Raiza, 11 ans, commence sa matinée comme d’habitude. Après s’être levée à 6 heures du matin, elle se dirige vers la salle à manger familiale où sa mère, Silvia, a déjà préparé le petit-déjeuner : du chucula, une sorte de boisson fouettée sucrée à base de plantain, populaire en Amazonie équatorienne.

Après le petit-déjeuner, Raiza aide sa mère à laver la vaisselle avant d’aller nourrir les animaux domestiques de la famille et de ramasser du manioc et d’autres fruits et légumes de leur jardin à Pandayacu, une communauté autochtone de Kichwa, au nord-est de l’Équateur. Silvia est enceinte et devrait accoucher dans les prochains jours. Elle est donc fatiguée et a besoin d’un peu d’aide pour les tâches domestiques.

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[© UNICEF/UNI342340/Pintado]

Cependant, l’arrivée imminente d’un nouveau bébé dans la famille n’est pas le seul changement avec lequel Raiza doit composer. Durant les quelques derniers mois, elle n’a pas pu aller à l’école.

« N’oublie pas de te laver les mains avec de l’eau et du savon quand tu auras fini », rappelle Silvia, alors que Raiza quitte la maison. C’est une phrase familière qu’on entend partout dans le monde en ce moment : un rappel que même dans les lieux les plus reculés de la planète, comme la communauté de Pandayacu, la COVID-19 a bouleversé la vie des jeunes.

COMBLER LE DÉFICIT ÉDUCATIF

Trois mois ont passé depuis la fermeture des écoles dans toute l’Amérique latine et les Caraïbes, et 154 millions d’enfants n’y ont temporairement plus accès. Bien que de nombreux enfants aient pu continuer leur apprentissage à distance, dans les régions les plus reculées comme l’Amazonie équatorienne, l’apprentissage en ligne n’est pas possible.

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[© UNICEF/UNI340943/Kingman]

Sans accès à Internet, sans téléphone cellulaire ni télévision à la maison, Raiza a dépendu des visites hebdomadaires à domicile de son professeur, Doris.

« Raiza est l’une des plus intelligentes parmi mes élèves. Elle m’accueille avec tellement de joie chaque fois que j’arrive chez elle avec mon matériel éducatif! », confie Doris. « Sa mère la soutient aussi énormément et l’aide à faire ses devoirs ».

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[© UNICEF/UNI340934/Kingman]

La pandémie de COVID-19 a révélé l’énorme écart qui existe dans l’accès à l’éducation entre ceux qui vivent dans les zones urbaines et ceux qui vivent dans les zones rurales de l’Équateur. Presque deux tiers des foyers situés dans la campagne n’ont pas de connexion Internet. De ce fait, de nombreux enfants, particulièrement ceux qui vivent hors des agglomérations et des villages, n’ont pas la possibilité de bénéficier des outils d’apprentissage à distance.

C’est là où des enseignants comme Doris interviennent. À l’aide de matériel pédagogique couvrant les sujets habituels, comme les mathématiques, l’histoire, l’espagnol, les activités familiales comme la cuisine et le bricolage, ainsi que les nouvelles consignes de prévention de la COVID-19, les enseignants qui auparavant enseignaient en classe se rendent à présent à domicile pour vérifier les progrès de leurs élèves et leur donner des devoirs.

Le matériel éducatif employé est le prolongement d’un programme qui fut d’abord mis au point dans le cadre de la réponse au tremblement de terre dévastateur de 2016, qui occasionna pour de nombreux enfants des risques de retard dans leur apprentissage à cause de la fermeture de leur école. Ce matériel a été adapté avec le soutien de l’UNICEF et de son partenaire de mise en œuvre, Desarrollo y Autogestión, en vue d’aider quelque 1 200 enfants, comme Raiza, soumis au même risque de prendre du retard sur leurs pairs, du fait de la fermeture des écoles à cause de la COVID-19.

« Nombre de ces enfants vivent dans des situations de vulnérabilité et sont affectés par la migration, la violence domestique, le travail des enfants et parfois des croyances culturelles qui n’accordent pas d’importance à l’éducation des enfants, en particulier, celle des filles », explique Nancy Torres, coordonnatrice du projet Mise à niveau et accélération pédagogique chez Desarrollo y Autogestión.

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[© UNICEF/UNI340942/Kingman]

À 14 heures, Raiza a terminé ses devoirs de la journée et demande à sa mère si elle peut venir avec elle pour aller rejoindre ses cousins près d’une rivière des alentours. La rivière est le lieu préféré de Raiza pour se détendre, nager et pêcher le tilapia.

« Je sais que les enfants ne peuvent pas aller à l’école en ce moment, mais ils continuent d’apprendre à la maison, avec l’aide de leurs parents », ajoute Silvia. « Et ils peuvent en plus jouer près de la rivière et profiter de la beauté de la nature! »

Le projet qui vise à aider les enfants pour éviter qu’ils prennent du retard dans leur apprentissage est soutenu par le principal donateur, Diners Club Ecuador, et le partenaire de mise en œuvre, Desarrollo y Autogestión, et fait partie de la réponse d’UNICEF Équateur visant l’éducation dans le contexte de la COVID-19.

Cette initiative comprend également des dons d’appareils informatiques et de plans de données pour aider les enseignants à rester en communication avec leurs élèves, et la production de programmes éducatifs pour la radio et la télévision, ainsi que la réalisation de guides d’enseignement bilingues et interculturels.

Aidez-nous à soutenir des enfants comme Raiza. Faites un don au Fonds pour la COVID-19 d’UNICEF Canada.


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