Partout dans le monde, les enfants font face à une confluence historique de crises, allant des conflits et des déplacements aux épidémies de maladies infectieuses et à la montée en flèche des taux de malnutrition. Parallèlement, les changements climatiques exacerbent la gravité de ces crises et en déclenchent de nouvelles. 

Dans un monde instable, avec plus d’enfants dans le besoin que jamais et des ressources de plus en plus limitées, il est primordial que l’UNICEF et ses partenaires bénéficient du soutien adéquat. Des interventions humanitaires décisives et opportunes sauvent la vie d’enfants tout en semant les graines du développement futur. 

Le financement thématique humanitaire mondial est une forme de financement très flexible qui permet aux donatrices et donateurs d’appuyer l’UNICEF dans sa réponse rapide et stratégique aux besoins immédiats en cas de crise humanitaire. 

Grâce au financement thématique humanitaire mondial (FTHM), l’UNICEF est en mesure d’apporter une aide aux enfants vulnérables plus rapidement et plus efficacement que dans le cadre d’un financement affecté. Le FTHM permet également à l’UNICEF de décider où allouer au mieux les fonds, ce qui est particulièrement important pour les enfants qui vivent dans les régions les plus sous-financées. Une telle flexibilité est essentielle lors d’interventions dans le cadre de situations d’urgence soudaines et est particulièrement importante pour les situations d’urgence prolongées, où les besoins sont chroniques mais urgents et d’où une grande partie de l’attention de la communauté internationale s’est peut-être détournée. 

Voici six régions où le financement flexible a sauvé des vies. 

Afghanistan 

Un bébé allongé sur un lit tend le bras vers l’objectif en souriant.
Le petit Adela, âgé de dix mois, pointe l’objectif dans le service d’hospitalisation de l’hôpital provincial de Wardak, en Afghanistan. [© UNICEF/UNI422878/Karimi]

En Afghanistan, les besoins fondamentaux de plus de 29 millions de personnes, dont près de 16 millions d’enfants, ne sont pas satisfaits en raison de situations d’urgence en cascade qui sont passées du conflit à la crise politique, au choc économique, à la sécheresse et à une crise de genre. 

L’allocation de FTHM a permis à l’UNICEF de préalablement mettre en place des fournitures essentielles, comme des trousses de produits et d’articles d’hygiène et des comprimés de purification de l’eau, dans les districts à haut risque, et de former ses partenaires en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène (EAH) sur la préparation et l’intervention relatives à la diarrhée aqueuse aiguë. Grâce au récent soutien du FTHM, l’UNICEF est également venu en aide à plus de 90 000 personnes au moyen de campagnes de mobilisation sociale et de campagnes médiatiques axées sur la prévention de la diarrhée aqueuse aiguë et du choléra. 


Le meilleur aspect de ce type de financement est sa flexibilité, qui permet à l’UNICEF d’adapter ses opérations et son aide en fonction des besoins des personnes, en particulier des groupes les plus vulnérables, à savoir les enfants et les femmes. 

Ariana Achakzai, spécialiste des situations d’urgence, UNICEF Afghanistan 


Haïti 

Des enfants en uniforme bleu sont assis à des pupitres; une fille au centre regarde l’objectif avec un léger sourire.
Des élèves sont rassemblés dans une école de Port-au-Prince, en Haïti. [© UNICEF/UNI400176/Rouzier]

Une combinaison mortelle de troubles politiques, d’une recrudescence de la violence armée, de malnutrition et d’une inflation galopante a plongé plus de personnes dans le besoin que jamais auparavant en Haïti. Plus de cinq millions de personnes, soit près de la moitié de la population, ont désespérément besoin d’une sécurité accrue et d’un accès aux services essentiels de base. 

Les fonds flexibles sont particulièrement importants lors de situations d’urgence, car ils permettent à l’UNICEF de réagir lorsqu’une situation change soudainement. En Haïti, ces fonds permettent à l’organisme de continuer de répondre aux besoins en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène dans le cadre de la lutte contre le choléra, notamment en soutenant les coûts de fonctionnement des entités gouvernementales responsables de la coordination globale d’une stratégie de « bouclier EAH », comprenant la chloration de l’eau potable dans les réseaux municipaux et aux points de collecte publics. 

Le FTHM a également permis à l’UNICEF d’apporter un soutien psychosocial aux enfants et aux familles qui se déplacent le long de la frontière. Dans le domaine de l’éducation, l’UNICEF a pu aider environ 26 000 enfants à avoir accès à des salles de classe, notamment en achetant et en transportant des matériaux de construction pour la réhabilitation et la construction en cours des écoles touchées par le séisme de 2021. 


En ce qui concerne l’éducation, nous sommes reconnaissants, car les fonds nous ont permis de répondre aux demandes urgentes du gouvernement, de créer un plan d’urgence et de continuer d’assurer l’éducation des enfants touchés par la crise actuelle et les catastrophes naturelles. 

Inge Vervloesem, cheffe en matière d’éducation, UNICEF Haïti 


Türkiye 

Une femme est assise à une table en compagnie d’un enfant, debout, qui lui montre des jouets.
Sema Hosta, la cheffe des communications d’UNICEF Türkiye, joue avec un enfant dans un espace de l’UNICEF adapté aux enfants à Kahramanmaraş, en Türkiye. [© UNICEF/UN0806130/Karacan]

Lorsque deux tremblements de terre puissants et de nombreuses répliques sismiques ont frappé le sud-est de la Türkiye et la Syrie en février 2023, des millions d’enfants et leur famille ont eu désespérément besoin d’aide. Les séismes ont poussé de nombreuses familles au bord du gouffre, privant les enfants d’un accès aux services essentiels, notamment aux services d’alimentation en eau potable, d’éducation et de soins médicaux. 

Début août, plus de 180 000 personnes vivaient encore dans des sites informels ou dans des abris de fortune avec un accès limité voire inexistant aux services dans les quatre provinces turques les plus durement touchées, à savoir Hatay, Kahramanmaras, Adiyaman et Malatya. Dans ces provinces, environ 340 000 autres personnes vivaient dans des tentes ou des conteneurs, bien que ces chiffres continuent de fluctuer. 

Un financement flexible et opportun a permis au bureau de l’UNICEF en Türkiye de déployer et d’intensifier rapidement ses opérations d’intervention au lendemain des séismes, notamment de créer des centres d’aide qui ont apporté un soutien psychosocial à plus de 500 000 personnes. 

 


Ce financement nous a permis, ainsi qu’à nos partenaires, d’être immédiatement sur le terrain pour procurer des fournitures et des services essentiels, puis, plus tard, de pouvoir rapidement adapter la réponse à l’évolution des besoins et en fonction des commentaires que nous avons reçus des communautés touchées. 

Paolo Marchi, représentant par intérim, UNICEF Türkiye 


Papouasie-Nouvelle-Guinée 

Un enfant appuyé contre un mur bleu regarde l’objectif.
UNICEF Papouasie-Nouvelle-Guinée – Un garçon est assis près d’une fenêtre d’une clinique en Papouasie-Nouvelle-Guinée. [© UNICEF/UNI494319/Moran]

Malgré une croissance économique considérable au cours de la dernière décennie, les enfants et les familles de la Papouasie-Nouvelle-Guinée continuent de faire face à d’importantes difficultés. Le système de santé national est fragile, des centaines de milliers d’enfants ne recevant toujours pas les vaccins essentiels à leur survie, tandis que les taux de malnutrition restent inacceptablement élevés, un facteur sous-jacent persistant de maladie et de décès en particulier chez les enfants âgés de moins de cinq ans. La prestation de services de santé et d’alimentation de base dans certaines parties du pays, y compris dans les régions sujettes aux catastrophes comme celle des Hautes Terres, peut être minime voire totalement inexistante. 

Ces difficultés ont été aggravées par les violences liées aux élections de 2022, qui ont perturbé les systèmes de santé publique déjà vulnérables dans la région des Hautes Terres, déplacé les agentes et agents de santé, et forcé la fermeture des établissements médicaux. 

Le FTHM a permis à l’UNICEF de rapidement venir en aide aux enfants, aux familles et aux communautés vulnérables en facilitant l’achat rapide de fournitures et d’équipement, notamment de poudre de micronutriments et de rubans millimétrés à utiliser à la fois en cas d’urgence et dans le cadre des programmes en cours. 


Le financement flexible a permis à l’UNICEF de soutenir la distribution de trousses de premiers soins, de trousses de sage-femme et de médicaments essentiels aux populations touchées par l’intermédiaire des établissements de santé gérés par le gouvernement et les églises. Cela nous a également aidés à soutenir la prestation intégrée de services de santé grâce à des patrouilles de proximité. 

Dr  Satish Gupta, chef du programme de santé, UNICEF Papouasie-Nouvelle-Guinée 


Pakistan 

Deux hommes portent une boîte brune de l’UNICEF. On voit derrière eux les eaux de crue et un bateau.
Suite aux inondations massives, des fournitures médicales essentielles sont transportées par bateau dans la province de Sindh, au Pakistan. [© UNICEF/UN0717449/Bashir]

Lorsque des inondations dévastatrices ont ravagé le Pakistan en août 2022, des millions d’enfants ont eu besoin d’une aide humanitaire et d’un accès aux services essentiels. 

Bon nombre des districts les plus durement touchés figuraient déjà parmi les plus vulnérables du pays, où les enfants souffraient de grave malnutrition, où l’accès à l’eau et à l’assainissement était limité, et où les taux de scolarisation étaient faibles. La perte d’infrastructures essentielles, notamment de milliers d’écoles et d’établissements de santé, a aggravé ces inégalités préexistantes, exposant encore plus les enfants à la faim et à la maladie. 

Un financement humanitaire flexible a été utilisé en appui aux opérations en cours dans les régions les plus touchées, ce qui a permis à l’UNICEF de préalablement mettre en place des fournitures pour répondre aux besoins immédiats en matière d’eau potable, de santé et d’alimentation. 


Des fonds flexibles nous permettent de préalablement mettre en place des fournitures et d’établir des partenariats afin de pouvoir agir immédiatement en cas d’urgence. Nous pouvons aller dans la région touchée, travailler avec nos partenaires et répondre aux besoins les plus urgents des enfants et des familles. Sans financement flexible, l’UNICEF ne peut pas intervenir. La réaction doit être si immédiate que certaines décisions doivent être prises avant même que ne survienne une situation d’urgence. 

Scott  Whoolery, chef des opérations sur le terrain et des situations d’urgence, UNICEF Pakistan 


Soudan du Sud 

Un enfant regarde directement l’objectif, un doigt sur les lèvres. Il semble un peu fatigué.
Un enfant est assis à un point de transit, où l’UNICEF procure des services de santé, d’alimentation et de protection de l’enfance dans le Haut-Nil, au Soudan du Sud. [© UNICEF/UN0846182]

Avant même que les violences n’éclatent chez son voisin du nord, le Soudan du Sud connaissait sa pire crise humanitaire depuis son indépendance en 2011. Fin 2022, le conflit, les inondations sans précédent, les épidémies et l’insécurité alimentaire et nutritionnelle ont aggravé les besoins chroniques des personnes les plus vulnérables, en particulier des enfants. Avec le début de la crise au Soudan en avril 2023, le Soudan du Sud a également connu un afflux de personnes rapatriées et réfugiées passant par plusieurs points d’entrée le long de la frontière entre les deux pays. 

Des centaines de milliers de femmes et d’enfants sont arrivés au Soudan du Sud, tous nécessitant une forme ou une autre d’assistance immédiate. Beaucoup sont traumatisés, dénutris ou ont besoin de services de santé d’urgence. Ils arrivent dans des communautés déjà extrêmement vulnérables et aux prises avec des crises humanitaires multidimensionnelles. 

Le FTHM a permis au bureau du Soudan du Sud d’intensifier rapidement ses opérations d’intervention dans un certain nombre de secteurs. Il a, par exemple, permis le déploiement de travailleuses et de travailleurs sociaux et contribué à la mise en place rapide d’espaces adaptés aux enfants dans les zones frontalières reculées où plus de 130 000 femmes et enfants fuyant le conflit au Soudan étaient arrivés début août. 


Un financement humanitaire flexible a été primordial pour permettre à l’UNICEF d’augmenter et de déployer rapidement son personnel et de fournir des services immédiats et essentiels à la survie des milliers de femmes et d’enfants malades et fatigués au moment où ils en avaient le plus besoin, et dans les zones où les besoins sont les plus grands. 

Emma Tuck, spécialiste des situations d’urgence, UNICEF Soudan du Sud