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La dernière étape : le rôle du Canada dans l’éradication de la poliomyélite

Two-month-old baby receives the crucial oral polio vaccine (OPV) drops. Algiers, November 2025

© UNICEF/UNI973572/Markemal

Par UNICEF Canada et Rotary International

En 1986, le Canada est devenu le premier pays au monde à financer l’effort mondial visant à éradiquer la poliomyélite. Quatre décennies plus tard, les résultats sont formidables : plus de 20 millions de personnes marchent alors qu’elles auraient autrement été paralysées, plus de trois milliards d’enfants ont été vaccinés, et le nombre de cas de poliomyélite a chuté de 99,9 pour cent à l’échelle mondiale.

Ces progrès sont l’une des plus grandes réussites de l’humanité en matière de santé publique et démontrent ce que des investissements soutenus permettent d’accomplir. L’éradication de la poliomyélite n’a jamais reposé sur un effort ponctuel : elle a exigé un engagement constant de la part des gouvernements, des communautés et de partenaires, sur plusieurs générations.

Lorsque nous franchirons le cap des 99 pour cent et passerons à celui des 100 pour cent, la poliomyélite ne sera que la deuxième maladie humaine jamais éradiquée, après la variole.

La dernière étape vers l’éradication exigera la même détermination collective que celle qui nous a conduits jusqu’ici.

A child recieves a oral vaccine
UNICEF/UNI953724/Shahan

Pas une maladie du passé

Lorsque les systèmes de vaccination fonctionnent, ce sont les résultats invisibles que nous célébrons : les maladies qui n’ont jamais été contractées et les hospitalisations évitées.

« Ne pas la voir au sein de nos communautés ne signifie pas que cette maladie est chose du passé », déclare Safia Ibrahim, une survivante de la poliomyélite et militante pour la santé mondiale.

Après tout, il y a moins de cinquante ans, cette maladie hautement contagieuse frappait des enfants au Canada et dans le monde entier. Il s’agit d’une maladie qui envahit le système nerveux de l’enfant et peut provoquer une paralysie totale en à peine quelques heures. Une infection sur deux cents entraîne une paralysie irréversible, le plus souvent au niveau des jambes.

« J’ai contracté la poliomyélite alors que j’étais toute jeune enfant en Somalie, et cela a changé le cours de ma vie. Je me souviens que je ne pouvais pas marcher alors que les autres couraient, jouaient et allaient à l’école », raconte Mme Ibrahim, qui vit avec les séquelles de la maladie.

« Lorsque je pense à l’éradication de la poliomyélite, je ne pense donc pas uniquement aux statistiques. Je pense aux enfants et aux possibilités qu’ils méritent d’avoir. Car être tout près du but ne signifie pas qu’il est atteint. Tant que la poliomyélite existera, les enfants resteront exposés au risque », ajoute-t-elle.

Pas plus tard qu’en 2022, le virus de la poliomyélite a été détecté dans les eaux usées de Montréal. Cette même année, les États-Unis ont confirmé leur premier cas de poliomyélite depuis des décennies, rappelant ainsi l’importance de maintenir des niveaux élevés d’immunité au sein de la population et l’urgence de stopper la transmission dans les quelques endroits où le virus persiste. Car, dans un monde interconnecté, des systèmes de vaccination robustes à l’échelle mondiale contribuent également à protéger les communautés locales.

La population canadienne reconnaît cette valeur. Un sondage récent commandé par UNICEF Canada a révélé que 63 pour cent des Canadiennes et des Canadiens estiment que contribuer à réduire la faim et la maladie chez les enfants à l’échelle mondiale rend le monde plus sûr pour toutes et tous. Soixante-cinq pour cent des Canadiennes et des Canadiens éprouvent de la fierté lorsqu’ils apprennent que leur gouvernement vient en aide aux enfants des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire.

« Le leadership du Canada a été essentiel aux progrès accomplis pour éradiquer la poliomyélite, et le pays a un rôle important à jouer en poursuivant sa promotion de la santé et ses investissements dans l’ultime effort pour mettre fin à cette maladie », déclare Jennifer Jones, présidente de la Fondation Rotary.

UNICEF/UNI514483/Elfatih

Les vaccins à eux seuls ne suffiront pas à éradiquer la poliomyélite : des systèmes de santé robustes, la confiance de la communauté et des partenariats durables peuvent y contribuer

Bien que la poliomyélite soit extrêmement contagieuse, la bonne nouvelle est que les vaccins sont efficaces, ce qui rend cette maladie entièrement évitable. La difficulté réside dans la vaccination de chaque enfant, y compris de ceux qui vivent dans des communautés isolées ou dans des zones touchées par des conflits, des déplacements de population et des crises, où les services de santé et les chaînes d’approvisionnement en vaccins peuvent être perturbés et leur accès rendu difficile.

L’UNICEF, le Rotary, les gouvernements, les travailleuses et travailleurs de la santé et les communautés ont uni leurs efforts pour mettre en place ces systèmes, renforcer la confiance et créer les partenariats nécessaires pour vacciner les enfants dans ces zones aussi difficiles d’accès. Le travail de l’UNICEF en matière de vaccination comprend la livraison de vaccins, les opérations d’intervention lors d’éclosions de la maladie et la collaboration avec les communautés dans le cadre de campagnes de vaccination et de sensibilisation, afin que plus de 400 millions d’enfants puissent être vaccinés contre la poliomyélite chaque année.

Les retombées de ces investissements vont bien au-delà de la poliomyélite.

« Les systèmes mis en place pour lutter contre la poliomyélite favorisent également la vaccination systématique et aident les pays à détecter et à intervenir en présence d’autres menaces sanitaires et éclosions de maladies », déclare Brittany Lambert, directrice des politiques, de la recherche et de la promotion des droits à UNICEF Canada.

« Nous avons les vaccins, les connaissances et les outils nécessaires pour mettre fin à cette maladie. Il nous faut désormais l’engagement de mener la tâche à bien et de veiller à ce qu’aucun enfant ne voie son enfance gâchée par la poliomyélite », ajoute Safia Ibrahim.

UNICEF/UNI777816/Azizi

Garder le cap est important

Sans l’appui continu de pays comme le Canada et les partenariats à long terme avec des associations et des organismes comme le Rotary International et l’UNICEF, les progrès réalisés dans la lutte contre la poliomyélite n’auraient pas été possibles.

Depuis 1988, l’UNICEF et le Rotary International ont travaillé en collaboration dans le cadre de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP) afin de protéger les enfants contre cette maladie évitable.

« Le Rotary a versé plus de 3 milliards de dollars américains à l’échelle mondiale en appui aux efforts d’éradication, dont plus de 51,6 millions de dollars américains recueillis par les membres canadiens de notre association », déclare Jennifer Jones, avant d’ajouter : « Un monde sans poliomyélite est la priorité absolue du Rotary, et nous continuerons de recueillir des fonds et de sensibiliser le public jusqu’à ce que cet objectif soit atteint. »

Grâce aux efforts soutenus en matière de vaccination à l’échelle mondiale, appuyés par un financement canadien de plus d’un milliard de dollars depuis 1986, dont un engagement récent de 151 millions de dollars visant à mener ces efforts à terme, les histoires comme celle de Safia Ibrahim sont désormais plus rares qu’autrefois.

La transmission de la poliomyélite étant désormais concentrée dans des contextes fragiles, à savoir l’Afghanistan et le Pakistan, la dernière étape vers l’éradication nécessite de nouvelles approches, des investissements soutenus et une collaboration renforcée entre les gouvernements, les organisations humanitaires, les travailleuses et travailleurs de la santé et les communautés.

La modélisation indique que, si les efforts d’éradication étaient abandonnés, la poliomyélite pourrait resurgir, entraînant la paralysie d’environ 200 000 enfants chaque année. Étant très proches de l’éradication de cette maladie, nous ne pouvons pas renoncer maintenant.

La population canadienne peut aider à mettre fin à la poliomyélite

Le Canada a contribué au lancement de la lutte mondiale contre la poliomyélite il y a près de quatre décennies. La dernière étape est peut-être la plus difficile, mais elle est aussi la plus importante.

Vous pouvez vous joindre à nous pour franchir cette dernière étape. Aidez sans relâche et offrez des vaccins contre la poliomyélite aux enfants qui vivent dans des zones fragiles et difficiles d’accès.

« En maintenant les investissements et les partenariats qui nous ont permis d’en arriver là, le Canada peut veiller à ce qu’aucun enfant, où qu’il soit, ne reste exposé à une maladie que nous savons comment vaincre », déclare Brittany Lambert.