Investir dans les enfants devrait être le fondement des progrès et du développement au Myanmar
Mis en ligne : 2019/01/30

« Les enfants doivent être la priorité absolue », déclare Henrietta Fore, la directrice générale de l’UNICEF, à l’issue d’une visite de trois jours

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NEW YORK/GENÈVE/NAYPYIDAW/RANGOON, le 30 janvier 2019 – La directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore, a demandé aux autorités du Myanmar d’investir en faveur du bien-être de tous les enfants, afin de bâtir une société plus forte et plus harmonieuse qui favorisera les progrès et la stabilité du pays.

Madame Fore, qui revient d’une visite de trois jours au Myanmar, a rencontré des représentantes et des représentants du gouvernement à Naypyidaw, la capitale, ainsi que des enfants et des familles dans l’État de Rakhine.

« Au Myanmar, plus de 120 000 enfants vivent encore dans des camps sordides en raison des conflits en cours. Ils ont un accès limité aux services d’éducation, de soins de santé ou de protection. De plus, 55 % de tous les enfants vivent dans la pauvreté. Il est temps d’investir dans les enfants les plus vulnérables du pays, quels que soient leur religion, leur origine ethnique ou leur statut relatif à la citoyenneté », a déclaré madame Fore.

Madame Fore a transmis ce message à la conseillère d’État Daw Aung San Suu Kyi et a souligné le besoin urgent d’accorder aux organismes un accès humanitaire régulier et d’élargir la couverture et la qualité des services de base pour tous les enfants, y compris ceux qui vivent dans les zones rurales et les enfants dont la vie est bouleversée en raison du conflit. Elles ont également discuté du rôle crucial que peut jouer l’éducation dans la promotion de la cohésion sociale, de la paix et de la prospérité.

Madame Fore a également rencontré le ministre de la Défense, le lieutenant général Sein Win. Elle a reconnu les progrès réalisés en mettant fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants par les militaires, et a demandé que des plans d’action soient adoptés pour punir les deux nouvelles violations graves des droits de l’enfant pour lesquelles l’armée figurait dans le rapport annuel du secrétaire général des Nations Unies sur les enfants et les conflits armés. Madame Fore a également demandé si le cessez-le-feu actuel pouvait constituer une possibilité pour l’aide humanitaire d’avoir accès à certaines régions, en particulier les États de Shan et de Kachin, afin de vacciner la population.

À Naypyidaw, madame Fore a participé au forum de haut niveau, intitulé « Concrétiser la vision du développement du Myanmar pour chaque enfant ». Elle a souligné les progrès réalisés ces dernières années, dont la vaccination de 14 millions d’enfants contre l’encéphalite japonaise, et a demandé la création de partenariats élargis afin de relever les défis, notamment en donnant des compétences professionnelles et des compétences essentielles aux jeunes dans la vingtaine. La moitié des jeunes âgés de 17 ans entrent dans l’âge adulte en ayant peu, voire pas, d’éducation. Cinquante enfants sur 1 000 meurent avant l’âge de cinq ans. Près de cinq millions d’enfants consomment de l’eau ne provenant pas de sources adéquates. Un enfant sur cinq n’est pas enregistré à la naissance. Elle a promis le soutien de l’UNICEF pour concrétiser les éléments du plan de développement durable du Myanmar axés sur les enfants.

Dans l’État de Rakhine, madame Fore a constaté à quel point les enfants de différentes communautés portent les cicatrices de la violence et des tensions communautaires.

« L’un des camps que j’ai visités a été conçu pour servir d’abri temporaire, mais des familles y vivent depuis plus de six ans. Les conditions de vie sont pour le moins sous-optimales privent les enfants de leur dignité, en plus de les exposer à la violence, à l’exploitation, aux maladies et à la négligence. Les familles sont confinées dans les camps, ce qui les prive de leur moyen de subsistance et entraîne la malnutrition chez les enfants », explique madame Fore.

« Pour les plus jeunes enfants, le confinement est la seule réalité qu’ils connaissent », ajoute madame Fore.

Dans un centre qui procure un soutien alimentaire pour les jeunes enfants dénutris et des conseils aux parents, madame Fore a observé que les mères ne pouvaient pas suivre les pratiques optimales en matière d’alimentation en raison de leur confinement dans le camp, lequel se traduit par un faible revenu familial, un accès limité aux marchés et une diversité alimentaire réduite.

« Les restrictions sévères à leur liberté de mouvement limitent leur accès aux moyens de subsistance et aux services publics, comme les services de santé et d’éducation », explique madame Fore.

Dans le quartier Mingan de Sittwe, la capitale de l’État de Rakhine, madame Fore a visité un programme d’éducation primaire non formelle soutenu par l’UNICEF pour les enfants arakanais qui ont abandonné leurs études ou n’ont jamais été scolarisés, et dont la communauté a été déplacée depuis les violences intercommunautaires de 2012.

L’UNICEF s’emploie également à renforcer la cohésion sociale en faisant la promotion d’une éducation inclusive. En 2018 seulement, un soutien ciblé pour le maintien d’un système d’éducation inclusif a permis aux enfants d’avoir accès à 14 écoles amies des enfants reconstruites ou réhabilitées, pour un total de 30 000 enfants dans l’ensemble de l’État de Rakhine. Un nouveau projet financé par le DFID soutient l’éducation et fait la promotion de la cohésion sociale dans 46 écoles mixtes dans le nord de l’État de Rakhine.

Depuis les violences de 2012, quelque 128 000 musulmanes et musulmans, dont environ 126 000 Rohingyas apatrides, sont toujours dans des camps ou dans des colonies similaires dans le centre de l’État de Rakhine. Les enfants comptent pour au moins 53 % de cette population. De plus, 470 000 autres Rohingyas apatrides non déplacés sont répartis dans dix communes.

Dans le nord de l’État de Rakhine, les restrictions d’accès annoncées au début de janvier par le gouvernement à la suite de la recrudescence du conflit entre l’armée d’Arakan et l’armée du Myanmar bouleversent la vie des enfants dans cinq communes.

Avec près d’un million d’enfants et de familles rohingyas réfugiés de l’autre côté de la frontière, au Bangladesh, madame Fore a demandé aux autorités gouvernementales et à l’armée de prendre les mesures nécessaires pour permettre leur retour volontaire en toute sécurité et dans la dignité, tout en appelant à une solution durable au sort tragique du peuple rohingya, c’est-à-dire s’attaquer aux causes profondes de la crise à l’intérieur même du Myanmar.

À Rangoon, la directrice générale a pris la parole devant des représentantes et des représentants des milieux d’affaires, de la société civile et du gouvernement lors de la conférence commémorative U Thant 2019.

« J’encourage le gouvernement et les entreprises à investir dans l’éducation pour tous les enfants, de tous les États et de toutes les régions. Il n’existe pas de meilleure voie vers la paix que d’aider les jeunes à se forger un avenir meilleur, peu importe qui ils sont ou ce qu’ils ont vécu », a déclaré madame Fore.

Madame Fore a aussi présenté des éléments de Generation Unlimited, un nouveau partenariat mondial associant des entreprises et des jeunes afin de trouver et multiplier de nouvelles solutions destinées à soutenir l’éducation et la formation professionnelle des jeunes.

« Nous devons travailler ensemble pour que les enfants de toutes les communautés au Myanmar puissent entrevoir leur avenir dans le pays », a conclu madame Fore à la fin de sa visite.

Note aux rédactrices et rédacteurs en chef :

Le mardi 29 janvier 2019, l’UNICEF a publié son rapport, intitulé Action humanitaire pour les enfants 2019, dans lequel l’organisme demande 3,9 milliards de dollars US en aide d’urgence pour les 41 millions d’enfants dont la vie est bouleversée en raison d’un conflit ou d’une catastrophe. L’UNICEF demande 59,1 millions de dollars US pour l’aide humanitaire au Myanmar.

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À propos de l’UNICEF

L’UNICEF est le plus important organisme humanitaire dans le monde axé sur les enfants. Nous travaillons dans les endroits les plus durs du monde pour offrir une protection, des soins de santé, des vaccins, une éducation, des aliments nutritifs, de l’eau potable et des systèmes d’assainissement de l’eau. En tant que membre des Nations Unies, nous sommes présents dans plus de 190 pays et territoires, un rayonnement unique qui nous permet d’être sur le terrain pour aider les enfants les plus défavorisés. Bien que l’UNICEF fasse partie du système des Nations Unies, son travail, qui consiste à sauver des vies, dépend entièrement de contributions volontaires. Visitez unicef.ca et suivez-nous sur Twitter, Instagram et Facebook.

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