Les enfants du Yémen connaissent une famine extrême et font face à un manque d’assistance alors que la pandémie de COVID-19 se propage | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content
Mis en ligne : 2020/06/26

SANAA/ADEN/AMMAN, le 26 juin 2020 – Selon un nouveau rapport de l’UNICEF, voilà plus de cinq ans que le conflit au Yémen s’intensifie, et des millions d’enfants dans ce pays pourraient être au bord de la famine en raison d’une insuffisance considérable de fonds en aide humanitaire, à cause de la pandémie de COVID-19.

Le rapport, intitulé Yemen five years on: Children, conflict and COVID-19, affirme que la situation déjà désastreuse pour les enfants risque de s’aggraver considérablement, alors que les infrastructures et le système de santé mis à mal se débattent pour faire face au coronavirus. Le rapport indique que :

  • Au cours des six prochains mois, 30 000 enfants de plus pourraient souffrir de malnutrition sévère aiguë potentiellement mortelle, et que le nombre total d’enfants dénutris âgés de moins de cinq ans pourrait s’élever à 2,4 millions, soit près de la moitié de tous les enfants âgés de moins de cinq ans dans le pays, et une augmentation d’environ 20 pour cent;
  • D’ici la fin de l’année, 6 600 enfants de plus, âgés de moins de cinq ans, pourraient mourir de causes évitables, ce qui représente une augmentation de 28 pour cent*;
  • Le système de santé est sur le point de basculer dans le chaos; après des années de conflit, seulement la moitié des établissements de santé sont opérationnels et ces derniers font face à d’énormes pénuries de médicaments, d’équipement et de personnel;
  • L’accès limité à l’eau potable et aux installations d’assainissement favorise la propagation de la COVID-19; environ 9,58 millions d’enfants n’ont pas un accès suffisant à l’eau potable, aux installations d’assainissement et aux produits d’hygiène;
  • Les écoles étant fermées, 7,8 millions d’enfants n’ont plus accès à l’éducation;
  • La déscolarisation généralisée et la détérioration de l’économie pourraient exposer les enfants à un risque accru de travail des enfants, de recrutement dans les groupes armés et de mariage précoce; les Nations Unies ont rapporté que 3 467 enfants, dont certains sont à peine âgés de dix ans, ont été recrutés et utilisés par les forces et les groupes armés au cours des cinq dernières années.

« Nous ne pouvons pas surestimer l’ampleur de cette situation d’urgence, alors que les enfants, qui se trouvent déjà au centre de la pire crise humanitaire du monde, luttent pour survivre tandis que la COVID-19 se propage. Si nous ne recevons pas un financement de toute urgence, les enfants seront au bord de la famine et beaucoup d’entre eux mourront. La communauté internationale enverra un message signifiant que la vie des enfants dans une nation dévastée par un conflit, la maladie et un effondrement économique n’a tout simplement pas d’importance », a déclaré Sara Beysolow Nyanti, la représentante de l’UNICEF au Yémen.

Le rapport affirme qu’à moins de recevoir 54,5 millions de dollars américains d’ici la fin du mois d’août pour les services de santé et d’alimentation :

  • Jusqu’à 23 500 enfants souffrant de malnutrition sévère aiguë présenteront un risque plus élevé de décès;
  • Jusqu’à un million d’enfants ne recevront pas les suppléments de micronutriments et de vitamine A essentiels à leur survie, et 500 000 femmes enceintes et mères qui allaitent ne recevront pas de suppléments d’acide folique et de fer, et ne bénéficieront pas d’un soutien essentiel en matière d’alimentation, notamment des conseils sur l’alimentation des bébés et des jeunes enfants;
  • Cinq millions d’enfants âgés de moins de cinq ans ne seront pas vaccinés contre des maladies potentiellement mortelles;
  • Jusqu’à 19 millions de personnes, dont un million de femmes enceintes, de mères qui allaitent et leurs enfants, perdront tout accès aux soins de santé.

Le rapport souligne également que, à défaut de recevoir 45 millions de dollars américains, les services essentiels d’alimentation en eau et d’assainissement pour trois millions d’enfants et leur communauté commenceront à fermer à partir de la fin juillet. Cela aura une incidence négative supplémentaire pour les deux millions d’enfants dénutris et plus, qui sont extrêmement vulnérables, et dont l’état nutritionnel risque de considérablement se dégrader si l’aide est interrompue.

L’UNICEF demande au total 461 millions de dollars américains pour son action humanitaire au Yémen, et 53 millions de dollars américains supplémentaires pour sa réponse liée à la COVID-19. Jusqu’à présent, seulement dix pour cent des fonds demandés pour la lutte contre la COVID-19, et 39 pour cent des fonds demandés pour l’aide humanitaire ont été reçus.

L’UNICEF travaille en collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé et avec les autorités yéménites pour fournir une aide essentielle à la survie aux enfants dans le besoin, notamment pour :

  • Maintenir les services de santé généraux et les programmes d’aide humanitaire pour les enfants dans tout le pays, à savoir procurer des services d’alimentation en eau potable et d’assainissement, soutenir l’éducation et protéger les enfants vulnérables de tout préjudice;
  • S’efforcer de supprimer la transmission de la COVID-19 à l’échelle communautaire en diffusant d’importants messages de prévention à la télévision, à la radio et dans les médias sociaux afin de sensibiliser plus de 16 millions de personnes;
  • Se procurer, transporter et distribuer les fournitures nécessaires pour lutter contre la pandémie;
  • Sauver des vies en formant 30 000 travailleuses et travailleurs de la santé dans le domaine de la prévention et du contrôle des infections, et en distribuant des milliers de trousses de produits d’hygiène.

« L’UNICEF travaille sans relâche dans des conditions incroyablement difficiles afin d’aider les enfants en détresse, mais nous n’avons reçu qu’une fraction des fonds nécessaires pour y parvenir. Les enfants du Yémen ont besoin d’une paix durable et de stabilité. Tant que cet objectif n’aura pas été atteint, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour sauver des vies et protéger les enfants », a ajouté madame Nyanti.

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Notes aux rédactrices et rédacteurs en chef :

* La modélisation sur les enfants âgés de moins de cinq ans qui pourraient mourir de causes évitables mentionnée dans le présent communiqué est fondée sur l’étude suivante de la Bloomberg School of Public Health, Johns Hopkins University (JHU) - Robertson, Timothy et coll. : Early estimates of the indirect effects of the COVID-19 pandemic on maternal and child mortality in low-income and middle-income countries: a modelling study, The Lancet Global Health, mai 2020, <https://doi.org/10.1016/ S2214-109X(20)30229-1>, article consulté le 26 mai 2020.

Le rapport intégral et les ressources multimédia peuvent être téléchargés au https://weshare.unicef.org/Package/2AM408P75G61.

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