Cartes de vœux de l’UNICEF : 6 questions à Gérard Paraghamian | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

Gérard Paraghamian s’est bâti une solide réputation d’illustrateur innovateur en art commercial. En plus de créer des illustrations commémoratives et promotionnelles pour de grandes entreprises internationales, Paraghamian a été l’artiste officiel du SkyDome de Toronto et de l’Exposition internationale de Vancouver en 1986. La peinture « Neighbourhood », dont il a fait don à l’UNICEF, a été la carte la plus vendue au Canada. Son vaste engagement philanthropique lui a valu l’Ordre du Canada. Nous avons eu le plaisir d’échanger avec lui sur ses voyages, ses sources d’inspiration et ce que l’UNICEF signifie pour lui.

Comment êtes-vous devenu artiste?

Mon expérience en art a réellement commencé lorsque je suis allé à l’OCAD University en Ontario. Je ne savais pas qu’une telle école existait. Je ne savais pas trop quoi faire de ma vie et même si j’avais peint et griffonné dans ma jeunesse, je ne voulais pas vraiment devenir artiste et vivre de mon art. Je croyais que je crèverais de faim. Nous avons tous entendu le terme « artiste affamé ». Alors, lorsque j’ai entendu parler de l’Ontario College of Art and Design, j’ai pensé : « C’est super. Je vais m’inscrire. Cela me tiendra au chaud pendant au moins quatre hivers! »

Comme je ne voulais pas devenir un artiste vivant dans la pauvreté, j’ai opté pour le dessin publicitaire. J’ai eu la chance de dénicher un emploi dans la deuxième agence en importance au Canada où je suis devenu directeur artistique. Après y avoir passé 15 ans, j’étais complètement désillusionné. Je créais des publicités pour des objets dont, selon moi, les consommateurs n’avaient pas besoin. J’ai donc laissé la publicité et j’ai travaillé à mon compte pendant 18 ans. Parfois, je faisais encore des publicités, mais je choisissais ce que je voulais faire. Je suis arrivé dans le domaine des beaux-arts un peu par chance. J’étais sur le lac Ontario avec un ami qui a un voilier et j’observais Toronto; c’était en 1983. En observant la ville, j’ai eu l’idée de faire une peinture de la rive. Je l’ai intitulée « On the Waterfront - Toronto », mais j’ai pensé que ce ne serait pas la dernière sur ce thème. Je l’ai donc rebaptisée « On the Waterfront - Toronto 1 ». 

Quelles sont les causes qui vous passionnent le plus?

La première cause qui me vient à l’esprit est la pauvreté. Tout simplement parce que j’adore voyager et que pour découvrir le plus d’endroits possible, il ne suffit pas de faire le touriste : il faut aller plus en profondeur. Je suis donc devenu un routard. Je m’envolais vers un endroit et ensuite, je marchais. Je le faisais chaque année. J’allais de plus en plus loin. Et plus j’approfondissais mes voyages, plus je voyais de la pauvreté. La pauvreté est une situation difficile surtout lorsqu’elle touche les enfants. Que vous soyez en Afrique, en Asie du Sud-Est, ou en Amérique du Sud, vous la voyez partout, la pauvreté n’est pas localisée en un seul endroit. J’ai vu ça partout. Les enfants, surtout, me frappent. Ils sont sans défense.

Vous avez fait des publications d’art, de la publicité et des beaux-arts. Est-ce qu’il y a autre chose que vous aimeriez faire?

Peut-être que je devrais devenir moine! Je crois qu’en ce moment, je suis simplement impatient de réaliser ma prochaine peinture. J’aimerais faire quelque chose qui serait plus près de ce que j’aime et ne pas avoir comme simple objectif d’être publié.

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Est-ce qu’il y a quelque chose sans quoi vous ne pourriez pas vivre?

L’hiver. J’aime regarder l’hiver. Je n’aime pas spécifiquement les températures sous zéro. En fait, j’aime toutes les saisons, mais l’hiver, c’est la sérénité. C’est très tranquille quand on sort de la ville.

Y a-t-il des rituels ou des modèles que vous suivez pendant votre processus de création?

J’aime expérimenter et c’est ce que je considère comme mon travail. Si je fais une aquarelle, ce n’est pas seulement une aquarelle. Je commence avec de la peinture aquarelle, mais ensuite j’y ajoute d’autres éléments. J’appelle ça du média mixte. J’utilise des crayons et de l’encre. J’utilise un crayon au plomb, j’opacifie, j’utilise un peu d’acrylique. Je peux accentuer tout ça en ajoutant des zones sombres pour faire ressortir certains éléments. Je continue jusqu’à ce que je réalise qu’il faut m’arrêter avant de tout ruiner. C'est ce que j’appelle du média mixte.

Que signifie l’UNICEF pour vous?

L’UNICEF est synonyme d’enfants, ce qui réveille en moi tellement de souvenirs liés à mes voyages autour du monde et des souffrances que j’ai observées. C'est pour cette raison que je me suis engagé auprès de l’UNICEF. Initialement, j’ai téléphoné et demandé: « J’ai remarqué que vous aviez des cartes. Si vous désirez utiliser mon travail, j’en serais très heureux. »

C’était pour aider les enfants, parce que c’est ce que vous faites. Lorsque je rentrais de mes voyages, j’avais parfois de mauvais rêves. J’avais entendu parler des enfants qui souffrent, mais c’est seulement lorsqu’on le voit de ses propres yeux que cela devient réel. Comment cela est-il possible? Pourquoi, dans le monde d’aujourd’hui, cela se produit-il encore? Nous sommes supposément un monde moderne, mais ce n’est pas un monde qui se tient les coudes du tout. Je ne le croyais pas avant de le voir de mes propres yeux.

Pour les Fêtes, envoyez des vœux avec les cartes de l’UNICEF!


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