Du rêve à la réalité pour une équipe de robotique, les Rêveuses afghanes | UNICEF Canada : Pour chaque enfant Skip to main content

UNICEF Canada a d’abord publié ce billet de blogue dans le cadre de la Journée internationale de la fille de 2020. Alors que le conflit s’aggrave en Afghanistan, nous avons pris connaissance d’une entrevue de la CBC avec Kimberly Motley, une avocate américaine spécialisée en droits de la personne qui a été en contact avec l’équipe afghane.

Comme plusieurs membres de l’équipe ont été forcées de fuir la ville de Herat à cause de l’intensification des combats, les Rêveuses afghanes demandent à la communauté internationale de les laisser venir au Canada – où elles ont déjà séjourné en 2018 et rencontré le premier ministre Justin Trudeau – afin qu’elles puissent y poursuivre leur éducation.

La moitié de la population de l’Afghanistan – plus de 18 millions de personnes, dont près de 10 millions d’enfants – a besoin d’une aide humanitaire. Pour toutes ces personnes, l’UNICEF exige un accès et toutes les garanties de sécurité qui vont de pair avec cet accès.

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Quand une idée de fabrication de ventilateur a été confiée à Somaya, 17 ans, et à ses co-équipières, seule une poignée de gens croyait en sa réalisation.

« Nous y voilà. Notre rêve est devenu une réalité, nous dit Somaya, enthousiaste. Nous avons réussi grâce à notre détermination, à notre travail acharné et à notre persévérance. »

Dans le cadre de son initiative Adolescent and Youth Engagement Strategic Framework, l’UNICEF parraine l’équipe de robotique composée de jeunes afghanes. Cette équipe connue sous le nom des « Rêveuses afghanes » comprend cinq adolescentes, âgées de 14 à 17 ans, et est menée par Somaya.

Les membres de l’équipe, qui vivent dans la province occidentale de Hérat, où a été signalé le premier cas de COVID-19 en Afghanistan, ont reçu comme mission de concevoir un ventilateur. 

« La décision d’accepter le défi n’a pas été difficile à prendre, affirme Somaya. Comme ce ventilateur allait pouvoir sauver des vies durant la pandémie, nous avons accepté de nous mettre immédiatement au travail. »

Les Rêveuses afghanes ont débuté leur projet en faisant une recherche en ligne pour y trouver un concept de ventilateur à source ouverte.

« La tâche n’a pas été facile, nous dit Somaya en riant. Il fallait rapidement créer notre propre prototype, afin d’appuyer les efforts d’intervention contre la COVID-19 dans la province de Hérat. »

Au bout de trois mois, les Rêveuses afghanes ont réussi à développer une unité de ventilation par ballon et masque automatisée. 

« Nous avons utilisé des pièces détachées d’automobile d’occasion pour assembler l’appareil, explique Somaya. Nous avons travaillé jour et nuit pour combler la pénurie de ventilateurs dont nous avions cruellement besoin pour traiter les cas aigus de COVID-19. »

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[© UNICEF/UNI363792/Aryan]

Le développement du ventilateur par les Rêveuses afghanes semblait être une tâche insurmontable, mais les jeunes femmes ont continué d’être animées par l’espoir et le courage. Elles ont connu beaucoup de hauts et de bas : la non-disponibilité dans leur pays d’outils essentiels et de pièces requises et, surtout, le fait que certaines membres de l’équipe, dont Somaya, ont contracté la COVID-19.

« Il y a eu des jours où le projet n’avançait pas comme nous le voulions, tout simplement parce que nous n’avions pas le matériel de base telles que des vis, précise Somaya. Et la fermeture des magasins, due au confinement, ne faisait qu’aggraver les choses. » 

« Pour surmonter de tels défis, Somaya et les membres de son équipe ont dû appeler des propriétaires de magasin pour les supplier d’ouvrir leurs portes. Nous n’avons jamais baissé les bras, dit-elle. Notre désir de sauver des vies était à lui seul une source intarissable de motivation. »

Le principal défi à relever pour l’équipe a été de trouver deux capteurs : un transducteur qui convertit les mesures de pression de l’air de respiration en signaux électriques et un microprocesseur qui traite ces signaux dans une pompe à air.

« Grâce au soutien de l’UNICEF, nous avons finalement obtenu un transducteur de pression, ce qui nous a permis de mener le travail à terme. »

« Permettre à des adolescentes d’acquérir des compétences essentielles responsabilise les générations futures, affirme David Igulu, chef du bureau local de l’UNICEF à Hérat, en Afghanistan. L’UNICEF continuera de responsabiliser les filles et les garçons pour qu’ils puissent construire un meilleur avenir. »

Dans les semaines qui suivront, l’équipe se rendra à Kaboul, la capitale de l’Afghanistan, pour présenter et tester l’appareil en présence de l’équipe du ministère de la Santé publique. Ce groupe d’adolescentes sera le premier au monde à avoir conçu un ventilateur.

« Nous espérons que le ministère de la Santé publique approuvera le prototype afin que les usines locales puissent ensuite reproduire le ventilateur », nous confie Somaya avec optimisme.

Une fois approuvé, le prototype ne remplacera pas un véritable ventilateur, mais il sera utilisé dans les cas d’urgence, en cas de pénurie de ventilateurs.

En Afghanistan, la grande majorité des filles sont exposées à la maltraitance, dont les mariages d’enfants, et se retrouvent souvent confinées à vie entre les quatre murs de leur maison. Somaya et ses co-équipières sont fières d’avoir une histoire différente à raconter sur les adolescentes afghanes.

« J’ai eu des camarades de classe qui ont dû quitter l’école en raison d’un mariage précoce, nous dit Somaya en soupirant. Je sais qu’elles auraient tellement aimé poursuivre leurs études et atteindre leur plein potentiel, mais elles n’ont pas pu le faire. » 

Un rapport de l’UNICEF montre que les filles comptent pour 60 p. cent des 3,7 millions d’enfants qui ne vont plus à l’école, en Afghanistan. Dans quelques-unes des provinces les plus touchées, jusqu’à 85 p. cent des filles ne fréquentent pas l’école.

« J’espère que notre initiative inspirera les parents à maintenir leurs enfants, surtout les filles, à l’école et à les aider à réaliser leurs rêves, nous explique Somaya. J’aimerais devenir ingénieure en électronique, et j’ai la chance d’avoir des parents qui m’appuient entièrement. » 

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