sur les enfants. Nous travaillons dans les endroits les plus durs du monde pour offrir une protection, des soins de santé, des vaccins, une éducation, des aliments nutritifs, de l’eau potable et des systèmes d’assainissement de l’eau. En tant que membre des Nations Unies, nous sommes présents dans plus de 190 pays et territoires, un rayonnement unique qui nous permet d’être sur le terrain pour aider les enfants les plus défavorisés. Bien que l’UNICEF fasse partie du système des Nations Unies, son travail, qui consiste à sauver des vies, dépend entièrement de contributions volontaires. Visitez unicef.ca et suivez-nous sur Twitter, Instagram et Facebook.