Cinq principales priorités politiques visant à défendre les droits de l’enfant en 2020 | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content
Mis en ligne : 2019/12/30

TORONTO, le 30 décembre 2019 Le Canada se classe au 25e rang parmi 41 pays riches en matière de bien-être global des enfants et des jeunes, une position intermédiaire qui demeure inchangée depuis plus d’une décennie. Les enfants canadiens n’ont qu’une seule chance d’avoir une enfance; ils ne peuvent pas attendre dix ans pour voir des améliorations alors qu’ils sont dans une période cruciale de leur développement. Globalement, nous avons fait des progrès pour les enfants, mais il est important qu’aucun d’entre eux ne soit laissé-pour-compte. 

Pour marquer le début d’un nouveau parlement, d’une nouvelle année et d’une nouvelle décennie, UNICEF Canada présente des recommandations réalisables pour améliorer les conditions de vie des enfants au Canada et dans le monde entier.

1. Réduire la pauvreté chez les enfants et les inégalités des revenus

Le gouvernement fédéral peut réduire d’au moins 60 % le taux de pauvreté infantile en bonifiant l’Allocation canadienne pour enfants (ACE) offerte aux familles à faible revenu. Cette mesure permettait d’éviter à 800 000 enfants de grandir dans la pauvreté.

Limiter l’inégalité des revenus est essentiel pour améliorer la situation de tous les enfants dans tous les aspects de leur vie. La 42e législature a fait des progrès au chapitre de la réduction de la pauvreté infantile; la 43e législature peut l’éliminer. Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social a reçu le mandat de bonifier de 15 % l’ACE pour les enfants âgés de moins d’un an. Il s’agit d’un investissement important dans le bien-être des enfants à un moment critique de leur vie.

L’ACE est un puissant facteur égalisateur, mais il a une portée moins grande que les programmes comparables en vigueur dans de nombreux autres pays à revenu élevé. L’ACE réduit la pauvreté infantile d’environ 20 %, mais les pays où les niveaux de bien-être des enfants et des jeunes sont les plus élevés arrivent à réduire la pauvreté infantile de plus de 60 % grâce à des prestations familiales similaires.

2. Amélioration du congé parental et des services de garde

Le Canada devrait faire passer le taux de prestation du congé parental standard de 55 % à au moins 70 % de la rémunération hebdomadaire moyenne et réduire le revenu admissible à un minimum de 2 000 $ en gains assurables pendant la période de référence, peu importe le nombre d’heures travaillées. 

Un nouveau gouvernement qui cherche un terrain d’entente constatera que tous les grands partis fédéraux ont prévu des améliorations aux prestations relatives au congé parental dans leur programme électoral. 

Les Canadiennes et les Canadiens se préoccupent de cette question. Un sondage mené par Fuse Insights pour le compte d’UNICEF Canada a révélé que 77 % des répondants sont d’avis qu’il est important que le gouvernement veille à ce que les nouveaux parents puissent se permettre de prendre suffisamment de temps pour s’occuper de leurs enfants. 

Des 1 500 Canadiennes et Canadiens sondés, trois sur quatre affirment que tous les nouveaux parents devraient pouvoir bénéficier d’un congé parental payé, peu importe le type d’emploi qu’ils occupent au moment de la naissance de leur enfant. À l’heure actuelle, le régime de prestations exclut de façon disproportionnée les mères autochtones et les personnes qui ont un emploi précaire ou atypique.

Six répondants sur dix affirment que 55 % de leur salaire n’est pas suffisant pour prendre un congé parental et que tous ceux qui ont versé des cotisations à l’assurance-emploi devraient pouvoir bénéficier de pareil congé.

Soutenir le développement de la petite enfance aide tous les enfants à s’épanouir, réduit les inégalités et permet aux parents d’avoir un revenu suffisant pour subvenir aux besoins de la famille.

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social est chargé d’élaborer un programme de congé familial payé garanti, l’une des priorités mises de l’avant dans le cadre de la campagne #VotezPourChaqueEnfant d’UNICEF Canada. 

Le ministre est également responsable de la création d’un secrétariat national pour préparer le terrain à la mise en œuvre d’un système pancanadien de services de garde. UNICEF Canada espérait un niveau d’investissement plus élevé, car les enfants et les familles ont besoin de services de garde accessibles et de qualité immédiatement, mais l’engagement envers un cadre national est un important pas en avant. 

La lettre prévoit d’autres développements positifs dans ce domaine, comme le soutien aux éducatrices et éducateurs de la petite enfance, notamment la réduction des coûts des programmes menant à un diplôme en éducation de la petite enfance et des formations connexes. De plus, le ministre a le mandat de créer jusqu’à 250 000 nouvelles places en garderie en dehors des heures d’école pour les enfants de moins de dix ans.

3. Assurer l’équité pour les enfants autochtones

Le gouvernement devait adopter le plan Spirit Bear proposé par la Société de soutien à l’enfance et à la famille des Premières Nations et approuvé par les chefs de l’Assemblée des Premières Nations dans le but de mettre fin de façon permanente à l’insuffisance de financement des services pour les enfants des Premières Nations 

Bien que la lettre de mandat du ministre des Services aux Autochtones ne contient aucun engagement concernant la mise en œuvre le plan Spirit Bear, on demande au ministre « [d’]agir rapidement dans le dossier de l’indemnisation juste et équitable des Premières Nations qui ont subi des préjudices en raison du sous-financement discriminatoire des services à l’enfance et à la famille dans les réserves ». De notre côté, nous demandons au gouvernement fédéral de tenir des consultations sérieuses avec les organisations autochtones à cette fin. 

Les enfants et les familles des Premières Nations vivant dans les réserves et dans les territoires reçoivent des services publics financés par le gouvernement fédéral. Depuis la Confédération, ces services sont bien en deçà de ce que reçoivent les autres Canadiennes et Canadiens. En 2015, la Commission de vérité et réconciliation a publié ses appels à l’action, y compris un appel à la parité pour les enfants des Premières nations, des Inuits et des Métis. Ils ont droit à une part équitable de financement pour les services publics destinés aux enfants, y compris dans les domaines de l’eau potable, des soins de santé, de l’éducation et de la protection. 

4. Placer les enfants au cœur du processus décisionnel

Le gouvernement fédéral a la possibilité de faire participer les jeunes et de leur donner une voix plus forte dans la prise de décision en abaissant l’âge de voter à 16 ans. 

La plupart des politiques publiques touchent directement les jeunes, mais ceux-ci manquent d’influence auprès des gouvernements parce qu’ils ne peuvent pas voter. Les décisions sont meilleures lorsque leurs répercussions sur les jeunes sont prises en compte et que leurs intérêts sont mis à l’avant-plan.

Six répondants sur dix au sondage d’UNICEF Canada mené par Fuse Insights conviennent que le gouvernement devrait évaluer toutes les nouvelles politiques et lois ainsi que les nouveaux programmes gouvernementaux de manière à déterminer leur incidence potentielle sur les enfants et les jeunes. Le gouvernement fédéral peut y parvenir en élargissant l’analyse comparative entre les sexes plus de façon à prévoir une évaluation des répercussions sur les droits de l’enfant dans tous les projets de loi et les budgets.

De plus, les principaux partis s’entendent sur la nécessité de créer une fonction de commissaire à l’enfance. Les députés du Parti libéral, du Parti conservateur et du NPD ont tous présenté des propositions législatives sur cette question lors de sessions parlementaires précédentes. La création d’un commissaire fédéral à l’enfance et à la jeunesse permettrait de faire en sorte que les huit millions d’enfants au Canada aient une voix plus forte à Ottawa.

Or, la lettre de mandat du ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social et celle du ministre de la Jeunesse ne contiennent aucun engagement à cet égard.

5. Être un défenseur des droits de l’enfant de premier plan à l’échelle internationale

La Convention relative aux droits de l’enfant, qui célèbre son 30e anniversaire, se trouve à la croisée des chemins. Les pays du monde entier restent déterminés à respecter les promesses qu’ils ont faites pour défendre les droits de l’enfant, mais les mesures prises par les pays, tant individuellement que collectivement, et les résultats sont inégaux, en particulier pour les enfants les plus pauvres et les plus vulnérables.

Les nouvelles données semblent laisser entendre que les progrès réalisés en faveur des enfants au cours des trente dernières années pourraient être réduits à néant, de nombreux gouvernements et donateurs, voire même des membres du public, se montrant de plus en plus indifférents. Par exemple, un nombre croissant d’enfants vivant dans des zones de conflit sont directement pris pour cibles dans une impunité quasi absolue. Alors que 2019 tire à sa fin, un enfant sur trois dans le monde souffre de malnutrition, un sur quatre vit dans une situation d’urgence humanitaire et 7 000 nouveau-nés meurent encore chaque jour de causes en grande partie évitables.

UNICEF Canada est préoccupé par le fait que la lettre de mandat de la ministre du Développement international ne mentionne les enfants qu’une seule fois. Nous croyons qu’il est impératif que le nouveau gouvernement fédéral place la protection et le bien-être des enfants ainsi que la protection de leurs droits au premier plan dans le cadre de son programme d’aide internationale. Cela signifie qu’il faut honorer les engagements visant à améliorer l’accès aux soins de santé et à une saine alimentation à l’échelle mondiale, principalement chez les nouveau-nés et les enfants. 

Cela signifie également qu’il faut prendre l’initiative et lancer des mesures concrètes à l’échelle mondiale pour combler les lacunes dans l’éducation des enfants vivant dans des camps de réfugiés. Dans la lettre de mandat qui lui est adressée, la ministre du Développement international est appelée à mener une campagne internationale pour veiller à ce que tous les enfants réfugiés ou déplacés puissent obtenir l’éducation dont ils ont besoin et qu’ils méritent. Il s’agit d’une énorme victoire pour les enfants et d’une priorité qu’UNICEF Canada soutient fermement. 

Enfin, le Canada doit continuer de faire avancer les progrès réalisés au cours de la législature précédente en créant une loi qui exige que les entreprises qui font des affaires au Canada identifient, préviennent et signalent les répercussions qu’ont leurs activités sur les droits de la personne au Canada et dans le monde. 

La moitié des répondants au sondage d’UNICEF Canada et de Fuse Insights sont d’accord pour dire que le Canada devrait en faire plus pour défendre les droits et le bien-être des enfants à l’échelle mondiale. Malheureusement, la lettre de mandat de la ministre du Développement international ne mentionne le mot « enfants » qu’une seule fois.


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À propos de la campagne Une jeunesse de l’UNICEF

Dans le but de faire passer le pays de la 25e place au premier rang, UNICEF Canada a lancé l’initiative Une jeunesse qui vise à faire du Canada le meilleur endroit où grandir au monde. En tant qu’organisme des Nations Unies au service des enfants à l’échelle mondiale, l’UNICEF s’efforce d’améliorer les conditions de chaque enfant à travers le monde depuis plus de 70 ans, et a sauvé la vie d’un plus grand nombre d’enfants que toute autre organisation humanitaire. L’initiative Une jeunesse d’UNICEF Canada met à profit cette mission au Canada, en élaborant la nouvelle norme d’excellence pour mesurer le bien-être des enfants et en élaborant et en mettant à l’essai des solutions novatrices pour relever les défis auxquels les enfants sont confrontés. Nous appelons les Canadiens et Canadiennes à passer à l’action et à faire mieux pour les enfants et les jeunes.

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