Guide à l’intention des parents et des tuteurs pour accompagner leurs enfants et prendre soin d’eux-mêmes à la suite d’événements bouleversants
Lorsqu’un événement profondément bouleversant survient, les enfants concernés s’en sortent mieux s’ils se sentent en sécurité et s’ils sont entourés de l’attention et des soins de leurs proches.
Les parents et les tuteurs jouent un rôle essentiel lorsqu’il s’agit de soutenir leurs enfants et de leur procurer le sentiment de sécurité dont ils ont besoin en période de crise. De nombreux parents et tuteurs se demandent comment aider au mieux leurs enfants. Certains peuvent même avoir du mal à gérer leurs propres réactions et émotions.
Les conseils suivants sont conçus pour guider les parents et les tuteurs lorsqu’il est question d’aider leurs enfants à surmonter un événement bouleversant.
1. Rassurez vos enfants quant à leur sécurité et à la prise en charge de leurs besoins
Il peut être nécessaire de les rassurer à plusieurs reprises, même une fois que l’événement immédiat s’est dissipé. Plus important encore, le fait de passer plus de temps avec vos enfants peut également les aider à se sentir protégés. Montrez-leur que vous vous souciez d’eux, par exemple en leur témoignant de l’affection, en leur souriant, en leur disant que vous les aimez, en les prenant dans vos bras ou en leur tenant la main. Le contact physique peut contribuer à créer un sentiment de sécurité. Expliquez comment les parents, les tuteurs, les enseignants, la communauté et le gouvernement veillent à la sécurité de tous.
2. Découvrez ce que ressentent vos enfants
Les enfants réagissent de différentes manières aux événements stressants et leurs réactions peuvent évoluer d’un moment à l’autre. Les réactions les plus courantes comprennent les maux de tête, les maux d’estomac, les perturbations de l’appétit, les troubles du sommeil et les cauchemars, les difficultés de concentration et la reprise de comportements qu’ils adoptaient lorsqu’ils étaient plus jeunes, par exemple s’accrocher à leurs parents ou tuteurs, mouiller le lit, pleurer fréquemment et avoir peur d’être laissés à eux-mêmes. Certains enfants peuvent présenter des signes d’activité ou d’agressivité inhabituels. D’autres peuvent devenir plus timides, plus silencieux ou se replier sur eux-mêmes. Les enfants et les adolescents d’âges différents peuvent manifester toutes sortes de réactions et avoir besoin d’être soutenus de manière distincte.
Choisissez un moment et un lieu où vos enfants se sentiront plus à l’aise de parler librement, par exemple lors d’un repas en famille. Essayez d’éviter d’aborder le sujet tout juste avant le coucher. Demandez à vos enfants comment ils se sentent. Reconnaissez à quel point cette période est difficile pour eux. Prenez le temps de les écouter et d’essayer de comprendre ce qu’ils ont vécu. Veillez à leur assurer que ce qu’ils éprouvent est tout à fait normal.
Validez ce que l’enfant ressent, par exemple en affirmant : « je vois que c’est très difficile pour toi », « on dirait que tu es inquiet » ou « on dirait que tu es fâché ». Abstenez-vous d’indiquer quelles émotions il « doit » ou « ne doit pas » ressentir. Le fait de dire à un enfant « ne sois pas triste », « ne sois pas en colère » ou « ne pleure pas » ne l’empêche généralement pas de ressentir ce qu’il ressent, mais peut au contraire exacerber son sentiment d’isolement et d’incompréhension. Aidez-le à comprendre qu’il est légitime d’être triste et de pleurer.
Montrez-lui que vous l’écoutez en lui accordant toute votre attention et rappelez-lui qu’il peut communiquer avec vous ou avec un autre adulte de confiance à tout moment.
Si l’enfant ne veut pas s’exprimer, dites-lui que vous êtes à sa disposition s’il souhaite éventuellement le faire.
3. Amorcez un dialogue honnête et ouvert sur ce qui s’est passé
Si votre enfant souhaite parler de ce qui s’est passé, entretenez des conversations ouvertes, en utilisant un langage approprié en fonction de son âge. Essayez de donner aux enfants des explications honnêtes sur les faits qui se sont produits. Recherchez des renseignements exacts et fiables auprès de sites Web d’organismes d’information réputés. Expliquez-leur que certains renseignements en ligne ne sont pas exacts et rappelez-leur qu’il est important de trouver des sources fiables.
Dites-leur que vous êtes là pour discuter et répondre à leurs questions sur tout ce qui concerne l’événement, y compris leur propre sécurité.
Rappelez-vous qu’il est normal de ne pas être en mesure de répondre à toutes les questions.
4. Restez calme et veillez à ce qu’une structure soit maintenue en place
Il se peut que vous éprouviez des sentiments de tristesse ou d’inquiétude, mais gardez à l’esprit que les enfants tirent leurs signaux émotionnels des adultes. Donc, essayez de ne pas trop confier vos craintes à vos enfants. Parlez calmement et faites attention à votre langage corporel, notamment à vos expressions faciales. N’oubliez pas que prendre soin de vous vous permettra d’être plus solide et plus apte à vous occuper des enfants à votre charge (voir les conseils ci-dessous).
Veillez à ce que les heures de coucher, les horaires des repas et les autres règles familiales soient cohérents. Encouragez les enfants à jouer et à faire de l’exercice, et essayez de prévoir du temps à consacrer à leurs amis et aux autres membres de la famille.
5. Limitez leur exposition aux médias
Protégez vos enfants de toute couverture médiatique troublante et alarmante. N’oubliez pas de surveiller leurs comptes de médias sociaux, ainsi que le contenu diffusé sur Internet, à la radio et à la télévision. Vérifiez les sources d’information que vos enfants consultent afin de vous assurer qu’elles sont exactes.
Envisagez d’éviter d’écouter les actualités en présence d’enfants plus jeunes. Dans le cas d’enfants plus âgés, envisagez de parcourir les actualités ou les médias sociaux ensemble et profitez de cette occasion pour discuter des sources d’information auxquelles ils font confiance et du temps qu’ils consacrent à la consommation d’informations.
Dans la mesure du possible, essayez de créer des distractions positives, par exemple en jouant à un jeu ou en faisant une promenade ensemble. Envisagez de ranger les téléphones avant l’heure du coucher.
6. À quel moment solliciter de l’aide supplémentaire
Rappelez-vous qu’il est normal que les enfants manifestent des réactions psychologiques immédiates en période de stress, et que cela ne signifie pas nécessairement qu’ils doivent consulter un psychologue ou un psychiatre ou qu’ils ont besoin de médicaments. La plupart des enfants s’en sortent et se rétablissent bien s’ils se sentent en sécurité, si leurs besoins fondamentaux sont satisfaits et s’ils sont entourés de l’attention et des soins de leurs proches.
Veuillez envisager d’avoir recours à un soutien professionnel si votre enfant :
- se fait du mal ou parle de se faire du mal, ou encore exprime des pensées hostiles à l’égard des autres;
- présente des réactions au stress qui sont graves ou prolongées (par exemple, plus d’un mois), ou encore qui s’aggravent plutôt qu’elles ne s’améliorent;
- ne parvient pas à mener ses activités quotidiennes habituelles en raison de sa détresse;
- a de plus en plus de mal à entretenir des relations avec ses amis et les membres de sa famille;
- est en proie à des souvenirs terrifiants ou à des cauchemars, ou encore s’il revit l’événement en boucle;
- évite de plus en plus les choses qui lui rappellent l’événement bouleversant.
Les conseils suivants sont conçus pour aider les parents et les tuteurs à prendre soin d’eux-mêmes
1. Accordez-vous le temps de guérir
Donnez-vous le temps et l’espace d’assumer et d’exprimer vos sentiments à propos de ce qui s’est passé. Soyez patient avec vous-même, car il est normal d’éprouver des sautes d’humeur, des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions et des troubles du sommeil ou de l’appétit, entre autres réactions, à la suite d’un événement terrifiant ou stressant.
N’oubliez pas que vous n’avez pas à être parfait en tout temps! En période de stress, il peut être difficile de prendre soin de vous et de votre famille. Soyez bienveillant et conciliant avec vous-même, et reposez-vous lorsque vous le pouvez.
2. Demandez et fournissez du soutien
Reconnaissez que vous n’êtes pas seul dans ce que vous vivez et ressentez. Acceptez l’aide de vos amis, des membres de votre famille et d’autres personnes, tout en leur offrant en même temps votre soutien. Passez du temps à discuter avec d’autres adultes qui comprennent ce que vous vivez.
Bien qu’il soit toujours utile de chercher de l’aide auprès de ses proches, n’oubliez pas que les personnes qui font partie de votre système de soutien habituel peuvent être tout aussi fragilisées si elles ont vécu le même événement. Si c’est le cas, il peut être souhaitable que vous vous renseigniez au sujet des groupes de soutien à votre disposition au sein de votre région.
3. Maintenez une routine et des comportements sains
Dans la mesure du possible, adoptez des comportements sains tels que manger des repas nutritifs, boire une quantité suffisante d’eau, se reposer convenablement et faire de l’exercice. En suivant une routine, vous pourrez mieux faire face à la situation tout en permettant à votre famille de retrouver un certain degré de normalité malgré l’événement traumatisant. Essayez d’éviter les comportements négatifs comme la consommation excessive d’alcool, car cela pourrait aggraver la situation à long terme.
4. Abstenez-vous de prendre de grandes décisions qui auront une incidence sur votre vie
Bien qu’il puisse être tentant de déménager ou de changer d’emploi après un événement perturbateur, il est généralement préférable d’éviter de prendre des décisions importantes en période de stress et d’agitation.
5. Limitez ce que vous observez
Si vous suivez de près les médias, en particulier ceux qui diffusent des images explicites, vous risquez d’augmenter votre niveau de stress. Cela peut exacerber les problèmes de santé mentale. Limitez ce que vous observez et abstenez-vous de regarder des vidéos susceptibles de vous perturber.
N’oubliez pas que vous serez plus à même d’aider vos enfants si vous vous en sortez bien, vous aussi. Les enfants percevront votre propre réaction aux actualités; il est donc utile qu’ils constatent que vous vous comportez de manière calme et que vous maîtrisez la situation.