Photo-reportage : À l’intérieur du camp de personnes réfugiées de Busuma, au Burundi
À des kilomètres de distance, vous apercevez une lueur blanche sur le sol rouge avant même de comprendre ce que vous voyez. À mesure que vous vous approchez, cela devient plus clair : des tentes.
Des milliers de tentes. Dans les montagnes du Burundi, sur un terrain où l’ancienne forêt semble avoir été passée au rasoir.
C’est le camp de réfugiés de Busuma, qui abrite près de 64 200 personnes fuyant le conflit en République démocratique du Congo voisine. La moitié sont des enfants.
La pénurie se manifeste à plusieurs niveaux. Les personnes arrivées en décembre disposent des tentes les plus solides. Celles arrivées plus récemment vivent dans des tentes qui ne sont guère plus que des branches épaisses recouvertes d’une bâche déchirée, leur offrant un peu d’ombre et un abri.
Le Burundi, le pays le plus pauvre du monde, s’est associé à des organismes humanitaires, dont l’UNICEF, pour faire tout ce qui est en son pouvoir afin de venir en aide à ces réfugiés. Sur place, j’ai constaté qu’il y avait un besoin criant de tout.
Une seule clinique mobile assurait environ 300 consultations par jour, contribuant au traitement des maladies et des blessures, ainsi qu’à la prise en charge des violences sexuelles faites aux jeunes filles. Pour lutter contre une éclosion de choléra en cours, l’UNICEF et ses partenaires ont procuré des pulvérisateurs, des équipements de protection individuelle et des fûts de chlore afin de désinfecter les espaces, notamment les lieux d’accueil.
Seulement la moitié des besoins en nourriture sont satisfaits. Dans une immense tente, des mères tenant leurs enfants dans leurs bras attendaient qu’ils soient examinés et traités pour malnutrition. Elles patientaient à côté de rangées de boîtes d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi fournis par l’UNICEF. Des milliers d’enfants ont également reçu des suppléments de vitamine A.
De nouvelles latrines d’urgence ont été installées, mais en nombre insuffisant, augmentant ainsi le risque de maladies.
L’eau se faisait cruellement rare. Un nouveau forage, qui sera bientôt opérationnel, a été réalisé par l’UNICEF afin d’augmenter l’approvisionnement en eau. En attendant, de l’eau était acheminée par camion plusieurs fois par semaine, mais en quantités nettement insuffisantes.
Chaque personne ne recevait que 6,7 litres d’eau par jour. (À titre de comparaison, les normes humanitaires minimales sont de 15 litres par jour; les Canadiennes et les Canadiens en utilisent environ 223 litres quotidiennement.)
Deux espaces adaptés aux enfants, équipés de jouets et de jeux et proposant des activités sociorécréatives, offraient un lieu sûr où les enfants pouvaient être ce qu’ils sont, des enfants. Un soutien psychosocial et en santé mentale était également offert aux enfants, dont beaucoup avaient déjà vécu des traumatismes inimaginables.
J’ai demandé à l’équipe de l’UNICEF au Burundi combien il faudrait pour combler certaines lacunes sur place afin d’améliorer la dignité et de répondre aux besoins fondamentaux dans ces conditions de vie précaires. Leur réponse? Environ 5,6 millions de dollars américains.
C’est une somme importante, mais pas extraordinaire. Cependant, à l’heure où les gouvernements réduisent leurs dépenses d’aide de plusieurs milliards, il devient plus difficile de combler même les plus petits déficits de financement. Pour venir en aide à cet enfant âgé de 5 ans dans le camp de réfugiés situé dans les montagnes du Burundi.
Un financement flexible, soit des fonds pouvant être utilisés là où les besoins sont les plus grands et provenant des gouvernements et des particuliers, permet à l’UNICEF de mener à bien cette mission. C’est essentiel. C’est grâce à l’appui de nos donatrices et donateurs que nous y parvenons.
(Toutes les données sont celles dont nous disposions le 30 mai 2026.)