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Trois années de conflit au Soudan ont poussé des enfants et des familles au bord du gouffre. Au moins 9,5 millions de personnes ont fui leur domicile, ce qui en fait la plus grande crise de déplacement d’enfants au monde.

Dans la ville d’El Fasher, dans la région soudanaise du Darfour, la violence croissante, l’effondrement des services essentiels et des conditions de vie inimaginables ont contraint de nombreuses familles à fuir. Beaucoup ont trouvé refuge dans des villes comme Tawila, Golo et Rokero, où elles sont arrivées épuisées, affamées et dénutries après des jours de voyage.

Malgré les difficultés, des actes d’humanité extraordinaires continuent de se produire. En première ligne, on trouve, entre autres, des nutritionnistes, des bénévoles, des sage-femmes et des travailleuses et travailleurs sociaux qui s’efforcent d’aider les personnes qui arrivent avec une compassion et une bienveillance extraordinaires.

Leurs histoires révèlent non seulement leur courage, mais aussi comment l’UNICEF travaille à leurs côtés au quotidien, en leur apportant de l’aide, en rétablissant les services essentiels et en aidant les enfants à retrouver sécurité, dignité et le sentiment d’avoir une enfance.

Fadeela

 Une femme portant un foulard rouge regarde l’objectif.

Dans un petit centre de santé et d’alimentation de Golo, Fadeela, nutritionniste, berce sa petite fille dans ses bras tout en s’occupant des mères et des enfants qui attendent des soins essentiels à leur survie. Chaque jour, elle marche pendant plus de 45 minutes pour aller à la clinique et apporter un soutien nutritionnel aux familles déplacées.

« Lorsqu’on nous appelle pour donner des conseils en matière d’alimentation, nous ne pouvons pas refuser car nous ressentons la souffrance de ces mères. À leur arrivée, elles sont extrêmement dénutries, physiquement épuisées et traumatisées », explique-t-elle.

En tant que mère elle-même, Fadeela est déterminée à continuer de soutenir d’autres femmes qui élèvent leurs enfants, malgré les énormes difficultés. « J’imagine toujours que cela pourrait être ma fille qui aurait besoin d’une aide essentielle à sa survie. »

Les programmes d’alimentation de l’UNICEF soutiennent les travailleuses de première ligne comme Fadeela en leur procurant des aliments thérapeutiques, des services d’alimentation mobiles et un traitement élargi pour les enfants souffrant de malnutrition. En 2025, l’UNICEF a dépisté la malnutrition chez plus de 6,8 millions d’enfants, a soutenu plus de 2 540 établissements de santé et 148 équipes mobiles, et a traité plus de 600 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, soit une augmentation d’environ 30 pour cent par rapport à 2024.

Latifa

Dans une tente, une femme portant un foulard violet regarde l’objectif.

Après avoir été déplacée à plusieurs reprises, Latifa est maintenant bénévole dans un espace d’apprentissage sécurisé soutenu par l’UNICEF à Tawila. Chaque jour, elle rencontre des enfants qui portent le poids de la peur, des traumatismes et des pertes qu’aucun enfant ne devrait connaître.

« Cet espace représente la sécurité, les soins et l’amour pour ces enfants déplacés. Ils ont déjà tant vu à un si jeune âge », explique-t-elle.

Le peu de temps qu’ils passent dans cet espace d’apprentissage sécurisé leur apporte joie et bonheur. « Ils gardent de nombreux souvenirs de violence. Ils ont besoin de soutien et de choses qui leur rappellent leur enfance, comme des jeux et des jouets. Ils changent complètement après être venus ici. »

Ayant elle-même vécu des déplacements et perdu des proches, Latifa comprend la douleur des enfants et s’engage à créer un espace sûr où ils peuvent partager, jouer, tisser de nouveaux liens et guérir.

Les opérations de l’UNICEF en matière d’éducation comprennent la réouverture d’écoles, la distribution de fournitures scolaires et la sécurisation des salles de classe afin que les enfants puissent poursuivre leur scolarité malgré la crise. En 2025, l’UNICEF et ses partenaires ont permis à 3,2 millions d’enfants et de jeunes d’avoir accès à une éducation, ont rouvert 13 005 écoles et ont distribué des fournitures scolaires à 1,6 million d’enfants, contribuant ainsi au maintien de l’apprentissage même dans les conditions les plus difficiles.


Aidez l’UNICEF à continuer de procurer des services essentiels à la survie des enfants et des familles au Soudan et dans le monde entier. Faire un don


Amina

Dans une tente, une femme portant un foulard vert regarde l’objectif.

Pour Amina, une sage-femme ayant survécu à un terrible périple de déplacement forcé, le souvenir des enfants morts sur la route reste vivace. « J’ai encore quelque chose à donner, même après avoir tout perdu », dit-elle.

Dans l’établissement de santé où elle travaille, Amina offre des services de soins prénatals et postnatals, aide les femmes à accoucher en toute sécurité, anime des séances de sensibilisation à l’alimentation et veille à ce que les femmes enceintes et allaitantes reçoivent les vitamines et les médicaments essentiels.

« Les femmes arrivent épuisées, affamées et terrifiées. Beaucoup viennent du camp de Zamzam. Elles n’ont ni abri, ni couvertures, rien pour envelopper leurs nouveau-nés », explique Amina. Mais elle s’inquiète aussi des conditions de vie dans les camps où retournent ces femmes. « Les abris surpeuplés et le froid nocturne représentent de graves risques pour les nouveau-nés. »

Chaque soir, Amina rentre chez elle retrouver ses enfants, partageant les mêmes incertitudes que les familles qu’elle accompagne. Pourtant, chaque matin, elle revient. Au milieu du deuil et des déplacements, Amina ne se contente pas de mettre au monde des bébés, elle apporte aussi santé et espoir.

Au Soudan, l’UNICEF soutient des travailleuses et des travailleurs de la santé comme Amina en assurant la continuité des services de soins de santé primaires, en distribuant des vaccins et des médicaments et en déployant des équipes mobiles dans les zones difficiles d’accès. En 2025, l’UNICEF a dirigé la réponse sanitaire nationale, en soutenant 1 400 établissements de santé et en fournissant des soins de santé primaires à 4,5 millions de femmes et d’enfants.

Mahla

Une femme portant un foulard rouge.

Mahla travaille comme assistante sociale dans un espace sécurisé créé pour procurer des services spécialisés aux femmes et aux filles touchées par le conflit.

Mahla a elle-même vécu et été témoin des souffrances que subissent quotidiennement les familles déplacées.

« Je sais ce qu’il faut endurer et quels sont les risques encourus pour atteindre la sécurité. Nous sommes restés sous le soleil, affamés et assoiffés, pendant deux semaines avant d’arriver ici. De jeunes enfants mouraient de faim, car il n’y avait ni nourriture ni ombre », dit-elle.

Dans cet espace sécurisé, elle passe du temps avec des femmes et des filles en leur apportant un soutien psychosocial au moyen de consultations individuelles et de séances de groupe.

« Je ne saurais décrire à quel point cet endroit change la vie des femmes, des filles et des enfants. C’est un lieu où elles se sentent vues, entendues et en sécurité. Les femmes et les filles se traitent les unes les autres comme des sœurs », déclare-t-elle.

Pour Mahla, ce n’est pas du travail, c’est une guérison. « Ensemble, nous nous aidons mutuellement à guérir. »

Les programmes de protection de l’UNICEF au Soudan contribuent à créer un environnement propice à la guérison des traumatismes psychologiques, même dans les conditions les plus difficiles. En 2025, l’UNICEF et ses partenaires ont apporté un soutien psychosocial et en santé mentale à 3,3 millions d’enfants et de responsables parentaux. Plus de 20 000 enfants, dont certains en situation de handicap, ont également bénéficié de services de recherche et de réunification des familles, et de services de soins alternatifs.

La situation globale

Au Soudan, 33,7 millions de personnes, dont 17,3 millions d’enfants, ont besoin d’une aide essentielle à leur survie. Les interventions intégrées de l’UNICEF restent axées sur trois objectifs :

  • maintenir les services essentiels dans les zones de conflit;
  • aider les familles nouvellement déplacées et les communautés d’accueil;
  • préserver les systèmes essentiels d’eau et d’assainissement, de santé, d’alimentation et de protection.

Depuis l’intensification du conflit, les équipes de l’UNICEF procurent :

  • des fournitures médicales, des vaccins et des soins de santé primaires;
  • des services de dépistage de la malnutrition et des aliments thérapeutiques;
  • des services en matière d’alimentation en eau potable, d’assainissement et d’hygiène;
  • une aide en espèces et un soutien essentiel aux femmes enceintes et allaitantes;
  • des services psychosociaux, un soutien à l’apprentissage et des espaces adaptés aux enfants.

Ces interventions, combinées à la résilience des travailleuses et travailleurs de première ligne, font naître l’espoir dans un contexte marqué par les pertes. En tant que chef de file ou co-chef de file des plateformes de coordination pour l’eau, l’assainissement et l’hygiène (EAH), l’alimentation, l’éducation et la protection de l’enfant, l’UNICEF continuera de diriger les efforts collectifs visant à maintenir l’aide humanitaire au Soudan.

Ensemble, nous pouvons aider les travailleuses et travailleurs de première ligne à continuer de procurer des soins de santé, de la nourriture, une éducation et des services de protection là où c’est le plus nécessaire. Faites un don dès aujourd’hui.


Faisal

Dans une tente, un garçon vêtu d’une chemise bleue sourit à l’objectif.

Caption: Il y a deux ans, Faisal, âgé de 6 ans, a fui Omdurman avec sa famille. Aujourd’hui, il fréquente l’espace d’apprentissage sécurisé Al Madina Al Manawara à Al Geneina. « Cet endroit est très bien. Mais j’aimerais avoir un sac à dos et des vêtements d’hiver. »

Al Madina Al Manawara est l’un des 150 espaces d’apprentissage sécurisés soutenus par l’UNICEF au Soudan. Ces espaces redonnent un certain sens de routine, de protection et d’espoir aux enfants comme Faisal et à ceux qui ont presque tout perdu.

Au Soudan, les enfants luttent quotidiennement pour leur survie. En plein conflit, des personnes comme Fadeela, Latifa, Amina et Mahla continuent de rendre la vie supportable malgré les difficultés quotidiennes. Même après avoir tout perdu, elles redonnent espoir, sauvent la vie de nouveau-nés, soignent les malades, instaurent de nouvelles routines pour les enfants, rouvrent des salles de classe et pansent les blessures émotionnelles.

« Il est difficile de croire que, dans toute cette souffrance, il subsiste encore de la beauté et de l’espoir chez des personnes qui ont redéfini ma compréhension de la force et de la bonté. »

— Hiba Ali, spécialiste de l’UNICEF en matière de communication

 


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