Mis en ligne : 2026/03/27

Beyrouth, le 27 mars 2026 – « En moyenne, 19 000 enfants sont déplacés chaque jour alors que l’escalade de la violence a contraint 20 % de la population libanaise à fuir en l’espace de trois semaines seulement. Pour se faire une idée de l’ampleur du phénomène, cela équivaut à des centaines d’autobus scolaires remplis d’enfants fuyant pour sauver leur vie toutes les 24 heures.

En moins d’un mois, environ 20 % de la population libanaise a été déplacée. La rapidité et l’ampleur de ce phénomène sont stupéfiantes. À travers le pays, plus d’un million de personnes sont désormais déracinées, et pour beaucoup, il s’agit de la deuxième, la troisième, voire la quatrième fois. Il s’agit d’un déplacement massif, soudain et chaotique, qui déchire les familles et vide des communautés entières de leur substance, avec des conséquences qui se feront sentir longtemps après que la violence aura cessé.

L’épuisement mental et émotionnel qui pèse sur les enfants du Liban est désastreux. Avant même d’avoir eu le temps de se remettre du traumatisme causé par la dernière escalade de violence il y a seulement 15 mois, ils sont à nouveau déracinés de manière brutale. Ce cycle incessant de bombardements et de déplacements aggrave considérablement leurs blessures psychologiques, ancrant en eux une peur profonde et risquant de leur causer des dommages émotionnels graves et à long terme.

Dans un refuge à Beyrouth, j’ai rencontré Zeinab, 11 ans, qui s’était enfuie avec sa famille de la banlieue sud de Beyrouth pour se réfugier dans la même école où ils s’étaient déjà abrités il y a 18 mois.  Elle m’a confié qu’elle n’aurait jamais imaginé revivre ces moments, dormir entourée de tant de monde et entendre le bruit des tirs d’artillerie et des bombardements presque toutes les nuits. Elle souhaite simplement rentrer chez elle, retourner à l’école et retrouver une vie normale.

Aujourd’hui, plus de 135 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays cherchent refuge dans plus de 660 abris collectifs, dont beaucoup sont des enfants. Les conditions de vie sont de plus en plus difficiles. De nombreux ménages déplacés se réfugient dans des lieux informels, surpeuplés et dangereux, notamment des bâtiments inachevés, des espaces publics et des véhicules. La crise économique du Liban et l’affaiblissement des infrastructures limitaient déjà la capacité du pays à répondre aux besoins fondamentaux. Aujourd’hui, ces infrastructures cèdent sous la pression.

Les services essentiels dont dépendent les enfants pour leur survie et leur avenir sont gravement perturbés. Dans des régions comme la Bekaa et Baalbek, les bombardements ont détruit des réservoirs d’eau et des stations de pompage vitaux, privant ainsi des dizaines de milliers de personnes d’un accès à l’eau potable. De plus, avec environ 435 écoles publiques servant désormais de centres d’accueil, la scolarité de plus de 115 000 élèves a été brusquement interrompue.

Le bilan humain de cette escalade est effroyable. À ce jour, au moins 121 enfants ont été tués et 395 ont été blessés. Ceux qui survivent aux bombardements se réveillent face à une réalité humanitaire désastreuse. Nous voyons des familles fuir avec pour seuls biens les vêtements qu’elles portent, contraintes de se déplacer plusieurs fois en quelques jours à mesure que des ordres de déplacement répétés sont émis.

Parallèlement, les infrastructures civiles essentielles, notamment les hôpitaux, les écoles, les ponts et les réseaux d’eau et d’assainissement, dont dépendent les enfants pour vivre, ont été régulièrement attaquées, endommagées ou détruites.

L’UNICEF est sur le terrain et travaille sans relâche aux côtés de ses partenaires et des structures nationales pour venir en aide aux enfants déplacés, hébergés dans des abris ou vivant dans des zones difficiles d’accès. Au cours des dernières semaines seulement, notre Mécanisme d’intervention rapide a fourni des articles non alimentaires essentiels et des kits d’hiver à plus de 167 000 personnes déplacées.

Nous avons livré plus de 140 tonnes de fournitures médicales essentielles aux hôpitaux et mis en service 40 unités satellites de soins de santé primaires afin de garantir que les enfants et les familles dans les abris aient accès aux soins. Nous fournissons une aide d’urgence en matière d’eau et d’assainissement à près de 190 centres d’accueil, et nous œuvrons pour protéger l’avenir des enfants en aidant le ministère de l’Éducation à mettre en place un accès à l’apprentissage en ligne et à aménager des espaces d’apprentissage temporaires.

Cependant, l’aide humanitaire ne peut à elle seule résoudre cette crise. Notre capacité d’intervention d’urgence est gravement affaiblie par les attaques répétées contre les secouristes et les professionnels de santé, et des milliers de familles restent isolées dans des zones difficiles d’accès en raison de problèmes de sécurité et du manque de moyens de transport.

Ce sont les enfants qui paient le prix le plus lourd de ce conflit. Nous appelons de toute urgence à un accès humanitaire sans entrave à toutes les personnes dans le besoin. Nous demandons la fin immédiate des attaques contre les infrastructures civiles, notamment les écoles, les hôpitaux et les réseaux d’approvisionnement en eau. Et plus que tout, les 370 000 enfants déplacés ont désespérément besoin d’un cessez-le-feu immédiat. Ils ne devraient plus avoir à fuir et devraient pouvoir vivre comme des enfants. »

 

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À propos de l’UNICEF

L’UNICEF est le plus important organisme humanitaire dans le monde axé sur les enfants. Nous travaillons dans les endroits les plus durs du monde pour offrir une protection, des soins de santé, des vaccins, une éducation, des aliments nutritifs, de l’eau potable et des systèmes d’assainissement de l’eau. En tant que membre des Nations Unies, nous sommes présents dans plus de 190 pays et territoires, un rayonnement unique qui nous permet d’être sur le terrain pour aider les enfants les plus défavorisés. Bien que l’UNICEF fasse partie du système des Nations Unies, son travail, qui consiste à sauver des vies, dépend entièrement de contributions volontaires. Visitez unicef.ca et suivez-nous sur Twitter, Instagram et Facebook.

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